Phenomena

Commissaire : Louise Déry

Artistes : Jean-Pierre Aubé, Patrick Coutu, Isabelle Hayeur

16 mai 2008 - 21 juin 2008

Vernissage : 15 mai 2018, 17 h 30

La Galerie de l’UQAM inaugurera, le jeudi 15 mai prochain à 17 h 30, l’exposition Phenomena, une proposition de la commissaire Louise Déry. Cette exposition, présentée du 15 mai au 21 juin 2008, réunira pour la première fois le travail de Jean-Pierre Aubé, Patrick Coutu et Isabelle Hayeur, trois artistes de Montréal intéressés par les phénomènes naturels, construits et imaginaires, et par la possibilité d’en évoquer autrement l’existence.

L’exposition

Phenomena présente des œuvres récentes de Jean-Pierre Aubé, Patrick Coutu et Isabelle Hayeur. Le projet, qui repose sur l’appréhension visuelle, sensible et conceptuelle de la notion de phénomène, intègre des œuvres sonores et vidéographiques, de même que des photographies et des sculptures. Les données qui se manifestent dans chacun des objets exposés ici nous renvoient à l’archéologie foisonnante d’un monde sédimenté : terre profonde et vestiges enfouis, surface remuée et encombrements pétrifiés, enveloppe atmosphérique et présence cosmique.

Devant l’infinie constellation de phénomènes qui ne cessent de travailler le regard, devant les traces, empreintes et circonstances qui en homologuent l’origine et l’état, l’artiste accède à des événements perceptibles ou à des conjonctures imaginaires qui réclament différentes procédures de l’image. Devant le réel, sa démarche est opératoire : elle s’attache à la détection des symptômes empiriques dont l’observation occupe le champ de la conscience. Et devant la poussée imaginative qu’alimente ce réel, sa démarche est évocatoire : elle se nourrit d’une arborescence intuitive et symbolique qui prend racine dans un inconscient largement ouvert sur l’infini.

Les artistes

Jean-Pierre Aubé est né en 1969 à Kapuskasing (Ontario) et vit à Montréal. Après des études en sculpture et en photographie à l’Université Concordia, il a complété une maîtrise en arts visuels à l’UQAM. Sa démarche interdisciplinaire (performance sonore, art médiatique, installation, photographie) emprunte aux méthodes scientifiques les procédés de collecte de données. Dans cette optique, il fabrique notamment des récepteurs d’ondes hertziennes de très basses fréquences (VLF) qui ont la capacité d’enregistrer les sons des phénomènes naturels présents dans la magnétosphère (orages électriques, aurores boréales, vents solaires). Dans le travail de Jean-Pierre Aubé, la technique est transcendée par une passion pour la complexité du monde matériel, source inépuisable d’inspiration et de transformation des consciences. L’artiste a participé à plusieurs expositions et événements artistiques ici et à l’étranger, dont Rendre réel (Ottawa, 2007, dans le cadre de Scène Québec); Dataesthetics, Nova Gallery (Zagreb, Croatie, 2006); et 11e Biennale de Pančevo (Serbie, 2004). Il a exposé à Québec lors de la 6e édition du Mois Multi (2005) et à Montréal, (Optica, 2005 et Fonderie Darling, 2004).

Patrick Coutu vit et travaille à Montréal où il est né en 1975. Il a étudié la sculpture à l’Université Concordia (MFA, 2005), à la Glasgow School of Art (MFA, 2003) et à l’UQAM (BA, 1997). Il s’intéresse à l’environnement bâti, notamment urbain, et aux organisations naturelles. Bien que le corpus de son travail soit ponctué de photographies, d’aquarelles et de dessins, ses préoccupations se portent principalement vers la sculpture. Mais quel que soit le médium privilégié, les œuvres de Patrick Coutu tablent surtout sur ce curieux pouvoir qu’elles possèdent de révéler le processus grâce auquel elles sont façonnées plutôt que de miser sur la notion traditionnelle de représentation. Il a notamment exposé en solo à la Galerie René Blouin (Orbites et ruissellements, 2007) et au Musée national des beaux-arts du Québec (Œuvres spatiales, 2004). Il participe également à la première Triennale du Musée d’art contemporain de Montréal à partir du 24 mai 2008.

Née en 1969, Isabelle Hayeur vit et travaille à Montréal où elle a complété une maîtrise (UQAM, 2002) et un baccalauréat en arts plastiques (UQAM, 1996). Elle est connue pour ses photographies numériques de grands formats qui donnent à voir différents types de paysages transformés par l’être humain. Prises de vue du monde réel ou images recomposées par l’artiste, ces lieux de civilisation confrontent notre perception du réel et nous obligent à prendre le temps de regarder des environnements qui trop souvent nous échappent par leur banalité (banlieues, friches industrielles, etc.). Elle a réalisé des installations in-situ, notamment Issue, dans un incinérateur à déchets (Champ libre, 2004), des œuvres d’art public, des vidéos et des œuvres d’art Web. Elle compte plusieurs expositions individuelles dont Habiter : les œuvres d’Isabelle Hayeur, mise en circulation par Oakville Galleries (2007-2008) et Displacements & Relocations, Jessica Bradley art + projects (Toronto, 2007). Parmi les lieux qui ont présenté ses œuvres figurent également le Museum of Contemporary Photography (Chicago) et la Neuer Berliner Kuntsverein (Berlin). Elle participe à la première Triennale du Musée d’art contemporain de Montréal (2008).

Œuvres liées