Terriens

Organisée et mise en circulation par la Fondation Esker (Calgary)

Commissaires : Shary Boyle, Shauna Thompson

Artistes : Roger Askadujak, Shuvinai Ashoona, Pierre Aupilardjuk, Shary Boyle, Jessie Kenalogak, John Kurok, Leo Napayok

10 mars 2018 - 14 avril 2018

Vernissage : 10 mars 2018, 15 h 00

La Galerie de l’UQAM accueille, dès le 10 mars, l’importante exposition Terriens, en tournée canadienne depuis sa présentation à la Fondation Esker de Calgary à l’hiver 2017. Réalisées individuellement et collectivement par sept artistes contemporains, dont six sont des artistes inuits, les céramiques et œuvres sur papier de Terriens puisent leur inspiration de la condition terrestre. Elles sont à la fois visionnaires, transformatives et d’un autre monde, mais aussi profondément humaines.

Bien qu’ils travaillent dans des contextes culturels et géographiques distincts – Kangiqliniq (Rankin Inlet), Kinngait (Cape Dorset), Qamani’tuaq (Baker Lake) et Toronto –, les artistes participant à cette exposition partagent une approche intuitive et engageante des matériaux et de l’imagerie narrative, fortement axée sur la main-d’œuvre. Dans leurs œuvres, des personnages détaillés font l’objet de transformations et de métamorphoses, de croisements hybrides entre animaux et humains, entre mythe et réalité, et entre lieux réels et imaginaires. Ces pièces, à la fois physiques et charnelles, sensuelles et spirituelles, étrangères et familières, semblent émaner de mondes fantasmagoriques.

L’exposition est organisée et mise en circulation par la Fondation Esker (Calgary).

Commissaire : Shary Boyle, en collaboration avec Shauna Thompson

L’exposition

L’espace, tout comme notre façon de l’occuper, est une question politique aussi bien que pratique. Je m’applique à fabriquer de petites sculptures, lentement, avec le plus grand soin. L’invitation de la Fondation Esker a constitué une occasion magnifique d’exposer mon travail à une échelle généreuse. Qui allais-je inviter à ma table?

Il y a des artistes qui travaillent à partir de leur intuition, qui tirent parti de leurs expériences personnelles et de leur mémoire culturelle à des fins narratives. Ces artistes choisissent des sujets qu’ils connaissent intimement, personnellement, physiquement. C’est une façon innée de travailler qui favorise une conversation humaine au-delà de l’art.

Je conçois cette approche, y compris la mienne, comme une forme d’« art passerelle » qui relie les êtres humains, les animaux, l’espace et la terre. Cet art relie les langues. Il relie le réel et l’irréel. La vie et la mort. Le passé et le futur. C’est un art pour communiquer, au moyen de symboles, de mythes, de rêves et d’hybrides. Un art qui rapproche.
– Shary Boyle

Les artistes

Les œuvres complexes et inventives de Roger Aksadjuak adoptent des formes multiples et une imagerie ludique, tout en respectant les récits traditionnels. Elles figurent dans de nombreuses collections publiques et privées d’Amérique du Nord, notamment celles du Musée des beaux-arts de Winnipeg et du Musée des beaux-arts du Canada à Ottawa. Sa pièce Square Dance [Danse carrée] a eu l’honneur d’être la première œuvre acquise par l’Assemblée législative du Nunavut à Iqaluit. Roger Aksadjuak est décédé en 2014; il vivait à Kangiqtiniq (Rankin Inlet).

Shuvinai Ashoona est une artiste contemporaine établie à Kinngait (Cape Dorset), dont l’œuvre conjugue souvent le réel et l’imaginaire. Ashoona a participé à de nombreuses expositions, parmi lesquelles SITElines Santa Fe: New Perspectives on Art of the Americas (2014-2015) à SITE Santa Fe; Woven Thoughts (2014) à Feheley Fine Arts, à Toronto; et Oh, Canada (2012) au Massachusetts Museum of Contemporary Art, à North Adams. Son œuvre est représenté dans plusieurs institutions majeures, dont le Musée des beaux-arts de l’Ontario à Toronto; le Musée des beaux-arts de Winnipeg; ainsi que le Musée canadien de l’histoire et le Musée des beaux-arts du Canada, tous deux à Ottawa.
dorsetfinearts.com/shuvinai-ashoona

La pratique artistique de Pierre Aupilardjuk témoigne de son attachement profond pour l’esthétique traditionnelle. Ses œuvres font partie des collections du Centre du patrimoine septentrional Prince-de-Galles à Yellowknife et du Musée des beaux-arts du Canada à Ottawa, ainsi que de collections privées d’Amérique du Nord. Aupilardjuk, qui vit et travaille à Kangiqtiniq (Rankin Inlet), a participé à plusieurs expositions, dont Modern Echoes: Contemporary Inuit Ceramics and Sculpture (2000) à la Native American Trading Company Gallery de Denver.

Shary Boyle vit à Toronto où elle pratique aussi bien la sculpture que le dessin, l’installation et la performance. Exposée et collectionnée partout dans le monde, Boyle a représenté le Canada à la 55e Biennale de Venise, en 2013, avec le projet Music for Silence. Elle a également participé à l’exposition Art et céramique – CERAMIX – De Rodin à Schütte, organisée par le Bonnefantenmuseum à Maastricht et La maison rouge à Paris. En 2017, ses sculptures ont été présentées à la Biennale internationale de céramique de Gyeonggi et reproduites dans la publication Vitamin C: Clay and Ceramic in Contemporary Art (Phaidon, Londres). Boyle installera sa première œuvre d’art publique au printemps 2018 devant le Musée Gardiner à Toronto.
sharyboyle.com

Née à Back River au début des années 1950, Jessie Kenalogak vit et travaille à Qamani’tuaq (Baker Lake). Cette artiste, qui se consacre principalement au dessin, tire essentiellement son inspiration de son grand-père Angushadluk, un des artistes les plus importants et les plus respectés qu’ait connus Baker Lake; et de sa tante Mary Singaqti, autre artiste hautement respectée de Baker Lake. Fruits d’une interprétation très personnelle, les titres de ses œuvres constituent un élément expressif de son travail.

John Kurok se consacre à la céramique à temps plein depuis 1996. Son travail met en évidence les liens entre les formes et les mouvements visuels engendrés par ces dernières sur la surface de pièces sculpturales. Ses œuvres ont été présentées entre autres au Musée des beaux-arts de Winnipeg; à la Canadian Clay and Glass Gallery à Waterloo; et à la Collection Cerny d’œuvres d’art inuit à Berne. Elles font partie des collections du Musée des beaux-arts du Canada à Ottawa et du Musée d’art inuit de Toronto. Kurok vit actuellement à Kangiqtiniq (Rankin Inlet).

Né au début des années 1960, Leo Napayok a passé la majeure partie de son enfance dans les localités de Salliq (Coral Harbour) et de Kangiqtiniq (Rankin Inlet). Il travaille en collaboration avec d’autres céramistes en ornant leurs récipients et pièces sculpturales d’extraordinaires dessins au moyen d’incisions couvrant l’ensemble de leur surface. On trouve ses œuvres collaboratives dans la collection du Musée des beaux-arts du Canada à Ottawa.

Les commissaires

Shary Boyle – voir ci-haut

Avant de devenir conservatrice à la Fondation Esker, Shauna Thompson a été conservatrice adjointe à la Walter Phillips Gallery au Banff Centre. Elle a également travaillé à la Justina M. Barnicke Gallery et à YYZ Artists’ Outlet, à Toronto, de même qu’à l’Art Gallery of Mississauga. Ses écrits ont été publiés dans la revue Canadian Art, ainsi que dans de nombreux catalogues d’exposition. Elle siège actuellement au conseil d’administration de TRUCK Contemporary Art à Calgary. Thompson est titulaire de deux maîtrises, l’une en études commissariales, de l’Université de Toronto, et l’autre, en anglais, de l’Université de Guelph.

Le catalogue

L’exposition Terriens est accompagnée d’un catalogue trilingue (français, anglais et inuktitut) richement illustré. Il est en vente à la Galerie de l’UQAM.

Terriens
Auteures : Naomi Potter, Shary Boyle, Shauna Thompson et Heather Igloliorte
Éditeur : Fondation Esker
2017, 142 p., trilingue (français, anglais et inuktitut)
45 $

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