Emmanuelle Léonard. Le déploiement

Commissaire : Louise Déry

Artiste : Emmanuelle Léonard

1 novembre 2019 - 25 janvier 2020

Vernissage : 31 octobre 2019, 17 h 30

La Galerie de l’UQAM clôt l’année 2019 et entame 2020 avec l’exposition Emmanuelle Léonard. Le déploiement, dévoilant un nouveau corpus photographique et vidéographique de l’artiste montréalaise réalisé à l’occasion d’une résidence dans le Haut-Arctique.

L’exposition

Le déploiement présente un corpus amorcé par Emmanuelle Léonard en 2018 dans le cadre d’une résidence de recherche dans le Grand Nord canadien au sein du Programme d’arts des Forces canadiennes. Poursuivant le travail photographique et vidéographique réalisé depuis quinze ans sur des groupes hiérarchisés issus des systèmes social, judiciaire, militaire et religieux, l’artiste continue de s’intéresser ici aux fonctions d’autorité et aux mécanismes de détournement qu’elles engendrent.

En assistant aux manœuvres des patrouilles d’affirmation de la souveraineté canadienne dans le Haut-Arctique, Emmanuelle Léonard a découvert un ensemble de réalités très diverses : le déploiement militaire stratégique dans cette région du monde où les enjeux nationaux, politiques et économiques se trouvent exacerbés par les effets du réchauffement climatique ; l’engagement de jeunes adultes à l’égard des valeurs collectives de l’armée autant que leur mobilisation motivée par une quête personnelle ; la contribution des Rangers inuits sans qui l’apprentissage de la survie dans de telles conditions polaires serait vain ; la candeur des jeunes soldats devant la beauté des paysages nordiques qu’ils découvrent.

Dans un contexte de tournage extrêmement difficile, Emmanuelle Léonard a filmé les activités des soldats retranchés derrière leurs boucliers contre le froid – vêtements, masques et lunettes –, les révélant tantôt fantomatiques et anonymes, tantôt bien réels et personnifiés. Attentive autant aux exercices d’entraînement qui nivellent leur identité qu’aux personnes elles-mêmes et à leur perception du monde en marge du modèle militaire, l’artiste s’est faite le témoin de l’attente et de la passivité relative des soldats face à l’impuissance des moteurs qui refusent de démarrer, devant la troublante nuit nordique qui tarde à tomber ou qui s’éclipse, là où rien d’impressionnant n’est dit, n’est fait, n’est prétendu.

L’exposition propose également deux projets amorcés en Colombie, lesquels offrent une résonnance surprenante avec la réalité des militaires de l’Arctique et tissent des liens entre les hémisphères Nord et Sud. Dans l’un d’eux, des soldats colombiens assurent la sécurité de leur poste d’observation dans la blancheur d’une brume épaisse qui en diminue l’efficacité. Dans l’autre, de jeunes mineurs de la région désertique et isolée de La Guajira s’appliquent à recueillir un sel blanc comme neige dans une chaleur infernale. Neige, brume et sel ouvrent un espace de contraste et de dialogue entre ces images au statut hautement politique qui évoquent l’érosion d’un monde chancelant.

L’artiste

Née en 1971 à Montréal où elle vit et travaille, Emmanuelle Léonard détient une maitrise de l’Université du Québec à Montréal. L’artiste compte de nombreuses expositions individuelles et collectives notamment au Musée d’art contemporain de Montréal, à OPTICA, à VOX, à la Galerie de l’UQAM et au Mois de la Photo (Montréal); à la Kunsthaus Dresden et à la Neuer Berliner Kunstverein (Allemagne) ; à Mercer Union et à Gallery 44 (Toronto) ; à Glassbox (Paris) ; à L’Œil de poisson (Québec), etc. Elle a effectué des résidences d’artistes à la Villa Arson (France), à la Fondation Christoph Merian (Suisse) et à la Fondation finlandaise de résidences d’artistes. Elle s’est méritée le Prix Pierre-Ayot en 2005. Elle exposait en 2012 au Musée des beaux-arts de l’Ontario (AGO) à Toronto dans le cadre du International Grange Prize pour lequel elle était en nomination, et en 2013 au Fresnoy (France) dans le cadre de l’exposition À Montréal, quand l’image rôde, de la commissaire Louise Déry.
emmanuelleleonard.org

La commissaire

Louise Déry vit à Montréal. Elle détient un doctorat en histoire de l’art et dirige la Galerie de l’UQAM (Université du Québec à Montréal) depuis 1997. Elle a été directrice du Musée régional de Rimouski, conservatrice au Musée national des beaux-arts du Québec et ensuite au Musée des beaux-arts de Montréal. Commissaire de nombreuses expositions d’artistes canadien·ne·s et de l’international présentées tant au Québec, au Canada, qu’en Europe, aux États-Unis, au Mexique et en Asie, notamment avec Giuseppe Penone, Michael Snow, Sarkis, Nancy Spero, Antony Gormley, Dominique Blain, Aude Moreau, Graham Fagen, Artur Żmijewski et le philosophe Jean-Luc Nancy, elle a été commissaire du pavillon du Canada à la Biennale de Venise avec une exposition de David Altmejd (2007). Elle fut la première lauréate, en 2007, du Prix de la Fondation Hnatyshyn pour l’excellence de son commissariat et elle recevait en 2015 le Prix du Gouverneur général du Canada. Membre de la Société royale du Canada, elle a été faite chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres de France en 2016.

Catalogue à paraitre

L’ouvrage de 120 pages, en français et en anglais, comprendra une documentation complète de l’exposition, un essai de Louise Déry, commissaire et directrice de la Galerie de l’UQAM, un essai de Stefanie Hessler, directrice de la Kunsthall Trondheim en Norvège et un portfolio de corpus antérieurs d’Emmanuelle Léonard. Sa parution est prévue à la fin de janvier 2020.

Partenaires

L’artiste remercie le Conseil des arts et des lettres du Québec, le Conseil des arts du Canada et le Programme d’arts des Forces canadiennes.

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Galerie de l’UQAM
En français
Entrée libre