Une assemblée pour le cosmos

Une exposition coproduite par la Galerie de l’UQAM et MICA, en partenariat avec ESPACIO MÉXICO Montréal

Commissaire : Antoine Bertron

Artistes : Marcela Armas & Gilberto Esparza, Tabita Rezaire, Skawennati, Suzanne Treister & Patricia Domínguez, Jesse Tungilik

4 septembre 2026 - 17 octobre 2026

Vernissage : 3 septembre 2026, 17 h 30

Présenté cet automne, Une assemblée pour le cosmos investit trois lieux : la Galerie de l’UQAM, MICA | Institut d’art contemporain de Montréal et Adélard, dans l’église Bishop Stewart Memorial à Frelighsburg. Le projet invite à porter un regard renouvelé sur le cosmos qui, depuis toujours, captive les imaginaires et façonne notre rapport au monde. Tandis que le contexte actuel est marqué par les ambitions de conquête spatiale, les artistes réunis mettent de l’avant une pluralité de savoirs et de sensibilités, à travers des œuvres qui mobilisent des matérialités chargées d’affects — météorite, pierre, peau de phoque — et des médiums variés, tels que la sculpture, le perlage, l’installation, la vidéo et le son. Faire assemblée devient ainsi une manière de mettre en dialogue ces perspectives, de croiser les champs de connaissances et d’ouvrir un espace de réflexion, de débat et de spéculation collective sur nos relations à l’Univers.

L’exposition

Avec l’influence puissante du secteur privé et le retour des grandes ambitions nationales, la perspective d’une colonisation spatiale, telle que décrite dans les discours des magnats du domaine, semble de plus en plus prégnante et inéluctable. Le commissaire Antoine Berton explique : « Notre ciel n’est plus celui de nos parents et encore moins celui de nos ancêtres. Non seulement est-il aujourd’hui peuplé de mégaconstellations satellitaires, mais il est aussi rempli d’un futur bien inquiétant projeté par une poignée de personnes. »

Selon le commissaire, « à l’ère de l’Anthropocène, il est indispensable de reconsidérer notre rapport au cosmos et de développer d’autres imaginaires qui prennent en compte une dimension de respect et de responsabilité. Ainsi, face aux récits dominants, l’enrichissement des cosmovisions et l’amplification de perspectives anticoloniales et non extractives se font de plus en plus pressants pour assurer l’édification de futurs en commun, sensibles et pluriels. »

Une assemblée pour le cosmos pose alors les questions suivantes : comment mettre de l’avant les imaginaires, les singularités socioculturelles et les connaissances ancestrales, autochtones, communautaires et plus qu’humaines dans nos relations au cosmos ? En replaçant au centre ces ontologies et ces sensibilités planétaires au travers de l’art contemporain, est-il possible de constituer une assemblée pour le cosmos fondée sur des solidarités intra- et interplanétaires ?

À propos des artistes

Marcela Armas est une artiste et chercheuse mexicaine transdisciplinaire dont la pratique conjugue l’art, la science, la technologie et l’écologie. Elle explore les relations entre corps et territoire, savoir, archive et mémoire, ainsi que les processus d’autonomie et de résistance dans des contextes situés. À travers des machines, des dispositifs sonores ou instruments, des installations, des objets documentaires, des médias électroniques et analogiques, son travail s’oriente vers des méthodologies de recherche transdisciplinaires, faisant de l’éthique environnementale une assise pour imaginer des futurs possibles, tournés vers la reconquête de l’autonomie, des réseaux de soin et des modes de vie durables. Elle propose une réflexion critique sur les logiques extractivistes et marchandes du modèle capitaliste, en articulant substances, matériaux, artefacts, archives géologiques et humaines, savoirs communautaires, témoignages, ainsi que des écosystèmes vivants complexes et divers.
marcelaarmas.net

Gilberto Esparza vit et travaille à San Miguel de Allende au Mexique. Sa pratique se situe à la croisée de l’art, de la science et de la technologie, à travers des interventions dans des écosystèmes endommagés et dans des contextes socio-environnementaux critiques. Il propose de nouvelles formes d’existence issues de l’assemblage entre systèmes artificiels-technologiques et formes de vie organiques, dans le but de réorienter le potentiel de la technologie vers la bioremédiation et une coexistence interespèces plus juste et horizontale. Gilberto Esparza a présenté des expositions individuelles et collectives au Mexique, en Amérique latine, en Amérique du Nord, en Europe, en Asie et au Moyen-Orient. En 2017, il a présenté l’exposition monographique Plantas autofotosintéticas à la Galerie de l’UQAM.
gilbertoesparza.net

Tabita Rezaire consacre son existence au pèlerinage intérieur vers la mère divine, matrice cosmique et politique de toute vie. Son chemin d’artiste, de disciple, de doula et d’agricultrice tisse une pratique où l’afroféminisme rencontre la technologie et l’écologie. Sa quête vise à manifester le divin en soi et dans les communautés blessées par l’histoire coloniale. Ses œuvres envisagent les sciences des réseaux — organiques, électroniques, spirituels — comme des technologies de guérison décoloniale, capables de réparer les fractures imposées aux terres, aux corps et aux mémoires. En invoquant les archives digitales, cellulaires et ancestrales, elle traverse le mystique et les imaginaires scientifiques pour panser les suintements coloniaux et les traumatismes qui altèrent les chants de nos terres-corps-esprits.
tabitarezaire.com

Skawennati est une artiste multidisciplinaire Kanien’kehá (Mohawk). Originaire de Kahnawà:ke, elle appartient au clan de la Tortue. Travaillant à la fois dans les univers numériques et physiques, elle écrit des scénarios et des paroles, puis, avec l’aide d’une petite équipe aux talents multiples, elle personnalise des avatars et des environnements qui prennent forme dans des films de machinima expérimentaux. Elle conçoit et fabrique également des objets complémentaires à ses machinimas, tels que des courtepointes cousues à la main et des ceintures de wampum. Depuis 2005, Skawennati est codirectrice et cofondatrice d’Aboriginal Territories in Cyberspace (AbTeC). Elle est également membre cofondatrice du conseil d’administration de daphne, le premier centre d’artistes autochtones autogéré de Montréal, et siège au conseil d’administration de Rhizome depuis 2023.
skawennati.com

Suzanne Treister vit et travaille entre Londres et les Pyrénées. Pionnière dans le domaine des nouveaux médias depuis 1989, Suzanne Treister travaille sur la frontière perméable qui sépare les limites de la recherche scientifique des révélations mystiques. Ses projets, qui s’étendent souvent sur plusieurs années, explorent la relation entre les technologies émergentes, la société et les systèmes de croyances alternatifs afin de mettre en lumière les forces invisibles qui façonnent notre réalité actuelle et qui ont des répercussions sur un avenir que nous commençons à peine à saisir. Ses œuvres ont été présentées dans de nombreuses institutions, notamment à la Tate Modern (Royaume-Uni, 2024), à la 14e Biennale de Shanghai (Chine, 2023), au High Line (New York, États-Unis, 2022), aux Serpentine Galleries (Royaume-Uni, 2019), au Centre Pompidou (France, 2015) et à La commande artistique Garonne (Bordeaux, France, 2013-2022).

Patricia Domínguez vit à Puchuncaví, au Chili. Elle envisage son travail artistique comme un estomac qui digère la réalité et la recode en une prière planétaire. Ses recherches portent sur les relations numériques et spirituelles entre espèces vivantes dans un cosmos de plus en plus corporatiste, combinant recherche expérimentale sur l’ethnobotanique, l’extractivisme et les pratiques de guérison à travers le langage artistique de la fiction spirituelle, ou spi-fi. En 2019, elle a participé à l’exposition collective La vie des choses dans le cadre de MOMENTA Biennale d’art contemporain à la Galerie de l’UQAM. Son travail a été exposé au New Museum, au Hammer Museum, au Modern Monday MoMA, à Gasworks London, au Museum of Latin American Art (MOLAA), à la Wellcome Collection, à la Triennale Munch, à la Biennale de Gwangju, au Gropius Bau, au Museo Thyssen Bornemisza, à Transmediale Berlin, à la Pinacoteca Sao Paulo, ainsi qu’à FLORA ars+natura, entre autres.
patriciadominguez.cl

Jesse Tungilik est un artiste interdisciplinaire basé à Iqaluit, au Nunavut. Il a travaillé dans de nombreuses disciplines artistiques, débutant comme céramiste à la Matchbox Gallery de Kangiqliniq (Rankin Inlet, Nunavut), dès l’âge de huit ans, et ce jusqu’à l’âge adulte, avant de rejoindre le studio de bijouterie Aayuraa de Mathew Nuqingaq à Iqaluit, où il se spécialise dans le travail des fanons de baleine, de la corne de bœuf musqué, de l’ivoire et de l’argent. Tungilik pratique également la sculpture en techniques mixtes, avec des œuvres exposées au Nunavut Arts Festival, au Great Northern Arts Festival, au Banff Centre for the Arts en Alberta, ainsi qu’au Musée océanographique de Monaco, entre autres. On peut trouver ses œuvres dans des galeries d’art publiques et privées à travers le monde, y compris dans la Museum Cerny Inuit Collection de Berne, en Suisse.

À propos du commissaire

Après avoir complété des études en arts plastiques et en pratiques curatoriales, Antoine Bertron a cofondé le collectif curatorial L’île d’en face avec Laura Donnet et Chloé Beulin à Nantes, tout en continuant à travailler en technique de muséologie et scénographie auprès de diverses institutions muséales en France et au Québec.  En 2019, il a notamment co-commissarié l’exposition Esthétiques biopolitiques à l’Atelier à Nantes et La revanche des milieux à la Biennale Vern Volume, à Vern-sur-Seiche. En 2018, il a organisé le micro-salon d’éditeurs indépendants REVUES ! Revues d’artistes et éditions collectives à l’École des Beaux-Arts de Nantes. Il est actuellement responsable des expositions, des communications et de la résidence à MICA | Institut d’art contemporain de Montréal.

Informations sur les lieux partenaires

MICA | Institut d’art contemporain de Montréal
Adresse : 372, rue Sainte-Catherine Ouest, local 507, Montréal
Dates : 11 septembre – 31 octobre 2026
Vernissage : jeudi 10 septembre dès 17 h 30
Artistes : Michèle Boulogne, Nonhuman Nonsense
Commissaire : Antoine Bertron

Adélard / Église Bishop Stewart Memorial
Adresse : 5, chemin Garagona, Frelighsburg
Dates : 20 septembre – 18 octobre 2026
Vernissage : samedi 19 septembre dès 16 h
Artistes : Gilberto Esparza & Marcela Armas
Commissaire : Remigio Valdés de Hoyos

Partenaires

Les expositions et le programme public à Montréal sont coproduits par MICA | Institut d’art contemporain de Montréal et la Galerie de l’UQAM, en partenariat avec ESPACIO MÉXICO Montréal. L’exposition à Frelighsburg est produite par Adélard en partenariat avec ESPACIO MÉXICO Montréal, la Municipalité de Frelighsburg et MICA. La présentation du projet est rendue possible grâce au soutien du Conseil des arts du Canada, du Conseil des arts et des lettres du Québec et du Consulat général du Mexique à Montréal.

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