Yann Pocreau
Ampoules

2016

Épreuve numérique
64 x 101 cm
2018.19
Édition 1/3
Don de l’artiste

La recherche artistique de Yann Pocreau interroge les points de contact entre lieux et lumières afin d’en offrir une interprétation sensible, matérialiste et narrative. Les œuvres CHUM / Construction 1, 2, 3 et Ampoules de Yann Pocreau, toutes représentées dans la Collection d’œuvres d’art de l’UQAM, s’inscrivent dans le cadre de l’Œuvre processus de l’artiste, un projet d’intégration des arts à l’architecture du nouveau Centre Hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM). Une première dans l’histoire du « 1 % » au Québec, l’Œuvre processus de Yann Pocreau n’est pas une sculpture ou une œuvre en deux dimensions, comme c’est le cas dans la majorité des projets d’intégration à l’architecture. Plutôt, elle prend la forme d’une résidence d’artiste de 7 ans au sein de l’important chantier de construction, laquelle se conclura en 2021 par la réalisation d’un livre d’artiste. L’une des principales activités de Pocreau durant cette résidence est la réalisation de photographies du chantier : CHUM / Construction 1, 2 et 3, sont issues de ce travail.

La photographie Ampoules est quant à elle issue d’un second volet du projet de Yann Pocreau au CHUM, à savoir une recherche dans la collection d’objets médicaux historiques de l’institution. Ampoules capture le dessus d’une boite d’ampoules médicales de bromure d’éthyle sur un fond blanc. Le mode d’emploi est inscrit sur le couvercle de la boite, de même que le prix de quatre francs. Le style art nouveau du design graphique ainsi que le faible coût laissent deviner qu’il s’agit d’un objet ancien, datant probablement du début du XXe siècle. La parfaite symétrie de la composition ainsi que l’utilisation d’un fond neutre semblent reconduire les codes de la photographie d’inventaire.

L’œuvre se construit d’abord autour d’un jeu sémantique sur le double sens du mot « ampoule » : utilisé dans le monde médical pour désigner une fiole contenant un remède liquide, le mot fait aussi partie du langage photographique où l’ampoule réfère aux lampes, notamment celles du flash. Ce double-sens met en jeu, au sein de l’œuvre, les histoires de la médecine et de l’art. Notons aussi que la boite d’ampoules représentée était spécifiquement utilisée pour le traitement de l’hystérie, une forme de névrose qui était avant tout identifiée chez les femmes, et qui était basée sur un diagnostic biaisé, voire misogyne. Ainsi, l’œuvre Ampoules évoque, de façon oblique, l’évolution perpétuelle de notre compréhension des affections physiques et psychiques au fil de l’histoire.

Expositions liées

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13 janvier 2018 - 18 février 2018