Droit debout

Chorégraphie de Françoise Sullivan

21 janvier 2017, 15 h 00 - 17 h 00

Représentations de la chorégraphie (durée de 10 min)
Samedi 21 janvier 2017
15 h, 15 h 30 et 16 h

Suivies d’une
Conversation entre Françoise Sullivan et Louise Déry
16 h 30
En français

Galerie de l’UQAM
Entrée libre

Avec les danseurs Michèle Febvre, Paul-André Fortier, Dana Michel, Myriam Arseneault, Andréa Corbeil, Denis Lavoie et Nicolas Patry. Le texte de Françoise Sullivan qui accompagne la chorégraphie sera interprété par Christiane Pasquier.

Le samedi 21 janvier prochain, la Galerie de l’UQAM présentera la chorégraphie Droit debout, composée en 1973 par Françoise Sullivan. Trois représentations de la pièce, d’une durée d’une dizaine de minutes, auront lieu à 15 h, 15 h 30 et 16 h. Suivra, à 16 h 30, une conversation entre Françoise Sullivan et Louise Déry, directrice de la Galerie de l’UQAM et commissaire.

Ces événements sont organisés dans le cadre de l’exposition Françoise Sullivan. Trajectoires resplendissantes, à voir à la Galerie de l’UQAM jusqu’au 18 février 2017.

Droit debout

Créée initialement à la Galerie III de Montréal en 1973 avec les danseurs du Groupe de la Place Royale fondé par Jeanne Renaud, cette chorégraphie a été reprise le 17 février 1974 pour l’exposition Périphéries, organisée par les membres du centre d’artistes Véhicule Art au Musée d’art contemporain de Montréal. Toujours avec le Groupe de la Place Royale, l’œuvre fut présentée l’année suivante à la Kensington Art Association et au Centre for Experimental Art and Communication de Toronto, de même qu’au Agnès Etherington Art Centre de Kingston. Elle n’a jamais été produite depuis.

À l’heure où nous redécouvrons plusieurs travaux d’art conceptuel de l’artiste Françoise Sullivan dans le cadre de Trajectoires resplendissantesDroit debout saura surprendre par le caractère dépouillé de la chorégraphie. Il s’agit en quelque sorte d’une non-danse minimaliste qui implique de la part des six danseurs réunis une grande capacité d’intériorité et de concentration convoquant les parties du corps signalées dans un puissant texte écrit par l’artiste. Christiane Pasquier en livre une lecture étonnante, scandant les strophes en decrescendo et offrant les mots comme des corps à entendre autant qu’à voir.

Les artistes

Françoise Sullivan est entrée dans l’histoire à la fois comme danseuse, chorégraphe et artiste en arts visuels. Elle fut l’un des membres fondateurs du groupe des Automatistes auprès de Paul-Émile Borduas et signataire du manifeste Refus global en 1948. À compter des années 1960, son travail se diversifie alors qu’elle s’adonne à la sculpture, la photographie, l’installation et la performance. C’est pourtant la peinture qui l’attire le plus intensément au fil des ans et elle continue de s’y employer avec une énergie impressionnante aujourd’hui. Plusieurs raisons contribuent à faire de Françoise Sullivan l’une des figures marquantes de l’histoire de l’art du Québec et du Canada, ce dont témoignent les nombreuses distinctions qui lui ont été décernées : Prix Paul-Émile Borduas, Ordre du Québec et Ordre du Canada, Prix du Gouverneur général du Canada, Prix Gershon Iskowitz, etc. Ces marques de reconnaissance viennent souligner le parcours exceptionnel et la diversité créatrice de son œuvre et de sa prodigieuse carrière. Il faut rappeler les rétrospectives du Musée d’art contemporain de Montréal (1981), du Musée national des beaux-arts du Québec (1993), du Musée des beaux-arts de Montréal (2003) et du Musée des beaux-arts de l’Ontario (2010) et souligner, parmi le nombre impressionnant de participations à des expositions collectives au Canada, en Europe et aux États-Unis, On Line: Drawing Through the Twentieth Century au Museum of Modern Art de New York (2010) et The Automatiste Revolution: Montreal 1941-1960 successivement à la Varley Art Gallery, Unionville, Ontario (2010) et à l’Albright-Knox Art Gallery de Buffalo. Elle est représentée par la Galerie Simon Blais de Montréal.

Danseuse pendant plus de 15 ans, principalement pour le Groupe Nouvelle Aire et Fortier Danse Création, détentrice d’un doctorat en Arts et Sciences de l’Art de l’Université Paris VIII, Michèle Febvre a fait partie du corps professoral du département de danse de l’UQAM dès son ouverture en 1979 et jusqu’à sa retraite en 2004. Elle a publié Danse contemporaine et théâtralité (Paris, Édition Chiron, 1995), dirigé La danse au défi (Parachute,1987), codirigé « Danse et altérité » pour la revue Protée (2001) et participé aux collectifs Corps témoins (Herbes Rouges,1991 et 1992), Jean-Pierre Perreault, chorégraphe (Herbes Rouges,1991) et Les vendredis du corps(FIND\Cahiers de Théâtre Jeu,1993), Ode au corps. Une histoire de danse (Banff CenterPress, 2002). Elle est responsable de publication et coauteure de Jean-Pierre Perreault. Regard Pluriel (2001), Jean-Pierre Perreault. Alternate Visions (2004) et de Anatomie du vertige. Ginette Laurin : vingt ans de création (2005) aux Éditions Les heures bleues. Elle a également collaboré aux revues ProtéeSpiraleJeu et au catalogue Françoise Sullivan, édité par le Musée des Beaux-Arts de Montréal (2003). Elle était récemment interprète du solo Cheese du chorégraphe Nicolas Cantin.

Chorégraphe, interprète et pédagogue, Paul-André Fortier a créé à ce jour une cinquantaine d’œuvres. Bardé de prix et de distinctions, dont le prestigieux Prix du Gouverneur général de la réalisation artistique 2012, ce pionnier de la danse contemporaine québécoise se caractérise par la rigueur et l’élégance de son style, un intérêt pour les tensions personnelles ou sociétales et son gout des contraintes et du risque, qui s’est particulièrement exprimé dans Solo 30X30 (2006) et dans l’approche plus performative de ses œuvres récentes. Attiré par la danse dans la vingtaine, il participe aux premières créations d’Édouard Lock et de Daniel Léveillé au sein du Groupe Nouvelle Aire, où il signe bientôt des chorégraphies provocatrices et transgressives. Après un séjour de perfectionnement à Paris, il fonde Fortier Danse-Création à Montréal en 1981. Il multiplie les collaborations avec des plasticiens tels que Betty Goodwin, Pierre Bruneau, Takao Minami, Edward Poitras et Rober Racine. À Montréal, il présentait récemment Misfit Blues au Festival TransAmériques et était du projet Pluton – acte 2 de La 2e porte à gauche.
fortier-danse.com

Originaire d’Ottawa, Dana Michel est aujourd’hui installée à Montréal. Ex-sportive professionnelle, elle est diplômée du BFA en danse contemporaine de l’Université Concordia. En 2013, elle signe Yellow Towel, un solo acclamé par la critique, présenté en première au Festival TransAmériques (FTA), qui la propulse sur la scène internationale. L’œuvre a figuré dans le top dix du magazine new-yorkais Time Out et un prix spécial a été accordé à l’artiste au prestigieux festival ImPulsTanz de Vienne pour souligner l’excellence de sa production artistique. Ses productions ont été présentées dans plusieurs villes d’Amérique du Nord, d’Europe et du Royaume-Uni. Elle est artiste en résidence à l’Usine C et à Dancemakers depuis 2015. Lors de la dernière édition du FTA, elle présentait Mercurial George, solo par la suite accueilli en tournée dans de nombreux festivals internationaux.

Formée dès son jeune âge en musique puis au collégial en création littéraire, Myriam Arseneault poursuit sa formation en danse contemporaine au département de danse de l’UQAM depuis 2014. Interprète sensible et charismatique, elle danse pour la compagnie Je suis Julio lors du Festival Quartiers Danses en 2015 et pour l’exposition do it Montréal à la Galerie de l’UQAM en 2016, sous la direction de Danièle Desnoyers. Myriam est habitée par l’art et l’iconographie religieuse qu’elle aborde lors de la création de Virgin Weight, un solo qu’elle interprète et présente à Passerelle 840. Touchée par les bienfaits de l’art communautaire, elle offre des ateliers de création en danse dans le cadre d’un stage au centre Paul-Émile Léger, résidence pour personnes ayant un handicap physique. Son enthousiasme pour la recherche en mouvement est nourri par divers projets étudiants et professionnels, notamment avec la compagnie de théâtre Matériaux composites. Myriam approfondit son vocabulaire gestuel grâce au GAGA, aux arts martiaux et aux diverses approches somatiques.

C’est d’abord à travers la gymnastique et le cirque acrobatique qu’Andréa Corbeil s’initie aux pratiques corporelles. Sa rencontre avec Marie-Ève Albert, fondatrice de la ligue d’improvisation dansée Les Imprudanses, l’initie à la danse et l’incite à poursuivre sa formation au baccalauréat en danse à l’UQAM. À l’aboutissement de son parcours universitaire, elle est récipiendaire de la Bourse William-Douglas, remise à une étudiante se démarquant par son implication et l’excellence de son dossier académique. Comprendre l’être humain est depuis longtemps au centre de ses préoccupations et c’est en ce sens qu’elle s’investit dans l’étude du yoga, obtenant le titre d’enseignante en 2015. Parmi les œuvres de son cru, elle mène à terme en 2016, dans un désir d’engagement social pour la condition des femmes, le projet Mont de Vénus présenté au Théâtre Aux Écuries. On compte, parmi les artistes émergents pour qui elle a eu la chance de danser, des créateurs comme Sasha Kleinplatz, Helen Simard et Raphaëlle Perreault. Dans les dernières années, elle a pris part comme interprète aux créations Playdate de la 2e Porte à gauche et Adoptée vive de Pascale Talbot, en plus de participer à l’exposition do it Montréal à la Galerie de l’UQAM, sous la direction de Danièle Desnoyers. Depuis peu, elle travaille comme interprète pour Dave St-Pierre.

Denis Lavoie est diplômé du programme d’interprétation du département de danse de l’UQAM et a œuvré à titre de danseur auprès de plusieurs chorégraphes jusqu’en 1992. Par la suite, c’est comme concepteur de costumes, surtout en danse et en théâtre, qu’il fait sa marque. Il figure, entre autres, au programme des productions de Fortier Danse-Création (Paul-André Fortier), Le Carré des Lombes (Danièle Desnoyers) Cas Public (Hélène Blackburn), O Vertigo (Ginette Laurin), ainsi que des Grands Ballets Canadiens, du Ballet national du Canada, des Ballets Jazz de Montréal, du American Ballet Theater, du San Francisco Ballet et du Théâtre National de Slovaquie. Il conçoit en 1994, la garde-robe de Mick Jagger pour le Vodoo Lounge Tour des Rolling Stones. Au théâtre, Denis Lavoie collabore avec plusieurs metteurs en scène dont Claude Poissant, Martin Faucher, Fernand Rainville et Serge Postigo. Parallèlement à ses activités de concepteur, il poursuit depuis plus de dix ans un travail de formation en dispensant cours, séminaires et ateliers sur le costume pour différentes institutions d’enseignements et organismes.

Nicolas Patry est diplômé de l’École de danse contemporaine de Montréal (2008). Son cheminement est grandement nourri par sa rencontre avec l’artiste Mélanie Demers alors qu’il se joint à l’équipe de Mayday pour la création de Junkyard/Paradisen 2009. Ces dernières années, il a collaboré entre autres avec Pigeons International, Thierry Huard, Virginie Brunelle et Fleuve Espace Danse – Chantal Carron. Il explore présentement les univers de Parts & Labour pour la nouvelle création La vie attend et d’Estelle Clareton et Olivier Kemeid pour La nuit solitaire, toutes deux prévues pour 2017. Il intègre l’équipe du Carré des Lombes de Danièle Desnoyers en 2013 pour l’ensemble du répertoire de la compagnie. Nicolas s’entraine assidument en Continuum Movement avec Linda Rabin et en Qi Gong avec Fragments libres – Marie-Claude Rodrigue.

Christiane Pasquier a beaucoup joué au théâtre, interprétant des classiques :  Les Femmes savantes de Molière (TNM, mise en scène de Denis Marleau), Bajazet (Espace GO, mise en scène de Claude Poissant) Andromaque de Jean Racine (TNM, mise en scène de Lorraine Pintal); et des personnages de fables contemporaines, notamment dans les mises en scène de Denis Marleau : Les Reines (Théâtre d’aujourd’hui) et Ce qui meurt en dernier (Espace GO) de Normand Chaurette, Le Complexe de Thénardier de José Pliya (Espace GO), Une Fête pour Boris de Thomas Bernhard (Festival d’Avignon, Usine C), ainsi que dans Le Dieu du carnage de Yasmina Reza, mis en scène par Lorraine Pintal au TNM. On l’a vue aussi dans Marivaux (Le Prince travesti) et Musset (On ne badine pas avec l’amour), deux mises en scène de Claude Poissant. À la télévision, elle était Gisèle dans la série Les Hauts et les bas de Sophie Paquin et Claudette dans Les Beaux Malaises. Elle est présentement Colette dans Mémoires vives et Carole dans Catastrophe. Elle a aussi mis en scène Les Femmes savantes de Molière (Théâtre du Trident), Credo de Enzo Cormann (Espace GO) ;  Elle est là (Espace GO) et Pour un oui ou pour un non de Nathalie Sarraute (Prospero) et mis en lecture un Portrait de Gertrude Stein (Festival de Trois).  Au cinéma, on l’a vue notamment dans Le bonheur des autres de Jean-Philippe Pearson.

Exposition liée