Michel de Broin. Machinations

Commissaire : Nathalie De Blois

Artiste : Michel de Brouin

19 octobre 2007 - 24 novembre 2007

Vernissage : 18 octobre 2007, 17 h 30

La Galerie de l’UQAM inaugure, le 18 octobre prochain à 17 h 30, l’exposition Michel de Broin. Machinations consacrée à un jeune artiste prolifique et très actif au Canada comme à l’étranger. Dans un univers ambigu, Michel de Broin présente deux installations récentes qui questionnent la réalité en s’élevant contre l’évidence, en fouillant les vérités et en cherchant les erreurs. Le commissariat est assuré par Nathalie de Blois et l’exposition est produite en collaboration avec le Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ). La Galerie de l’UQAM vous invite à une visite privilégiée de l’exposition en compagnie de l’artiste et de la commissaire, le 18 octobre à 17 h.

L’exposition

Michel de Broin. Machinations regroupe des œuvres créant un univers incertain d’appréhension et de menace qui bouscule les limites entre l’art et l’invention, entre la réalité et la fiction, entre le politique et le poétique.

Avec L’engin, présenté pour la première fois en 2006 au MNBAQ, Michel de Broin crée une œuvre intrigante qui consiste en une forme ovoïde monumentale occupant l’espace principal de la galerie. L’introduction de cet engin énigmatique rappelle l’attaque terroriste du Pentagone. Lors des événements du 11 septembre 2001, aucune pièce n’avait été retrouvée sur les lieux de l’événement permettant d’identifier avec conviction le Boeing 757-200 qui avait percuté la façade de l’imposant immeuble gouvernemental. Plusieurs restent sceptiques quant à l’explication officielle de la Maison-Blanche, celle-ci avançant que l’avion se serait pulvérisé « dans le ventre » de l’immeuble au moment de l’impact. D’autres croient plutôt à un missile. Disparu comme pièce à conviction, l’engin serait alors réapparu comme œuvre d’art. En pénétrant par effraction à l’intérieur de la galerie avec son immense prototype en forme d’ogive, Michel de Broin bafoue la logique hasardeuse qui sous-tend l’explication du Pentagone. Il identifie insidieusement l’art aux inventions douteuses qui mettent en péril l’ordre politique et social.

Silent Screaming (2006), une œuvre audacieuse également présentée dans l’exposition, évoque les notions de pouvoir et de coercition. Le dispositif consiste en une sorte d’appareil circulatoire étranglé où une cloche de verre, reliée à une pompe à vide, enferme une sonnerie d’alarme et étouffe ainsi le martèlement obstiné d’un petit marteau sur un disque de métal, ce qui fait tomber l’appel acoustique dans le silence. Par un étrange retournement, l’alarme qui sert habituellement à signaler une situation d’urgence devient ici l’ennemi à combattre, l’énergie à contenir.

L’artiste

Michel de Broin est né à Montréal, en 1970. Il a obtenu une maîtrise en arts visuels de l’UQAM en 1997. Il se distingue par sa grande polyvalence. La photographie, la vidéo, le dessin, la sculpture, l’installation, les dispositifs cinétiques et les actions dans l’espace public sont autant de moyens qu’il utilise pour créer des images et des objets qui investissent et détournent des codes formels et conceptuels communément admis.

De nombreuses expositions individuelles lui ont été consacrées au Québec, au Canada et à l’étranger, entre autres au Centre des arts actuels Skol (Montréal, 1999), à la Villa Merkel d’Esslingen (Allemagne, 2002), à La Vitrine (Paris, 2003), à la BF-15 (Lyon, 2005) et à la Künstlerhaus Bethanien (Berlin, 2006). Michel de Broin a aussi fait partie de nombreuses expositions de groupe, dont Artefact, organisée par la revue Espace (Montréal, 2001), La demeure, présentée par le centre Optica (Montréal, 2002), Damage Control, au Museum of Contemporary Canadian Art (Toronto, 2003), la 11e Biennale d’arts visuels de Pancevo (Serbie et Monténégro, 2004), Canada Dreaming (Wolfsburg, Allemagne, 2006), et SCAPE 2006, Biennial of Art in Public Space (Christchurch, Nouvelle-Zélande, 2006). Lauréat de plusieurs prix d’envergure dont le prix Reconnaissance UQAM en 2006, le prix Graff en 2006, et le prix Pierre-Ayot en 2002 et créateur de quelques œuvres d’art public, il a effectué des résidences d’artistes en Allemagne, en France et en Suisse. Michel de Broin vit et travaille à Montréal et à Berlin. Il est représenté par la Galerie Pierre-François Ouellette art contemporain.

La publication

Une publication bilingue accompagne l’exposition. Produit par la Galerie de l’UQAM et le Musée national des beaux-arts du Québec, l’ouvrage porte non seulement sur le travail récent de l’artiste mais aussi sur ses réalisations antérieures, faisant ainsi le point sur l’ensemble de sa démarche et mettant en perspective ses enjeux principaux. Nathalie de Blois signe cet essai et Dominique Mousseau en a réalisé la conception graphique. La publication est vendue à la Galerie de l’UQAM au coût de 30 $.

Les activités publiques gratuites

Visites commentées et ateliers de réflexion sur la pratique de Michel de Broin

Publication liée