Françoise Sullivan. Trajectoires resplendissantes

Commissaire : Louise Déry

Artiste : Françoise Sullivan

11 janvier 2017 - 18 février 2017

Vernissage : 10 janvier 2017, 17 h 30

La Galerie de l’UQAM est fière d’entamer l’année 2017 avec une grande artiste montréalaise, madame Françoise Sullivan. La directrice de la Galerie et commissaire de l’exposition a réuni pour l’occasion un ensemble varié d’œuvres – dont plusieurs sont inédites – de celle qui s’impose comme l’une des figures les plus marquantes de l’histoire de l’art du Québec et du Canada.

Le vernissage du 10 janvier comprendra la présentation de la chorégraphie Je parle de Françoise Sullivan, interprétée par Ginette Boutin. À la même occasion, la revue esse lancera son nouveau numéro sous le thème Bibliothèque. De nombreuses autres activités (chorégraphies, visites commentées, forum, etc.) sont prévues tout au long de l’exposition.

L’exposition

La carrière exceptionnelle de Françoise Sullivan se déploie sur plusieurs décennies et occupe une place majeure au sein de l’histoire de l’art du Québec et du Canada. Au cœur des années quarante, ses débuts en danse et en peinture sont l’occasion, alors qu’elle est entourée de penseurs, de poètes et d’artistes de tous horizons, d’explorer les préoccupations esthétiques qui bouleversent alors le monde de l’art, notamment au sein du groupe des Automatistes. La jeune femme qui crée Danse dans la neige en 1948 – l’œuvre chorégraphique la plus emblématique de la danse contemporaine au Canada –, et qui expose ses premiers tableaux auprès des Borduas, Riopelle et Gauvreau a réalisé, depuis, une œuvre volumineuse et vibrante, d’une remarquable énergie et d’une inventivité sans cesse actualisée. Fidèle aux principes de liberté et d’engagement de ses premières années, inspirée par les grandes traditions mythologiques européennes et autochtones, passionnée d’art et de poésie et marquée par ses séjours à New York, en Italie, en Irlande et en Grèce, Françoise Sullivan n’a eu de cesse d’expérimenter avec une curiosité sans limites la forme et la couleur, le geste et le mouvement, la figure et l’abstraction, tout autant en sculpture, en installation, en performance, en photographie que, de façon déterminante, en peinture.

Les œuvres réunies dans l’exposition, dont certaines sont reconstituées à partir des archives de l’artiste, font converger plusieurs trajectoires conceptuelles tributaires d’un questionnement sur le sens et la pratique de l’art. Selon Louise Déry, « la conscience et le corps s’y révèlent en état d’alerte; l’intuition du lieu et l’acuité de l’instant en ont impulsé l’apparition; la destinée personnelle et les mythes collectifs en ont conditionné la poussée imaginante. C’est ainsi que le sol gelé d’un paysage hivernal, le site déifié d’un quartier de raffineries, la légende désenchantée de nos héros inquiétés, la rencontre inusitée de deux jeunes visages par delà le temps ou encore les mots offerts pendant que la peinture se dit ou se tait et que les corps chorégraphiés s’activent ou se figent, deviennent, chez Françoise Sullivan, une constellation de circonstances porteuses de significations ».

Les concepts à l’origine des performances, chorégraphies, textes, photographies et peintures qui se côtoient ici s’affirment de manière éblouissante dans le corps pictural, la couleur travaillée, l’abstraction fécondée; certains survivent au sein de l’image photographique ou du document-témoin qui les incarne et les prolonge; d’autres, liés à des processus et des manœuvres spontanés, improvisés, quelquefois même éphémères, résistent. Les trajectoires de Françoise Sullivan, si resplendissantes et combien libérantes, selon le mot de Borduas, éclairent notre histoire récente autant que l’instant présent. Celle qui encore aujourd’hui se rend travailler tous les jours dans l’atelier et continue de penser et de se penser dans l’art et par l’art, nous convie à cette relation vitale entre l’œuvre, la mémoire et le monde qui nous entoure.

Une publication majeure paraîtra plus tard dans l’année. Fidèle au contenu de l’exposition, elle rassemblera aussi tous les textes écrits et publiés par l’artiste durant sa carrière.

L’artiste

Françoise Sullivan est entrée dans l’histoire à la fois comme danseuse, chorégraphe et artiste en arts visuels. Elle fut l’un des membres fondateurs du groupe des Automatistes auprès de Paul-Émile Borduas et signataire du manifeste Refus global en 1948. À compter des années 1960, son travail se diversifie alors qu’elle s’adonne à la sculpture, la photographie, l’installation et la performance. C’est pourtant la peinture qui l’attire le plus intensément au fil des ans et elle continue de s’y employer avec une énergie impressionnante aujourd’hui.

Plusieurs raisons contribuent à faire de Françoise Sullivan l’une des figures marquantes de l’histoire de l’art du Québec et du Canada, ce dont témoignent les nombreuses distinctions qui lui ont été décernées : Prix Paul-Émile Borduas, Ordre du Québec et Ordre du Canada, Prix du Gouverneur général du Canada, Prix Gershon Iskowitz, etc. Ces marques de reconnaissance viennent souligner le parcours exceptionnel et la diversité créatrice de son œuvre et de sa prodigieuse carrière. Il faut rappeler les rétrospectives du Musée d’art contemporain de Montréal (1981), du Musée national des beaux-arts du Québec (1993), du Musée des beaux-arts de Montréal (2003) et du Musée des beaux-arts de l’Ontario (2010) et souligner, parmi le nombre impressionnant de participations à des expositions collectives au Canada, en Europe et aux États-Unis, On Line: Drawing Through the Twentieth Century au Museum of Modern Art de New York (2010) et The Automatiste Revolution: Montreal 1941-1960 successivement à la Varley Art Gallery, Unionville, Ontario (2010) et à l’Albright-Knox Art Gallery de Buffalo. Elle est représentée par la Galerie Simon Blais de Montréal.

La commissaire

Louise Déry (doctorat en histoire de l’art) est directrice de la Galerie de l’UQAM et professeure associée au département d’histoire de l’art de l’UQAM. Auparavant conservatrice au Musée national des beaux-arts du Québec et au Musée des beaux-arts de Montréal et directrice du Musée régional de Rimouski, elle a été commissaire de nombreuses expositions incluant Daniel Buren, Giuseppe Penone, Rober Racine, Sarkis, Nancy Spero, David Altmejd, Dominique Blain, Françoise Sullivan, Michael Snow, Stéphane La Rue, Raphaëlle de Groot, Artur Żmijewski, Manon de Pauw, et plus récemment Aude Moreau, pour ne citer que ces exemples. On lui doit une trentaine d’expositions d’artistes canadiens à l’étranger dont une douzaine en Italie, ainsi qu’en France, en Suisse, en Belgique, en Espagne, en Turquie, aux États-Unis et en Asie. Elle a été commissaire du pavillon du Canada à la Biennale de Venise avec une exposition de David Altmejd (2007). Lors des Biennales de Venise de 2013 et 2015, elle a présenté des performances de Raphaëlle de Groot et de Jean-Pierre Aubé. Elle a obtenu le Prix Hnatyshyn (2007) et le Prix du Gouverneur général du Canada (2015). Elle est membre de la Société royale du Canada.

Partenaires

Œuvres liées

Paul-André Fortier, Françoise Sullivan

Empreintes

2015 (tirage 2016)

Françoise Sullivan

Obscène

1976 (tirage 2016)

Activités liées

Droit debout

21 janvier 2017

Galerie de l’UQAM
En français
Entrée libre

Avec les danseurs Michèle Febvre, Paul-André Fortier, Dana Michel, Myriam Arseneault, Andréa Corbeil, Denis Lavoie et Nicolas Patry
Interprétation du texte accompagnant la chorégraphie : Christiane Pasquier

Parcours vidéo

Je parle - représentation

Je parle - répétition

Droit debout - représentation

Droit debout - répétition