12_GFagen_SchemeforPostTruth_600pxGraham Fagen, Scheme for Post Truth, 2016, détail d’une série de 18 dessins, encre de Chine, émail et or 23 carats, 38 x 57 cm. Avec l’aimable permission de l’artiste.

Graham Fagen. Complainte de l'esclave

Commissaire : Louise Déry

24 février au 8 avril 2017
Vernissage : jeudi 23 février 2017, 17 h 30 

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La Galerie de l’UQAM et la commissaire Louise Déry présentent la première exposition individuelle au Canada de l’Écossais Graham Fagen, en proposant une installation vidéographique et musicale emblématique de sa recherche : The Slave’s Lament. L’artiste de Glasgow, qui a représenté avec beaucoup de succès l’Écosse à la Biennale de Venise de 2015, s’est intéressé à la traite des esclaves, au traitement inhumain des populations déportées et à l’implication écossaise en Jamaïque. Plusieurs dessins et photographies s’ajoutent à cette œuvre majeure pour permettre une extrapolation plus riche des motifs qui opposent identité nationale et identité culturelle.

L’exposition est présentée dans le cadre du Mois de l’histoire des Noirs à Montréal.

L'exposition

Complainte de l’esclave propose un ensemble d’œuvres de l’artiste multidisciplinaire Graham Fagen sur le thème de l’esclavagisme et de l’implication écossaise dans le sort des populations africaines déportées dans les Caraïbes au 18e siècle. Les dessins présentant l’aspect de masques ou de portraits, les photographies de paysage marin ainsi que l’imposante installation vidéographique et musicale réunis dans cette exposition explorent les tensions et les émotions provoquées par le colonialisme et la traite des esclaves noirs. Alors que les manifestations de réconciliation et de rédemption nous mobilisent aujourd’hui de manière sensible par rapport à l’asservissement économique et à l’oppression culturelle des peuples – qu’ils soient autochtones, issus de l’immigration ou soumis aux formes actuelles d’une servitude sournoise –, le questionnement national et identitaire que pose Graham Fagen s’érige avec une rare pertinence sur une critique de l’héritage culturel et social.

C'était au doux Sénégal
Que par mes ennemis je fus asservi,
Pour les terres de Virginie–ginie, oh !
Arraché de cette charmante côte,
Je ne la reverrai plus jamais,
Et hélas ! Je suis usé, usé, oh ! […]

 - Robert Burns, The Slave’s Lament, 1792, traduction de Pierre Mathé

L’installation intitulée The Slave’s Lament, qui constitue le cœur de l’exposition à la Galerie de l’UQAM, renvoie à un poème lyrique de 1792 attribué au poète national de l’Écosse Robert Burns et propose la réflexion de ce dernier quant à la situation de l’esclavage. Interprétée par le célèbre chanteur reggae Ghetto Priest, qu’accompagnent des musiciens du Scottish Ensemble, The Slave’s Lament nous hante par sa mélodie poignante et le récit troublant d’un Sénégalais contraint à l’exil et au destin d’esclave et qui pleure son pays. Graham Fagen a filmé de près le chanteur et les musiciens, puis morcelé les temporalités pour recomposer de manière épique une ode à l’identité, celle qui nous est léguée, qui nous est usurpée ou que l’on adopte. La caméra scrute de près les regards et les gestes. Elle s’attarde à certains détails comme pour traquer ce potentiel d’authenticité et d’identité à sauvegarder et à partager.

Une publication accompagnant l’exposition sera lancée à l’automne 2017.

L'artiste

Graham Fagen est un des artistes les plus influents de l’Écosse aujourd’hui. Ses œuvres mélangent les disciplines et sont présentées sur plusieurs continents. Il combine la vidéo, la performance, la photographie, la sculpture, le texte, la musique et la botanique. Plusieurs thèmes récurrents de sa pratique, comme les fleurs, les voyages et les chansons populaires, constituent des tentatives de comprendre les forces qui façonnent nos existences.

Graham Fagen a étudié à la Glasgow School of Art (1984-1988, BA) et au Kent Institute of Art and Design (1989-1990, MA). Il est maître de conférences au Duncan of Jordanstone College of Art & Design à Dundee. En 1999, Fagen a été invité par l’Imperial War Museum de Londres à travailler comme artiste de guerre officiel au Kosovo, et à partir de ce moment, il a extensivement exposé au Royaume-Uni et à l’étranger. En 2015, Graham Fagen a représenté l’Écosse à la 56e Biennale de Venise. Parmi les nombreuses expositions auxquelles il a participé, mentionnons : The Mighty Scheme, Dilston Grove et CPG London, Londres (2016), GENERATION: 25 Years of Contemporary Art from Scotland, Scottish National Gallery of Modern Art, Édimbourg (2015), In Camera (avec Graham Eatough), La Friche la Belle de Mai, Marseille (2015), Cabbages in an Orchard, Glasgow School of Art (2014), Bloodshed, Victoria & Albert Museum, Londres (2004), Art of the Garden, Tate Britain, Londres (2004), Golden Age, Institute of Contemporary Art, Londres (1999) et Zenomap, Scotland + Venice, 50e Biennale de Venise (2003). grahamfagen.com

La commissaire

Louise Déry (doctorat en histoire de l’art) est directrice de la Galerie de l’UQAM et professeure associée au département d’histoire de l’art de l’UQAM. Auparavant conservatrice au Musée national des beaux-arts du Québec et au Musée des beaux-arts de Montréal, elle a été commissaire de nombreuses expositions incluant Daniel Buren, Giuseppe Penone, Rober Racine, Sarkis, Nancy Spero, David Altmejd, Dominique Blain, Françoise Sullivan, Michael Snow, Stéphane La Rue, Raphaëlle de Groot, Artur Żmijewski, Manon de Pauw, et plus récemment Aude Moreau, pour ne citer que ces exemples. On lui doit une trentaine d’expositions d’artistes canadiens à l’étranger dont une douzaine en Italie, ainsi qu’en France, en Suisse, en Belgique, en Espagne, en Turquie, aux États-Unis et en Asie. Elle a été commissaire du pavillon du Canada à la Biennale de Venise avec une exposition de David Altmejd (2007). Lors des Biennales de Venise de 2013 et 2015, elle a présenté des performances de Raphaëlle de Groot et de Jean-Pierre Aubé. Elle a obtenu le Prix Hnatyshyn (2007) et le Prix du Gouverneur général du Canada (2015). Elle est membre de la Société royale du Canada.

Activités produites par la Galerie de l'UQAM

Conférence de Graham Fagen
Dans le cadre du programme ICI : Intervenants Culturels Internationaux

Mercredi 22 février 2017, 12 h 45 – 13 h 45
Université du Québec à Montréal
Pavillon des Sciences de la gestion, salle R-M110
315, rue Sainte-Catherine Est, Montréal

AfroScots, programme de films, vidéos et oeuvres sonores
Commissaires : Mother Tongue (Glasgow)
Artistes : Rayanne Bushell, Irineu Destourelles, Kapwani Kiwanga, Maud Sulter, Tako Taal et Alberta Whittle

Samedi 25 février 2017, 13 h
CDEx
Université du Québec à Montréal
Pavillon Judith-Jasmin, local J-R930
405, rue Sainte-Catherine Est, Montréal

AfroScots est un programme de films, vidéos et oeuvres sonores réalisés par des artistes noirs qui ont – maintenant ou dans le passé – vécu, travaillé, exposé ou étudié en Écosse. La sélection des œuvres est assurée par Mother Tongue, un duo de commissariat guidé par la recherche, fondé en 2009 et basé à Glasgow. Suite à la projection, le public aura l’occasion d’échanger dans une ambiance conviviale avec les commissaires ainsi qu’avec l’artiste Graham Fagen, qui sera présent.

Visites commentées de l'exposition en compagnie de la commissaire

Jeudi 2 mars 2017, 12 h 45 – 13 h 45
Jeudi 30 mars 2017, 17 h 30 – 18 h 30

Conférences de Charmaine Nelson et de Jennifer Carter

Lundi 27 mars 2017, 17 h
Galerie de l’UQAM

Visites commentées de l'exposition

Offertes en tout temps. Réservations requises auprès de Philippe Dumaine, 514 987-3000, poste 3280, ou dumaine_allard.philippe@uqam.ca

Partenaires

GF_appuis


01_PBoudryRLorenz_Silent_600pxPauline Boudry & Renate Lorenz, Silent, 2016, vue de l’installation à la Biennale de l’image en mouvement 2016. Photo : Annick Wetter, avec l’aimable permission des artistes et du Centre d’art contemporain de Genève.

Pauline Boudry & Renate Lorenz. Silent

En collaboration avec la Biennale de l’image en mouvement (Genève)
Direction artistique : Andrea Bellini
Commissaires : Caroline Bourgeois, Cecilia Alemani et Elvira Dyangani Ose

24 février au 8 avril 2017
Vernissage : jeudi 23 février, 17 h 30

[Plus d'informations]

La Galerie de l’UQAM et le Centre d’art contemporain de Genève s’associent pour présenter à Montréal un volet de la Biennale de l’image en mouvement 2016. Cette première collaboration s’inscrit dans une démarche de diffusion internationale de cet événement majeur qui se distingue de la plupart des biennales existantes en ce qu’il est constitué exclusivement d’œuvres nouvelles, toutes produites par le Centre et ses partenaires.

Parmi les 27 œuvres inédites produites cette année par la Biennale de l’image en mouvement, la Galerie de l’UQAM a choisi l’installation filmique Silent de Pauline Boudry & Renate Lorenz, deux artistes basées à Berlin. Présentée dans une salle d’une blancheur immaculée, Silent s’intéresse à la fois à l’expérience agressive d’être contraint au silence, et au silence comme acte de résistance performatif et puissant.

L'exposition

Silent débute par l’interprétation de 4’33’’ de John Cage (1952). Convenant à n’importe quel instrument, la partition indique à la personne qui la performe de ne rien jouer pendant les 30 secondes, 2 min 23 s et 1 min 40 s que dure chacune des trois parties. Dans l’installation de Boudry & Lorenz, la musicienne Aérea Negrot interprète 4’33’’ sur une plateforme tournante installée dans un lieu public de Berlin, l’Oranienplatz, occupé entre 2012 et 2014 par un camp de réfugiés protestataires. Aérea Negrot chante ensuite une pièce composée spécialement pour le film.

Cher président_e
Votre profil est vague,
Vous êtes sans bras, sans cheveux, sans jambes, et sans sexe
Votre ennemi est votre amant_e
J’ai besoin de maquillage, de sous-vêtements et d’hormones!

- Aérea Negrot dans Silent de Pauline Boudry & Renate Lorenz

Le silence a été décrit tantôt comme une expérience violente – « être réduit au silence » –, tantôt comme une puissante performance de résistance – réalisée par divers mouvements de désobéissance civile partout dans le monde. Silent cherche à savoir de quelle façon les deux s’entremêlent. L’œuvre est centrée sur la performance d’un acte silencieux, capable pourtant de faire place à l’agentivité, à la force et même au plaisir sans effacer les traces de violence ni la vulnérabilité. Entre « être en silence » et « se faire entendre », le film propose de percevoir un dialogue plutôt qu’une relation d’exclusion mutuelle.

Les artistes

Travaillant en duo depuis 2007, Pauline Boudry & Renate Lorenz proposent des installations cinématographiques et des performances revisitant des documents du passé, photos, partitions ou films, puisant dans l’histoire des moments queer effacés ou illisibles. Ces travaux présentent des corpus qui sont en mesure de traverser et de tisser des liens entre les époques, laissant présager ainsi la possibilité d’un futur queer. Parmi leurs expositions solo récentes, on compte Portrait of an Eye, Kunsthalle Zürich (2015), Loving, Repeating, Kunsthalle Wien, Vienne (2015), Patriarchal Poetry, Badischer Kunstverein, Karlsruhe (2013), Aftershow, CAPC, Bordeaux (2013), Toxic Play in Two Acts, South London Gallery, Londres (2012), Contagieux! Rapports contre la normalité, Centre d´art contemporain de Genève (2011). Plusieurs catalogues s’intéressent à leur pratique : Temporal Drag, Hatje Cantz (2011), Aftershow, Sternberg Press (2014) et I Want, Sternberg Press (2016). À Montréal, on aura récemment pu apprécier leur travail dans l’exposition individuelle To Valerie Solanas and Marilyn Monroe in Recognition of their Desperation à La Centrale Galerie Powerhouse au printemps 2016. boudry-lorenz.de

La Biennale de l'image en mouvement

Depuis sa création en 1985, la Biennale de l’image en mouvement se positionne comme une plateforme artistique de dialogue et d’échanges d’idées. Elle explore les vastes territoires des images en mouvement et cherche à donner du sens à cet extraordinaire foisonnement d’images qui envahit de plus en plus l’ensemble de la création contemporaine. Organisée par le Centre d’art contemporain de Genève, la Biennale de l’image en mouvement 2016 réunissait, du 9 novembre 2016 au 29 janvier 2017, 27 œuvres inédites, commandées, produites ou coproduites par le Centre d’art contemporain pour l’occasion. Elles prenaient la forme d’installations, de performances et de films. Sous la direction artistique d’Andrea Bellini, directeur du Centre d’art contemporain de Genève, la Biennale de l’image en mouvement 2016 était commissariée par Cecilia Alemani, directrice et curatrice de la High Line Art (New York), Caroline Bourgeois, curatrice et conservatrice de la Pinault Collection (Paris) et Elvira Dyangani Ose, curatrice, chargée de cours à la Goldsmiths University of London et conseillère pour la Fondazione Prada.

Activités produites par la Galerie de l'UQAM

Visites commentées de l'exposition

Offertes en tout temps. Réservations requises auprès de Philippe Dumaine, 514 987-3000, poste 3280, ou dumaine_allard.philippe@uqam.ca

Appuis

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02_AlbertaWhittle_MammmmmmywataAlberta Whittle, Mammmmmmmyyywata Presents Life Solutions International, 2016, image tirée du film. Avec l’aimable permission de l’artiste.

AfroScots

Programme de films, vidéos et oeuvres sonores

Commissaire : Mother Tongue (Glasgow)
Artistes : Rayanne Bushell, Irineu Destourelles, Kapwani Kiwanga, Maud Sulter, Tako Taal et Alberta Whittle

25 février 2017, 13 h

Lieu : CDEx
Université du Québec à Montréal
Pavillon Judith-Jasmin, local J-R930
405 Ste-Catherine Est, Montréal

[Plus d'informations]

La Galerie de l’UQAM invite le duo de commissaires Mother Tongue, basé à Glasgow en Écosse, à proposer un programme de films, vidéos et œuvres sonores. Sous le titre AfroScots, ce programme rassemble des œuvres de six artistes d’ascendance africaine ou caribéenne ayant, à certains moments de leurs carrières, vécu, exposé et travaillé en Écosse. Les œuvres se côtoient et se répondent ici pour esquisser une réflexion identitaire d’une indéniable actualité.

La projection est organisée dans le cadre du Mois de l’histoire des noirs à Montréal et en dialogue avec l’exposition Graham Fagen. Complainte de l’esclave, à voir à la Galerie de l’UQAM du 24 février au 8 avril 2017.

AfroScots

« AfroScots » est un terme qui fait référence aux personnes d’ascendance africaine ou caraïbéenne vivant en Écosse. Relativement récent, il a gagné en popularité depuis une dizaine d’années. Il ne s’agit pas d’une catégorie officielle établie par le gouvernement, plutôt d’un référent identitaire informel issu de la population. L’expression est de plus en plus présente dans le domaine public, mais elle demeure problématique à certains égards.

Dans le cadre de ce programme de vidéos, le terme « AfroScots » est employé comme moyen de tracer le contour d’un groupe de praticiens dont le travail s’étend sur trois générations et qui ont – maintenant ou dans le passé – vécu, travaillé ou étudié en Écosse. Composé d’œuvres filmiques, vidéographiques et sonores, le travail de six de ces artistes est rassemblé pour la première fois dans un même espace et invité à dialoguer. Ce faisant, le programme veut donner lieu à de nouvelles lectures et interprétations des œuvres et mettre au jour le terrain qu’elles partagent éventuellement.

Dans la préparation de ce programme, la méthode privilégiée a consisté à récupérer des œuvres existantes, mais le contexte était tel que certains participants ont choisi de réagir par une nouvelle œuvre. Celles qui ont été retenues ont en commun de négocier des identités nouvelles et en mouvance, autour de thèmes récurrents comme les relations interpersonnelles (famille, amitié, sexualité) et la langue. Le programme cherche de plus à ouvrir le dialogue sur la diversité des arts en Écosse, et à interroger les notions de présence et de visibilité.

Les artistes

Née à Glasgow, d’ascendance écossaise et ghanéenne, Maud Sulter (1960-2008) était écrivaine, poète, dramaturge, historienne de la culture et artiste ; son œuvre regroupe des installations, des photographies et des vidéos. Titulaire d’une maitrise en théorie photographique, elle s’est fait connaitre en 1986 à titre de commissaire de l’exposition Check It au Drill Hall de Londres, et comme artiste lors de l’exposition The Thin Black Line mise sur pied par Lubaina Himid à l’ICA. Par la suite, son travail a été présenté au Victoria and Albert Museum, en 1987 ; à la Biennale de Johannesburg, en 1996 ; et à la Scottish National Portrait Gallery, en 2003. Elle a fondé et dirigé la galerie londonienne Rich Women of Zurich, qui fait la promotion de la diversité culturelle et des artistes en milieu de carrière. Les œuvres de Maud Sulter figurent dans les collections du Victoria and Albert Museum, du British Council et du Scottish Arts Council, et dans l’Arts Council Collection et la Scottish Parliament Collection, entre autres.

D’abord étudiante en anthropologie et religions comparées à l’Université McGill, puis inscrite au programme La Seine de l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris, Kapwani Kiwanga a été artiste en résidence à l’École nationale supérieure des Beaux-Arts, à Paris ; au Fresnoy - Studio national des arts contemporains, à Tourcoing ; à la fondation Mu, à Eindhoven ; et à la galerie Le Manège, à Dakar. Ses films et vidéos ont été sélectionnés pour deux prix BAFTA, et récompensés dans divers festivals internationaux. Des expositions lui ont été consacrées au Centre Pompidou et à la Fondation Ricard, à Paris ; au Centre of Contemporary Art, à Glasgow ; à Paris Photo ; et à Art Catalyst, à Londres.

Alberta Whittle est une artiste, chercheuse et éducatrice barbadienne. Sa pratique consiste à chorégraphier des installations interactives, des interventions et des performances, œuvres in situ présentées dans des lieux publics ou privés. Au premier plan de ses recherches : une analyse des stratégies créatives employées pour mettre en cause l’autorité du pouvoir postcolonial, ses conséquences et son héritage. Alberta Whittle a participé à diverses expositions solos et collectives, notamment au pavillon de Johannesburg de la 56e Biennale de Venise ; à Framer Framed, à Amsterdam ; à la galerie David Dale, en Écosse ; à Bozar, à Bruxelles, et à la National Art Gallery, aux Bahamas. En 2016, The Polity of Φ, un projet de recherche entrepris avec l’artiste et écrivain Deniz Uster, a été présenté à la galerie Intermedia à l’occasion de l’International Arts Festival de Glasgow.

Sur différents supports, et souvent en explorant les interstices entre la peinture, le texte et l’image en mouvement, Irineu Destourelles raconte ses expériences des lieux et de leurs pratiques sociales, avec un intérêt particulier pour la reproduction du discours colonial en contexte contemporain. Il est né au Cap Vert, une ancienne colonie portugaise d’Afrique de l’Ouest, puis a déménagé à Lisbonne quand il avait quatre ans. Il a reçu sa formation à la Willem de Kooning Akademy de Rotterdam, et au Central St. Martins College of Art & Design, et ses œuvres vidéographiques ont été projetées à la Transmediale de Berlin, à l’ICA de Londres et à la Hangar Bicoca de Milan, entre autres. Irineu Destourelles vit à Édimbourg, en Écosse.

Née au Pays de Galles, d’ascendance gambienne et galloise, Tako Taal a obtenu en 2015 un baccalauréat ès arts avec spécialisation en pratique des arts contemporains de la Gray’s School of Art d’Aberdeen. Avant ses études, elle a travaillé en cinéma pour une boite de production indépendante de Berlin. Ses projets les plus récents comprennent Tracing the [public] Garden Wall, à Glasgow ; Only the Improvisation remains Constant, à Aberdeen; et RSA New Contemporaries, à Édimbourg. Tako Taal vit à Glasgow.

Rayanne Bushell vit à Glasgow, en conflit incessant avec un lieu qui serait le sien. Motivés par un désir d’interroger l’histoire et ce qu’elle nous a laissé, les projets de Rayanne explorent (et collaborent afin de créer) les espaces et les pratiques physiques et virtuels conçus par les personnes de couleur en quête de sécurité et luttant pour survivre. Rayanne produit des œuvres photographiques, textuelles et sonores, organise en même temps des ateliers, des fêtes et une bibliothèque, et siège à un comité de la galerie Transmission, un centre d’artistes autogéré de Glasgow.

 

Les commissaires

Fondé en 2009 par Tiffany Boyle et Jessica Carden, Mother Tongue est un collectif de commissaires d’expositions indépendants guidés par la recherche. Leur pratique du commissariat d’expositions recoupe leurs champs d’intérêt en recherche, notamment (et non exclusivement) le postcolonialisme, le langage, la traduction, le patrimoine, les identités, le fait d’être autochtone, la migration et le mouvement. Depuis 2009, Mother Tongue a produit des expositions, des programmes de films, des évènements discursifs, des collections d’affiches et des émissions radiodiffusées, en partenariat avec des galeries, des musées et des festivals.

Le collectif a entreprit des résidences en Écosse, en Suède, en Finlande et à La Barbade, après avoir participé au programme CuratorLab du College of Arts, Crafts and Design de l’Université Konstfack, à Stockholm. Mother Tongue est l’une des équipes de partenaires derrière la nouvelle bourse Tilting Axis, qui offre à un praticien des Caraïbes la possibilité de consacrer une année à des recherches, dans la région et en Écosse. La bourse est financée par le British Council – Scotland, et offerte en collaboration avec le CCA de Glasgow, la galerie David Dale et Hospitalfield. Mother Tongue bénéficie en ce moment  d’une subvention de recherche du Paul Mellon Centre for Studies in British Art pour la réalisation future d’une exposition AfroScots, qui repose sur des recherches en archives et dans des collections et rassemble dans un même récit, pour la première fois, le travail d’artistes noirs en Écosse, dans une perspective à la fois historique et actuelle. mothertongue.se

 

Appuis

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Conseil des arts du Canada Conseil des arts du Canada

GALERIE DE L’UQAM

Université du Québec à Montréal
1400, rue Berri, Pavillon Judith-Jasmin, Local J-R 120
Montréal, Québec
Ouvert du mardi au samedi, de midi à 18h.
Entrée libre