Le touché de la peinture

Commissaire : Louise Déry

Artistes : Aïda Kazarian, Monique Régimbald-Zeiber, Françoise Sullivan

7 mai 2004 - 19 juin 2004

Vernissage : 6 mai 2004, 17 h 30

La Galerie de l’UQAM inaugure, le 6 mai à 17 h 30, une exposition intitulée Le touché de la peinture, qui se déroulera du 7 mai au 19 juin 2004. Cette exposition, qui s’ouvre dans le cadre du 72e Congrès de l’Acfas en cours à l’UQAM du 10 au 14 mai, présente des œuvres de Françoise Sullivan, Monique Régimbald-Zeiber et Aïda Kazarian.

Une recherche identitaire

Réunissant des œuvres de trois femmes peintres, la commissaire Louise Déry examine certaines particularités de la peinture du point de vue d’une recherche identitaire. Ce projet d’exposition s’appuie sur des éléments issus d’une recherche subventionnée par le Fonds québécois de la recherche sur la société et la culture autour de la notion de « L’image manquante ».

Pour établir la sélection d’une dizaine de grands formats et d’une vingtaine de petits tableaux et carnets, Louise Déry s’est penchée sur le paradoxe suivant : la peinture touchée, celle qui est marquée par l’empreinte, celle qui touche et qui trouble, celle qui active le regard au-delà et en deçà de la trace sur la toile, c’est aussi celle qui cache, qui dissimule quelque chose sous le pinceau ou le doigt, celle qui pointe le manque.

La peinture d’Aïda Kazarian, Arménienne vivant à Bruxelles, et celles de Françoise Sullivan et Monique Régimbald-Zeiber, de Montréal, se révèlent comme la signature autographe, comme l’empreinte du mouvement du corps devant la toile ou comme le véhicule d’une inscription historique et collective. Tant les traces, couches et inscriptions produites, que ce qui relèverait d’une tension entre l’image manquante et l’image traduite, participent à la « manuscripture » des œuvres.

Par leur pratique respective d’un certain « touché de la peinture », dans le travail de désencombrement du sujet autant que dans une possible « récalcitrance » logée derrière le motif peint, ces trois artistes œuvrent dans un registre de picturalité qui, sous des apparences non figuratives, transporte des écritures personnelles, porte des figures gestuelles et produit des lectures collectives. C’est ainsi que la réunion de ces œuvres fabrique une sorte de conversation entre trois femmes d’âges, de cultures, d’origines et d’expériences fort différentes.

Les œuvres

Les tableaux d’Aïda Kazarian sont exclusivement générés par les empreintes de doigts de ses deux mains, comme s’il s’agissait de signer avec obstination chaque centimètre de toile pour avoir devant les yeux la preuve indélébile de son identité, de son existence, malgré l’exil. Ceux de Françoise Sullivan présentent un touché chorégraphié issu des mouvements du corps tout entier qui s’est déplacé devant le support et qui a réglé la mesure et le rythme des gestes répétés, suggérant les origines créatrices de l’artiste associée au courant automatiste et au monde de la danse. Ceux de Monique Régimbald-Zeiber, travaillés à partir des taches de pigmentation, empreintes et stigmates visibles sur le dos de sa propre main, sont partiellement recouverts de fragments de récits sur les premières femmes venues en Nouvelle-France, pour en réitérer l’existence, à défaut de pouvoir en restituer le visage.

Les œuvres exposées dans Le touché de la peinture – images de peinture et corps graphiques – se donnent à voir et à lire. Elles portent les indices d’un retrait ou d’un excès iconographique, d’une identité résorbée ou exacerbée, d’un portrait individualisé ou collectivement historié. Dans la mise en énigme qui résulte de la relation des œuvres entre elles, l’espace est à son tour « touché » par leur présence. Rien n’est neutre dans cette dynamique car même le vide qui les contient participe au phrasé de l’exposition.

Collaborations et appuis

L’exposition  Le touché de la peinture, produite par la Galerie de l’UQAM, a été réalisée avec la collaboration de Fabienne Dumont, directrice du Centre d’art contemporain de Bruxelles, le soutien du Commissariat général aux Relations internationales de la communauté française de Belgique et celui du gouvernement du Québec, dans le cadre de la Commission mixte permanente Québec-Wallonie-Bruxelles, l’appui du Fonds québécois de la recherche sur la société et la culture (FQRSH) et celui du Fonds Jeunesse Québec.

Rencontre avec les artistes

Le 18 mai de 16 h à 18 h, dans le cadre de la journée internationale des musées, le public pourra rencontrer l’artiste Françoise Sullivan signataire du Refus Global, ainsi que Monique Régimbald-Zeiber, peintre, théoricienne et auteure.

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