Cynthia Girard
René Goupil victime des iroquois 1642

2000

Esquisse préparatoire à la série La Nouvelle-France
Encre de chine et crayon de plomb sur papier
17,7 x 25,5 cm
2014.10
Don de l’artiste

Depuis maintenant une vingtaine d’années, Cynthia Girard développe une œuvre politique et ironique principalement au moyen de la peinture, mais aussi de l’installation, de la sculpture, de la performance, du dessin et du textile. Ses œuvres offrent une rencontre éclatée entre l’expressionnisme abstrait, la peinture d’histoire, le dadaïsme, mais aussi l’artisanat, la bande dessinée, ou encore les illustrations de livres pour enfants. Ce mélange des genres résiste à la hiérarchisation des cultures savantes et populaires ou des beaux-arts que l’on continue d’opposer à l’artisanat ou aux arts appliqués. À travers la série La Nouvelle-France, Cynthia Girard pose un regard caustique et ironique sur l’histoire coloniale du Canada. Elle s’intéresse aux saints martyrs canadiens, huit missionnaires jésuites tués lors des guerres entre les Hurons et les Iroquois au XVIIe siècle, afin de souligner les contradictions minant l’histoire canadienne. Ces martyrs sont-ils réellement les grandes victimes, alors que la cruauté réservée par les colons aux peuples autochtones est aujourd’hui connue? En abordant des événements ou des personnages réels à l’aide de procédés relevant de la fiction et de l’humour, Girard propose des œuvres qui, loin de constituer des représentations objectives, prennent plutôt la forme de multiples questions posées à l’histoire. Cette posture irrévérencieuse permet à Girard d’avancer, sous le couvert d’une certaine légèreté, de rigoureuses considérations formelles et critiques.