Over My Black Body

Exposition présentée dans le cadre des festivités du 50e anniversaire de l’UQAM

Commissaires : Eunice Bélidor, Anaïs Castro

Artistes : Nakeya Brown, Marilou Craft, Stanley Février, Erika DeFreitas, Amartey Golding, Manuel Mathieu, Chloé Savoie-Bernard

17 mai 2019 - 22 juin 2019

Vernissage : 16 mai 2019, 17 h 30

La Galerie de l’UQAM boucle sa saison 2018-2019 avec Over My Black Body, une fascinante exposition de groupe explorant la codification et le contrôle des corps noirs. Un commissariat d’Eunice Bélidor et d’Anaïs Castro, Over My Black Body met en présence le travail d’artistes locaux et celui d’artistes américain·e·s et britanniques.

L’EXPOSITION

Over My Black Body est un projet collaboratif qui s’est bâti à travers une conversation entre Eunice Bélidor et Anaïs Castro, alors qu’elles observèrent les diverses manières dont les corps sont codifiés dans nos sociétés contemporaines. À travers ce dialogue continu, Over My Black Body est devenu un outil pour endosser les luttes contre le contrôle du corps noir, pour reconnaitre les costumes auxquels il est assujetti et pour dénoncer l’impunité accordée à la violence institutionnalisée. Le projet privilégie un mode évolutif qui continue de prendre différentes formes et d’aborder divers publics, depuis sa première itération à Berlin en 2018.

Le corps noir est, en effet, le terrain d’une longue bataille. À travers l’histoire, il a lutté pour sa libération des structures de pouvoir colonialistes qui l’ont sacrifié comme marchandise. Il est la sueur et le sang qui a construit l’Amérique et ses premières industries transnationales : canne à sucre, coton, tabac, etc. Encore aujourd’hui, il est contrôlé par les médias qui gouvernent son image et son message, éclaircissant sa peau lorsqu’il est louangé et la noircissant pour souligner ses fautes. Alors que son homologue leucoderme profite des codes populaires qui le représentent comme rationnel, sensible et cérébral, le corps noir, lui, est tenu à l’écart. Le mythe qui lui colle à la peau est celui d’un individu impulsif, déraisonnable et de nature violente. Et s’il est souvent célébré pour ses capacités physiques, particulièrement dans le contexte d’évènements sportifs, ces mêmes attributs préjudiciables sont utilisés pour renforcer l’idée d’un corps puissant et menaçant, potentiellement dangereux et duquel il faut se méfier. C’est ce mythe qui entretient le racisme systémique qui prévaut à travers l’occident et qui justifie la surveillance, le contrôle et, plus sévèrement, la crise que constitue le massacre de masse de corps noirs en Amérique du Nord et au Royaume-Uni.

À la Galerie de l’UQAM, Over My Black Body devient un parcours à travers duquel le public est amené à réfléchir aux nombreux codes qui portent préjudice au corps noir dans notre société. Malgré leur caractère politique, l’exposition et le programme d’évènements se veulent également une célébration de la vie noire, de points de vue nord-américain et britannique. Les artistes qui y participent manipulent les codes propres à leur culture de manière à la fois festive et provocante.

L’exposition Over My Black Body est présentée par la Galerie de l’UQAM dans le cadre du 50e anniversaire de l’UQAM. Elle s’inscrit dans une volonté d’examiner des réalités de plus en plus déterminantes dans l’enceinte universitaire.

À propos des commissaires

Eunice Bélidor vit et travaille à Montréal. Elle est commissaire, critique et chercheure, spécialisée en art contemporain haïtien et intéressée par le design de mode, la performance, les études post-black et le féminisme. Elle questionne tout, croyant que poser les bonnes questions est la meilleure façon de trouver des réponses créatives et réfléchies. Ses textes ont été publiés par Hyperallergic, le Journal Curatorial Studies, Invitation (Art Mûr), InCirculation et Espace art actuel. Elle a créé les #curatorialtips, un outil d’aide et de recherche pour les commissaires émergent·e·s. Elle fut commissaire de Kanaval (2014) chez BAnD à Toronto, des expositions Mémoires Futures (2016) et Code : corps (2018) dans le cadre du Festival HTMlles et plus récemment, de l’exposition Le Salon (2018) chez articule. Elle prend part à différents jurys et comités, notamment sur le comité d’évaluation des arts visuels au Conseil des arts de Montréal. Elle est présentement coordonnatrice à la programmation au centre d’artistes articule à Montréal. Elle est récipiendaire du prix du commissaire émergent de la fondation Hnatsyshyn (2018). eunicebee.net

Anaïs Castro est une commissaire et critique d’art établie entre Montréal et Berlin. Elle détient un baccalauréat en histoire de l’art de l’université Concordia et une maitrise en histoire de l’art moderne et contemporain avec spécialisation en histoire, commissariat et critique à l’université d’Édimbourg (Écosse). Elle a travaillé comme adjointe au commissariat au centre de photographie Stills à Édimbourg, notamment sur Allan Sekula: Ship of Fools (2012) et sur une exposition collective intitulée ECONOMY avec entre autres Hito Steyerl, Martha Rosler et Jeremy Deller. Dans les dernières années, elle a réalisé plusieurs expositions au Canada, au Royaume-Uni, en Allemagne et en Chine, notamment Moving Still | Still Moving chez Art Mûr Montréal (2015), #self dans le cadre du festival Art Souterrain (2016), L’objet portrait à la Maison du Canada (Londres, 2017) et The Department of Love à la SAFA (Shanghai, 2018). Elle a pris part au programme inaugural du Shanghai Curators Lab (2018) et fut invitée comme commissaire en résidence par Art in General (Brooklyn, 2019), par Titanik (Turku, 2017) et par le BCA (Burlingtion, 2016). Elle fait partie de l’équipe éditoriale de Daily Lazy et écrit régulièrement pour esse arts + opinions, Espace art actuel et This Is Tomorrow.

À PROPOS DES ARTISTES

Nakeya Brown est une photographe conceptuelle africaine-américaine née à Santa Maria, Californie, en 1988. Elle vit et travaille au Maryland. Gagnante du prix Snider en 2017, Brown a généré un large corpus d’œuvres photographique qui explore les complexités de la race, des politiques de la beauté et du genre. Elle a reçu un baccalauréat en art de l’Université Rutgers et une maitrise de l’Université George Washington. Son travail a été montré dans le cadre d’expositions solo à la galerie Catherine Eldman (Chicago, 2017), au Urban Institute for Contemporary Art (Grand Rapids, 2017), et au McKenna Museum of African American Art (Nouvelle-Orléans, 2012). Ses œuvres ont également été publiées par New York Magazine, Dazed & Confused, The Fader, TIME, Vice, ainsi que dans les livres Babe (dirigé par Petra Collins, 2015) et Girl on Girl: Art and Photography in the Age of the Female Gaze (Charlotte Jansen, 2017). nakeyab.com

Marilou Craft œuvre dans le milieu des arts vivants comme conseillère dramaturgique, en plus de codiriger la compagnie de création interdisciplinaire, féministe et queer projets hybris. Elle signe aussi articles, chroniques et commentaires culturels sur diverses plateformes, tout en s’intéressant au droit et à la traduction. À titre de créatrice, elle livre ses propres textes dans des contextes performatifs, et ses premières œuvres littéraires ont été publiées aux éditions de Ta Mère (Des nouvelles nouvelles de Ta Mère, 2016), à La Mèche (Cartographies II : Couronne Nord, 2017), chez Triptyque (Corps, 2018), ainsi que dans la revue Mœbius (no 159, 2018). mariloucraft.com

Erika DeFreitas vit et travaille à Toronto. Dans une approche conceptuelle, elle explore l’influence du langage, du manque et de la culture sur la formation de l’identité à travers des interventions publiques, des œuvres textiles et des actions performatives qui sont photographiées, mettant l’emphase sur le processus, le geste et la documentation. DeFreitas a exposé au Canada et à l’étranger, incluant à Project Row Houses (2015) et au Museum of African American Culture (Houston, 2017), à la Galerie d’art de Mississauga, à la Galerie d’art de l’Université York (Toronto, 2015) et au Centre de photographie et d’arts numériques Platform (Winnipeg, 2015). En 2016, DeFreitas était finaliste au Toronto Friends of Visual Arts Award ainsi que le récipiendaire du prix John Hartman Award. Finaliste au Prix Sobey 2017, elle a été reçue en résidence à Alice Yard (Trinité-et-Tobago, 2017). DeFreitas détient une maitrise en arts visuels de l’Université de Toronto. erikadefreitas.com

Stanley Février vit et travaille à Montréal, où il poursuit une maitrise en arts visuels et médiatiques (UQAM). L’artiste questionne et analyse les drames humains, particulièrement les fusillades de masse, les attentats, les flux migratoires et les impacts de la société de consommation sur l’environnement. Il explore la multiplicité des tragédies actuelles, ses incohérences et ses contradictions. Ses œuvres ont été présentées au Canada et en Europe, notamment en Bulgarie (Pulse, 2016) et à Prague (Silent Rain, 2016). Ses expositions récentes incluent Strange Fruit à l’Arsenal (2018) et An Invisible Minority à Artexte (2018) fevrierstanley.wixsite.com/stanleyfevrier

Amartey Golding est un artiste multimédia basé à Londres et préférant travailler avec les médiums pour lesquels il n’a pas reçu de formation. Au cours des trois dernières années, Golding a ainsi incorporé la mode, la cotte de mailles, le cinéma et le ballet dans sa pratique. S’intéressant à la cohabitation des idées contradictoires au sein des conflits individuels et idéologiques, Amartey développe un travail autoréflexif qui explore notre incapacité à éviter les reproches et les excuses. Il commence à se consacrer entièrement à l’art à 17 ans, alors qu’il vivait au YMCA de Cambridge, avant de compléter un diplôme en Foundation Art de la Central St Martins (Londres). Son travail a été présenté dans plusieurs expositions au Danemark, en Allemagne et au Royaume-Uni, incluant à la galerie Cynthia Corbett (Londres, 2018), is it just me, or is it you? à la galerie Jack House (Hampshire, 2018) et au University College London (Londres, 2019). amarteygolding.com

Artiste interdisciplinaire né en Haïti et basé à Montréal, Manuel Mathieu est connu pour ses tableaux qui explorent l’obscurantisme, les histoires de violence ainsi que les cultures visuelles haïtiennes de la physicalité, de la nature et du symbolisme religieux. Mariant des techniques abstraites et figuratives, ses compositions nous offrent un espace de réflexion sur l’histoire transformative d’Haïti, tout en nous invitant à réfléchir aux différents futurs que crée l’acte de commémoration. En puisant de sujets variés, la pratique artistique de Manuel combine son héritage haïtien et son éducation formelle. Manuel Mathieu détient une maitrise en beaux-arts de l’Université Goldsmiths (Londres, 2016), ainsi qu’un baccalauréat en arts visuels et médiatiques de l’UQAM (2010). Ses œuvres ont été présenté en Europe, en Asie et en Amérique du Nord, notamment à Chicago (Nobody is Watching, Kavi Gupta, 2018), en Chine (Wu Ji, HdM Gallery, Beijing 2019) et au Royaume-Uni (Truth to Power, Tiwani Contemporary, London, 2019). manuelmathieu.com

Chloé Savoie-Bernard est une écrivaine montréalaise. Elle a publié les livres Royaume Scotch Tape (Éditions de l’Hexagone, 2015), Des femmes savantes (Triptyque, 2016) et Fastes (Éditions de l’Hexagone, 2018). Elle a aussi dirigé le recueil collectif Corps (Triptyque, 2017). Elle est titulaire d’une maitrise en littérature de langue française (Université de Montréal, 2015) et complète actuellement un doctorat sur la mise en discours de l’histoire dans l’écriture au féminin au Québec, de 1970 à 1990. Elle s’intéresse aux formes d’expression interdisciplinaires ainsi qu’aux notions de corporalité et d’identité.

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