Jocelyn Robert. L’inclinaison du regard

Commissaire : Louise Déry

Artiste : Jocelyn Robert

25 février 2005 - 2 avril 2005

Vernissage : 24 février 2005, 17 h 30

La Galerie de l’UQAM inaugure, le 24 février, à 17 h 30, une importante exposition de l’artiste québécois Jocelyn Robert, réunissant pour la première fois un ensemble d’œuvres réalisées depuis le début des années 1990. Intitulée Jocelyn Robert. L’inclinaison du regard, l’exposition est conçue par la commissaire Louise Déry et réalisée avec l’appui du Conseil des Arts du Canada. On pourra y découvrir plusieurs œuvres nouvelles éclairées sous l’angle rétrospectif, grâce à la présence de travaux plus anciens, dans un contexte capable d’en révéler la richesse. Parallèlement, une autre exposition solo de l’artiste ouvrira le même soir à 19 h, chez VOX, centre de l’image contemporaine, ces deux événements ayant été arrimés dans le but de signaler avec encore plus de force l’importance de l’artiste.

L’exposition

Si l’artiste est l’une des figures de pointe des arts médiatiques au Québec, s’il a participé à de nombreuses manifestations artistiques internationales et remporté de prestigieux prix, sa pratique est relativement méconnue. De même, son travail n’a guère été examiné d’un point de vue théorique et aucun ouvrage n’a encore rendu compte de l’ampleur de sa démarche, de son écriture poétique et de sa puissance d’invention. La Galerie de l’UQAM entend combler ces carences, comme elle l’a fait depuis quelques années avec des artistes aussi importants que Roberto Pellegrinuzzi, Michèle Waquant, Myriam Laplante, Lani Maestro, Alain Paiement et Peter Gnass.

L’œuvre de Jocelyn Robert est accueillante. La découvrant, le visiteur s’interroge sur les moyens qui font naître l’image et le son sur l’écran de l’imaginaire. Il y adhère, ébahi par l’écriture poétique de la démarche, intrigué par la nature inventive des objets et transporté par la manipulation d’un quotidien livré à l’étonnant pouvoir de l’artiste jongleur. Car l’œuvre de Jocelyn Robert, c’est la forme de l’avion qui retrouve la figure fondatrice de l’oiseau; ce sont des ballons bleus gonflés à l’hélium qui s’envolent dans le ciel munis de petits objets sonores; c’est le manifeste du Front de libération du Québec étrangement « relooké » par un logiciel de correction en anglais; c’est un piano comme objet fétiche; c’est un collage d’images de la deuxième guerre mondiale; c’est une collection d’archives sonores témoins du quotidien; c’est une façon de relever des données météorologiques autour de la planète; c’est un rapport au monde en appui sur le poétique.

Le grain si singulier de l’œuvre s’affirme ici dans des installations médiatiques, des sculptures animées, des œuvres textes et de des œuvres audio. Le métissage du son et de l’image, le tissage du temps, par un alliage savant entre l’instant et la durée, et la métaphore politique, entrelacée dans la fibre poétique, fabriquent et définissent une pratique de l’invention expansive et stimulante.

Catalogue

Le catalogue, première monographie publiée sur l’artiste, fait halte sur une des pratiques les plus passionnantes de l’art du Québec des dernières années. Bien qu’elles se nourrissent des développements technologiques les plus récents, les œuvres de Jocelyn Robert seront hébergées dans un livre qui, tout matériel qu’il soit, en accueille l’essence, dans un rapport au réel qui réinvente tous les sens. Le catalogue bilingue de 144 pages est rédigé par Louise Déry et largement illustré en couleur. Il sera lancé le 2 avril, à 16 h, à la Galerie de l’UQAM.

L’artiste

Jocelyn Robert est un artiste multidisciplinaire originaire de Québec. Il a étudié la pharmacie, puis l’architecture. Il est passé à l’art, dit-il, comme on passe au maquis. Il a publié des disques : Stat Live Moniteur (Recommended Records), Folie Culture (ReR), Le Piano Flou (Obz), La Théorie des Nerfs Creux, 20 Moments Blancs Lents, Canned Gods (Ohm éditions). Il a publié des écrits, réalisé des installations et des performances dans plusieurs pays, des projets radiophoniques, des trames sonores pour le théâtre et des vidéos. Il a mérité de nombreux prix, dont Transmédiale à Berlin en 2002, pour son installation L’invention des animaux. Il a effectué de nombreuses résidences d’artiste, au SEIM à Amsterdam, au Banff Centre en Alberta, à l’Université de Sheffield en Grande-Bretagne, et d’autres. Il a dirigé Avatar, à Québec, ou comme il le dit, a été dirigé par Avatar.

Travaillant en solo, avec Diane Landry, Bruit TTV et de nombreux autres collaborateurs, autour de l’audio, de l’installation, des machinations interactives, de la performance au long cours, du détournement typographique, de l’infographie épistolaire et des manœuvres urbaines, il est mobilisé par la notion d’imprécision comme qualité et fasciné par les pianos flous, les nerfs creux, les dieux en conserve, les « crachecophages ». L’ambiguïté œuvre/contexte, musique/bruit, objet/lieu est le ressort de sa pratique.

Rencontre avec l’artiste

La Galerie organise une rencontre avec l’artiste et la commissaire le mercredi 23 mars, de 13 h à 14 h, dans la Galerie de l’UQAM.

Œuvre liée