2009_Genevieve_Cadieux© Geneviève Cadieux, Sans titre (Œil), 1991
Épreuve argentique, 103 x 131 cm. Collection d’œuvres d’art de l’UQAM, don d’Anne-Marie Cadieux

Loin des yeux près du corps
Ghada Amer, Caroline Boileau, Louise Bourgeois, Marie-Claude Bouthillier, Geneviève Cadieux, Caroline Gagné, Betty Goodwin, Anne-Marie Ouellet, Kiki Smith, Angèle Verret

Commissaire :  Thérèse St-Gelais

 

13 janvier au 18 février 2012
Vernissage : jeudi 12 janvier à 17 h 30

 

[Plus d'informations]

La Galerie de l'UQAM présente, à compter du 13 janvier 2012, Loin des yeux près du corps, une exposition collective dont le commissariat est assuré par Thérèse St-Gelais. L’exposition présente des œuvres qui rendent perceptibles des expériences sensitives que le regard seul ne peut saisir. Elle rassemble des œuvres de Ghada Amer, Caroline Boileau, Louise Bourgeois, Marie-Claude Bouthillier, Geneviève Cadieux, Caroline Gagné, Betty Goodwin, Anne-Marie Ouellet, Kiki Smith et Angèle Verret. Le vernissage aura lieu le jeudi 12 janvier, à 17 h 30, à la Galerie. Une publication substantielle accompagnant l’exposition sera également lancée.

L'exposition

Le regard peine parfois à voir l’œuvre qu’il a devant lui, alors que le corps s’active, malgré lui, à la recevoir. Or, c’est à rendre visible cette sensibilité que se consacre Loin des yeux près du corps. Au-delà du regard, c’est au corps, à ses expériences sensitives, à sa mémoire viscérale que les artistes présentées ici s’adressent. Comme si les images qu’elles produisent s’imprégnaient d’une corporalité indissociable de leur manière de voir le monde. Les artistes choisies, toutes des femmes, partagent cette volonté de rejoindre l’autre par des voies où l’expérience de l’œuvre, celle des affects et du désir, ne tient pas compte de la distance imposée par le regard.

Loin des yeux près du corps ne cible pas des artistes dont la démarche serait explicitement liée à la représentation de marqueurs féminins. Elle veut plutôt montrer des modes de travail qui relient les corps aux manières de faire. Elle se fonde sur le principe que nos ancrages dans les espaces de vie, comme dans ceux de la réflexion ou de la création, sont indissociables les uns des autres. Ces expériences qui appartiennent à la mémoire du corps et au travail de l’esprit, surtout si elles se jumellent à des engagements sociaux, ne peuvent se penser sans lien entre elles. À distance de l’intime, loin d’une saisie de visu, le regard se fait ici réceptacle d’une mémoire corporelle à partager.

Thérèse St-Gelais, professeure au Département d'histoire de l'art de l'UQAM, mène depuis plusieurs années une vaste étude sur l’histoire de l’art des femmes et propose ici une réflexion critique en appui sur des considérations aussi bien sociologiques et iconographiques qu’esthétiques.

La publication

L’ouvrage Loin des yeux près du corps. Entre théorie et création rassemble des essais portant sur la production actuelle de créatrices, toutes formes d’art confondues. En première partie, l’ouvrage se concentre sur les œuvres de l’exposition, tandis que la seconde partie regroupe des textes qui se penchent sur les liens étroits entre la théorie et la création dans le travail de femmes artistes, auteures, historiennes et théoriciennes. Ensemble, ces essais et ces œuvres montrent combien le corps et l’esprit fusionnent lorsqu’ils s’engagent dans l’affirmation d’une identité sans cesse à revoir. La publication est produite en coédition avec les Éditions du remue-ménage.

Auteures : Thérèse St-Gelais, Sylvie Fortin, Émilie Houssa, Joanne Lalonde, Anne-Marie St-Jean Aubre, Mercédès Baillargeon, Catherine Cyr, Stéphane Martelly, Lori Saint-Martin, Jocelyne Lupien, Frieda Ekotto, Martine Delvaux, Isabelle Boisclair, Catherine Mavrikakis, Elvan Zabunyan, Audrey Laurin, Liza Petiteau, Sophie Stévance, Jacinthe Dupuis

182 pages / En français 35 $

Appuis

Conseil des arts et des lettres du Québec, Conseil des Arts du Canada, Université du Québec à Montréal
Caroline Gagné remercie le Conseil des arts et des lettres du Québec, Est-Nord-Est, Avatar, La Bande Vidéo et Oboro pour leur contribution à la production de son œuvre.

Nadia Seboussi, Le dernier été de la raison (œuvre en cours), vidéo © Nadia Seboussi© Nadia Seboussi, Le dernier été de la raison, 2011, vidéo

Nadia Seboussi. Le dernier été de la raison

Finissante à la maîtrise en arts visuels et médiatiques, UQAM

 

13 janvier au 18 février 2012
Vernissage : jeudi 12 janvier à 17 h 30

 

[Plus d'informations]

Le dernier été de la raison est une œuvre vidéographique qui réunit les témoignages de photographes ayant contribué à la couverture médiatique la décennie noire en Algérie (1990-2000). Celle-ci correspond à la durée de la guerre civile algérienne, qui a plongé le pays dans une folie meurtrière, où se sont succédés attentats et massacres. Vingt ans après, l’œuvre retourne sur la tragédie pour questionner la mémoire au présent.

L’histoire des sociétés est marquée par une série de violences. Certaines sont arrivées à « dompter » ces violences sociales et politiques, d’autres – telles l’ex-Yougoslavie, le Rwanda, l’Algérie – ont connu des guerres civiles ces dernières années. C’est la représentation visuelle de cette violence à visée politique que l’artiste Nadia Seboussi a choisi de questionner dans son exposition Le dernier été de la raison. Présentée à la Galerie de l’UQAM du 13 janvier au 18 février, l’exposition de cette finissante à la maîtrise en arts visuels et médiatiques tente de restituer la réalité sociopolitique de la guerre civile algérienne (1990-2000), une guerre qui a opposé l’aile politique et armée de la mouvance islamique à la dictature militaire au pouvoir.

L'exposition

Le titre Le dernier été de la raison est tiré du dernier roman inachevé de l’écrivain, poète et journaliste Tahar Djaout. C’est cet homme qui a malheureusement inauguré la liste des intellectuels assassinés au début du conflit, en 1991. Le titre renvoie aussi à l’été de cette année en question à partir de laquelle l’Algérie a basculé vers une folie meurtrière qui a ravagé le pays.

L’œuvre Le dernier été de la raison est née de l’intérêt de l’artiste pour l’image de presse et de sa capacité à rendre un événement historique tel que la guerre civile, afin de comprendre comment l’image de presse participe à la transmission et à l’écriture de l’histoire. L’artiste est retournée dans son pays d’origine (l’Algérie) à la rencontre des photographes de guerre qui ont couvert cette période charnière de l’histoire politique pour saisir l’inscription photographique du conflit. Ces témoignages ont été collectés clandestinement, dans l’urgence, en raison de l’insécurité qui règne encore sur le territoire traversé par des violences politiques plurielles.

L’artiste a également demandé à la diaspora algérienne de se prononcer sur l’image de presse qui a marqué son imaginaire durant la guerre civile. Les réponses, compilées sous la forme d’un livre, traduisent toute la violence politique dont a été victime la population civile et démontrent le pouvoir qu’ont les images à produire un imaginaire de la guerre.

En galerie, une installation, composée de quatre écrans, rend compte des conditions sociopolitiques dans lesquelles les images ont été produites. Elle est accompagnée par la présentation des unes de journaux algériens parues durant la guerre civile sous la censure pratiquée par la dictature militaire. Ces premières pages de journaux témoignent de l’espace accordé à l’image de presse durant le conflit et donnent une lecture officielle des événements les plus marquants de la guerre civile. Le livre traduit, quant à lui, l’impact des images publiées sur la collectivité.

L'artiste

Née en Algérie, Nadia Seboussi vit et travaille à Montréal depuis 2002. Ses œuvres ont été montrées dans diverses expositions collectives à Montréal et en Algérie (Galerie de l’UQAM, espaces Jean-Brillant, la Galerie Art mûr, CDEX). Elle complète, avec l’exposition Le dernier été de la raison, sa maîtrise en arts visuels et médiatiques à l’UQAM, sous la direction du professeur David Tomas.

Appuis

Conseil de recherche en sciences humaines (CRSH)

2009_snow_piano_sculpture© Michael Snow, Piano sculpture, 2009, installation vidéo

Solo Snow. Œuvres de / Works of Michael Snow

Commissaire : Louise Déry


Exposition présentée à Akbank Sanat (Istanbul) en collaboration avec Le Fresnoy

18 janvier au 25 février 2012
Vernissage : 18 janvier 2012

 

[Plus d'informations]

La Galerie de l’UQAM présente, en collaboration avec Le Fresnoy, l’exposition Solo Snow. Œuvres de Michael Snow à Akbank Sanat (Istanbul). L’exposition est conçue par la commissaire et directrice de la Galerie de l’UQAM, Louise Déry. Elle a d’abord été présentée en février 2011 au Fresnoy (France). Il s’agit, avec ce projet, d’une autre collaboration fructueuse de l’artiste avec la Galerie de l’UQAM qui, en 2005, a présenté un important solo et publié un petit livre prenant pour point de réflexion l’œuvre Souffle solaire (Cariatides du Nord).

L'exposition

L’artiste multidisciplinaire Michael Snow est une des figures les plus inspirantes de la scène artistique des dernières décennies et la trentaine de photographies, projections, installations vidéographiques et œuvres sonores sélectionnées dans cette exposition veut rendre compte du caractère multidisciplinaire et expérimental de ce pionnier des arts médiatiques. Sa pratique artistique, prolifique et protéiforme, trouve à se réinventer à travers l’exploration sans cesse rejouée d’une large gamme de phénomènes visuels et acoustiques et à s’enrichir des mutations qu’autorisent de façon ininterrompue les avancées technologiques. Elle entre ainsi en parfaite résonnance avec les enjeux les plus actuels de la recherche et de la diffusion en arts médiatiques, tout en étant partie prenante de sa genèse et de son développement, ce que dévoile le caractère étonnamment avant-gardiste de plusieurs œuvres exposées.

Un important corpus réalisé depuis les années soixante jusqu’à tout récemment permet de prendre la mesure de l’œuvre de Michael Snow et de mettre en relief certains aspects récurrents de sa démarche, tels que le motif de la fenêtre comme cadrage, la relation qui se joue entre intérieur/extérieur et entre recto/verso, la métamorphose ou la condensation de l’image et du son, la mise en représentation du référent technique (photographique, filmique ou audio) et la réflexion sur l’espace et le temps.

Devant l’œuvre de Snow, toute exposition ne peut être qu’un échantillonnage, une tentative de boucler une séquence, un montage incomplet et, qui plus est, une image inachevée.  Toute exposition de Snow nous place devant un vaste territoire à arpenter, où les divers genres, procédés, dispositifs et déplacements entre les médiums nous mettent en présence et à l’écoute de sensations et de sens qui ciblent et touchent une part forcément fuyante d’un monde imaginaire et symbolique relayé par l’expérience de l’image. Le contact avec l’œuvre devient une occasion rare de s’intéresser à la nature de l’image, pour tenter à notre tour et à l’exemple de Michael Snow, d’en plier ou d’en déplier le motif, d’en ouvrir ou d’en compresser l’espace, d’en accélérer ou d’en ralentir la vitesse.

Le catalogue

Une publication bilingue, coéditée par Le Fresnoy et la Galerie de l’UQAM, accompagne l’exposition et comprend un essai de la commissaire Louise Déry en plus de textes additionnels de l’artiste, d’Érik Bullot, de Jacinto Lageira et de Stéfani de Loppinot. Le catalogue, réédité par Akbank Sanat en turc et en anglais, sera bientôt disponible.

L'artiste

Michael Snow est né à Toronto où il vit et travaille encore aujourd’hui. Artiste multidisciplinaire, il s’est illustré de façon prolifique dans les domaines de la peinture, la sculpture, la vidéo, le cinéma, la photographie, l’holographie, le dessin, l’écriture et la musique. Il réalise son premier film en 1956. Wavelength (1967) le consacre comme l’un des cinéastes importants de l’avant-garde internationale. Il a reçu de nombreux prix et distinctions soulignant la qualité et l’apport de son travail aux arts visuels et médiatiques dont le Prix du Gouverneur général pour les arts visuels et médiatiques en 2000. Il a été nommé Chevalier de l’Ordre des arts et des lettres de France en 1995 et Officier de l’Ordre du Canada en 1981. De nombreuses universités lui ont décerné un doctorat honorifique. Représentant du Canada à la XXVe Biennale de Venise en 1970, il a depuis exposé dans les plus prestigieux musées d’art moderne et d’art contemporain, réalisé des performances musicales, présenté ses films dans le cadre de plusieurs festivals internationaux et reçu de nombreuses commandes pour la réalisation d’œuvres d’art public.

La commissaire

Louise Déry détient un doctorat en histoire de l’art et dirige la Galerie de l'UQAM depuis 1997. Elle a travaillé avec de nombreux artistes tels que Manon de Pauw, Dominique Blain, Raphaëlle de Groot, Nancy Spero, David Altmejd, Stéphane La Rue, Daniel Buren, Giuseppe Penone, Sarkis, Shary Boyle, etc. Elle s’est intéressée au rapport entre le corps et la langue, à la question de l’engagement artistique et à la diffusion internationale de l’art du Québec. Elle a publié la première monograhie de l'artiste David Altmejd et a été commissaire de son exposition à la Biennale de Venise 2007. Elle a été la première lauréate du Prix Hnatyshyn pour l’excellence du commissariat en art contemporain (2007).

Appui

Conseil des Arts du Canada


Zidane_gDouglas Gordon et Philippe Parreno, ZIDANE, un portrait du 21e siècle, 2006, installation vidéo numérique à 2 canaux, 90 min, Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa © Anna lena films / Palomar Pictures

ZIDANE, un portrait du 21e siècle 
Douglas Gordon et Philippe Parreno


28 février au 14 avril 2012
Vernissage : jeudi 1er mars à 17 h 30

Exposition organisée par le Musée des beaux-arts du Canada et présentée à la Galerie de l'UQAM


[Plus d'informations]

La Galerie de l'UQAM présente l’exposition ZIDANE, un portrait du 21e siècle, de Douglas Gordon et Philippe Parreno, organisée par le Musée des beaux-arts du Canada. Mêlant football et art contemporain, l’exposition sera l’occasion d’observer l’une des vedettes sportives les plus connues de notre siècle sous un angle frôlant l’idolâtrie ou le culte.

L'œuvre

Le footballeur Zinédine Zidane a fait partie de l’équipe nationale de France qui a remporté la Coupe du Monde de 1998 de la FIFA et le Championnat d’Europe de 2000. Dans Zidane, un portrait du 21e siècle, les artistes de renommée internationale Douglas Gordon (né en 1966 à Glasgow, en Écosse) et Philippe Parreno (né en 1964 à Oran, en Algérie) ont déployé l’arsenal des conventions médiatiques contemporaines pour « peindre » un portrait de la vedette et illustrer à la fois la fabrication d’idoles et de héros dans notre culture et notre fascination à leur égard.

Pour ce film d’une durée de 90 minutes, tourné en temps réel lors d’un match de championnat opposant le Real Madrid et Villarreal, le 23 avril 2005, Gordon, Parreno et leur équipe de techniciens ont utilisé 17 caméras réparties dans le stade madrilène de Santiago Bernabéu pour filmer Zidane pendant toute la durée du match. L’installation obtenue est un montage complexe qui juxtapose des extraits filmés par chaque caméra. La bande sonore incorpore les hurlements d’une foule de 80 000 adeptes en délire, des commentaires de la télévision espagnole et la musique originale du groupe écossais Mogwaï – le tout entrecoupé de bruits de terrain et de moments complets de silence. Chaque mouvement de l’athlète est projeté plus grand que nature dans la salle sombre transformant sous notre regard scrutateur le sujet en un objet de fascination. Ce portrait intense, qui analyse le culte de la célébrité et remet en question l’image comme objet de consommation, offre au spectateur le sentiment de plonger dans l’intimité de ce héros du sport. Zidane est un portrait résolument avant-gardiste qui fusionne des genres et des médias connus et nous propose une expérience radicalement différente.

Les artistes

Douglas Gordon travaille le son, la photographie et le texte, mais il est surtout reconnu pour ses installations vidéo qui changent la relation typique entre une image et un téléspectateur pour créer des expériences visuelles fascinantes. Lauréat du Prix Turner en 1996 et du Prix Hugo Boss en 1998, il vit et travaille à New York et à Glasgow (Écosse). Le travail de Phillipe Parreno explore les concepts de narration, d’image comme marchandise et les nouvelles habitudes d’exposition. En plus d’avoir travaillé avec Douglas Gordon, il a collaboré à des projets avec Pierre Huyghe, Rirkrit Tiravanija, Carsten Höller et Maurizio Cattelan. Il est co-fondateur de Anna Sanders Films, une compagnie de production basée à Paris qui crée un cinéma qui oscille entre le documentaire et le fictif. Il vit à Paris.

Appui

Conseil des Arts du Canada

2012payette_karine_g© Karine Payette, Confort instable, 2012, photographie

Karine Payette. Confort instable

Finissante à la maîtrise en arts visuels et médiatiques, UQAM

28 février au 14 avril 2012
Vernissage : jeudi 1er mars à 17 h 30
 
[Plus d'informations]

La Galerie de l'UQAM présente l’univers trouble et ludique de Karine Payette. L’exposition de cette finissante à la maîtrise en arts visuels et médiatiques, intitulée Confort instable, réunit une série de photographies et une installation récente, dans laquelle on peut voir des scènes anonymes et génériques d’intérieur de domicile : peut-être chez-soi.

L’exposition

Confort instable est l’aboutissement d’une recherche sur l’habitation, plus particulièrement sur l’adaptation constante du confort dans un monde en perpétuelle transformation. Cette figure de la demeure est centrale dans la pratique de Karine Payette, qui aborde, de façon imagée, la précarité du monde qui nous entoure. À l’aide de matériaux usinés, tel un ventilateur de plafond et un fragment de plancher flottant, elle met en scène des environnements fictifs aux allures de tableaux suspendus. L’univers déstabilisant proposé interroge les espaces domestiques et l’impact de ces frontières sur l’individu. À travers son travail, Karine Payette questionne notre appartenance à nos logis et ce que ces lieux nous procurent : la sécurité, le confort, l’intimité.

L’exposition à la Galerie de l’UQAM nous fait voir un environnement sinistré. À travers ces ruines, on retrouve les indices du passage d’un enfant. La série photographique qui accompagne l’installation, Moments d’incertitudes, est habitée de personnages évoluant dans des espaces énigmatiques et incertains. Ces arrêts sur images nous plongent dans des récits incompréhensibles et inachevés qui se déroulent toutefois dans des lieux reconnaissables : une chambre d’enfant, un salon, une cuisine ou une cour arrière. Ces scènes fabriquées suggèrent l’instabilité et une certaine ambiguïté.

À propos de l’artiste

Karine Payette vit et travaille à Montréal. Artiste multidisciplinaire, elle a présenté ses œuvres dans des expositions collectives, notamment au Musée d’art contemporain des Laurentides (en 2009) et individuelles (Galerie SAS, 2011). En 2012, elle exposera sa nouvelle série d’installations et de photographies au Centre en art actuel, Le lieu, à Québec.

Commandites

COOP UQAM (COOPSCO), Centre du Plancher 640 Inc. et Lozeau.

Remerciements

Eloi Desjardins

2012_manondepauw_g© Manon De Pauw, L’apprentie 3, 4, 5, 2008, vue de l'exposition.

Manon De Pauw. Intrigues

Commissaire : Louise Déry

 

Exposition présentée au Centre culturel canadien, Paris


4 avril au 8 septembre 2012
Vernissage : le mardi 3 avril 2012 à 18h30

 

[Plus d'informations]

Le Centre culturel canadien à Paris et la Galerie de l’UQAM présentent, du 4 avril au 8 septembre 2012, la première exposition en France de la vidéaste et photographe Manon De Pauw. Finaliste québécoise du prestigieux prix Sobey 2011, Manon De Pauw est l’une des artistes très en vue de la scène artistique canadienne. L’exposition a été présentée au Canada à Montréal, Lethbridge, Cambridge et Rimouski.

Intrigues réunit des œuvres qui jalonnent le parcours de l’artiste depuis le début des années 2000. Photogrammes, photographies, monobandes, dispositifs performatifs et installations à projections multiples proposent des investigations aussi variées que poétiques de la lumière et de l’image. Le maniement des accessoires, des matières et des couleurs, le déploiement des gestes, des mains et des corps, le recours à divers moyens de captation et de projection mécanique et numérique et l’utilisation de surfaces d’inscription telles que le papier, la table, l’écran ou la boîte lumineuse participent de ce protocole d’expérimentation artistique qui génère une écriture visuelle traversée par divers âges de l’image.

Si Manon De Pauw explore l’apparaître de l’image – avec sa part d’imprévisible, sa matérialité en suspens, son potentiel narratif, son empreinte et sa mouvance –, c’est qu’une grande partie de son travail naît dans la chambre noire ou dans la pénombre de l’atelier. Elle sait se saisir de ce souffle si fragile de l’image en train de jaillir sous l’effet de la lumière autant qu’elle parvient à en enregistrer la fluidité lumineuse pour créer ce corps bien tangible de l’image qui s’affirme devant nos yeux. Il s’agit de ce même corps émanant, fait d’ombre et de lumière, qui, depuis les lueurs tremblantes des cavernes enténébrées de Lascaux jusqu’aux peintures à la bougie de Georges de La Tour, depuis les purs espaces chromatiques des tableaux de Claude Tousignant jusqu’aux acétates colorés de Michael Snow, réinvente sans fin les sortilèges de l’image. 

Les notions de « corps pédagogique », d’« apprenti », d’« épreuve », d’« atelier » ou de « répertoire » présentes dans les titres des œuvres définissent mieux que toutes autres la nature profonde d’une recherche centrée sur l’expérimentation et le processus d’invention de l’image. Silhouettes spectrales, corps en rotation, effets de transparence et d’opacité, lueurs fugaces ou soutenues devant les rayons de la lumière, effets de temporalité multiples et présences sonores nourries par l’arsenal technologique fabriquent un fascinant manège qui ne peut qu’intriguer le regard et relancer notre quête inassouvie d’image.

Cette présentation est une coproduction de la Galerie de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et du Centre culturel canadien. L’exposition s’inscrit dans le cadre d’une tournée organisée par la Galerie de l’UQAM avec l’appui du ministère du Patrimoine canadien, du Conseil des Arts du Canada et du Conseil des arts et des lettres du Québec.

Manon De Pauw vit et travaille à Montréal. Son travail a été présenté dans de nombreuses expositions collectives, événements et festivals, au Canada, en Europe et en Amérique Latine, notamment au Musée d’art contemporain de Montréal (2006 et 2008), au Centro Nacional de las artes à Mexico (2006), à la galerie g39 à Cardiff en Angleterre (2005) et au Musée national des beaux-arts du Québec (2004). Parmi ses expositions individuelles, notons celles de la galerie Optica et La Chambre Blanche (en collaboration avec Michel Laforest) en 2006, du centre d’exposition Expression à Saint-Hyacinthe (2005), de la galerie Sylviane Poirier art contemporain (2004) et de DARE-DARE (2003). L’artiste est diplômée de l’École des arts visuels et médiatiques de l’UQAM et enseigne la photographie à l’Université Concordia. Manon De Pauw a été finaliste du Prix Sobey 2011. http://www.manondepauw.com

Commissaire, auteure, éditrice et professeure de muséologie et d’histoire de l’art, Louise Déry détient un doctorat en histoire de l’art (1991). Elle est directrice de la Galerie de l’Université du Québec à Montréal depuis 1997. Elle a été conservateure en art contemporain au Musée national des beaux-arts du Québec et au Musée des beaux-arts de Montréal et a dirigé le Musée régional de Rimouski. Depuis les années 90, elle a travaillé avec quantité d’artistes, a publié près de 50 catalogues d’exposition et a contribué à la promotion du travail de David Altmejd, en tant que commissaire du pavillon du Canada à la Biennale de Venise 2007. Elle a remporté en 2007, année de sa création, le prix de la Fondation Hnathyshyn pour l’excellence de sa contribution comme commissaire d’exposition au Canada.

Centre culturel canadien
5, rue de Constantine - 75007 Paris
Tél : 01 44 43 21 90 - Fax : 01 44 43 21 99
Accès : Métro et RER : Invalides, Bus : 28, 49, 63, 69, 83, 93
Entrée libre du lundi au vendredi de 10h00 à 18h00, jeudi jusqu’à 19h00.
www.canada-culture.org

Pour voir la vidéo commentée par Louise Déry : http://youtu.be/Um-6snlPM0k 

 

 


passage2012_gPassage à découvert 2012 (Marie-Pier Côté, Fratzel Descadres, Catherine Dubois, Simon Bouchard) © Galerie de l'UQAM

Passage à découvert 2012
Finissants et finissantes  du baccalauréat en arts visuels et méditatiques


27 avril au 12 mai 2012
Vernissage : jeudi 26 avril à 17 h 30


[Plus d'informations]

L'exposition Passage à découvert est de retour pour faire découvrir les œuvres des artistes contemporains de demain qui occuperont les musées, galeries et écoles. Cette exposition illustre la vivacité créatrice, la curiosité et la liberté des étudiants et témoigne, une fois de plus, du professionnalisme des nouveaux diplômés ainsi que de l'engouement que génèrent leurs projets. Elle fait également ressortir la richesse et la diversité des programmes offerts par l'École des arts visuels et médiatiques, laquelle privilégie une formation pluridisciplinaire.

Grande fête de fin d'études

Le vernissage du 26 avril sera l'occasion d'une grande fête de fin d'études. Une publication regroupant les travaux de plus de cinquante étudiants finissants sera
lancée lors de cette soirée d'inauguration qui nous fera voyager du dessin à la sculpture, de la peinture à la gravure, de la photographie aux arts médiatiques.

École des arts visuels et médiatiques de l'UQAM

Depuis sa création, l'École des arts visuels et médiatiques de l'UQAM est à l'affût des transformations et des mutations des enjeux artistiques et occupe une place déterminante dans le milieu de l'art contemporain et de l'enseignement en arts visuels. En fait foi le nombre de générations d'artistes reconnus sur les plans national et international qui sont passés par cette institution, notamment David Altmejd, Gwenaël Bélanger, Valérie Blass, Belinda Campbell, Sophie Bélair Clément, Raphaëlle De Groot, Jean-Pierre Gauthier, Cynthia Girard, Michel Goulet, Pascal Grandmaison, Isabelle Hayeur et Stéphane LaRue, en plus des connivences générées par les pratiques et les approches éducatives novatrices.

fta2012_trougakos_gSoula Trougakos © Michael Slobodian

Le corps en question(s)

Création-exposition présentée dans le cadre du Festival TransAmériques 2012

 

23 mai au 16 juin 2012
Performance : 28 mai au 1er juin, de 18h30 à 21h30
Vernissage : mardi 22 mai à 17h30 

Commissaire et chorégraphe : Isabelle Van Grimde
Artistes : Derek Besant, Brennan/Caulfield/Mills, Kate Craig, Nadia Myre,
Marilene Oliver, Monique Régimbald-Zeiber
Interprètes : Marie Brassard, Sophie Breton, Robin Poitras, Soula Trougakos, Brian Webb
Vidéo : Foumalade
Musique : Thom Gossage
Lumières : Lucie Bazzo
Architecture et scénographie : Anick La Bissonnière en collaboration avec Éric Olivier Lacroix

 

[Plus d'informations]

La Galerie de l’UQAM présente, en partenariat avec Van Grimde Corps Secrets et dans le cadre du Festival TransAmériques (FTA), Le corps en question(s), une création-exposition fusionnant danse et arts visuels et médiatiques. La commissaire et chorégraphe Isabelle Van Grimde y réunit huit artistes visuels et médiatiques, cinq danseurs et deux penseurs pour questionner la façon dont les profondes mutations sociales, culturelles et technologiques des sociétés modernes affectent notre façon de conceptualiser le corps et de le lire. Les spectateurs-visiteurs sont donc invités à venir sentir la présence sensible des danseurs dans l’exposition lors de prestations pendant le FTA et s’imprégner des œuvres visuelles, médiatiques et textuelles pendant toute la durée de l’exposition.

La création-exposition

Issus d’horizons géographiques et culturels variés, ces artistes et penseurs livrent tous une vision singulière et forte du corps, le présentant dans ses dimensions les plus primales et les plus futuristes. Leurs œuvres sont mises en dialogue et en tension dans un espace visuel et sonore conçu par l’architecte-scénographe Anick La Bissonnière et par le compositeur Thom Gossage, offrant au visiteur-spectateur une expérience inusitée qui interroge et bouleverse sa propre perception du corps. La dimension protéiforme de l’exposition se retrouve dans la création chorégraphique qui diversifie les perspectives sur le corps par le choix de danseurs aux profils contrastés.

Tandis que Derek Besant fait du corps une île dans Perpetual night, œuvre qui enrobe la façade des lieux d’exposition, Sean Caulfield, Royden Mills et Blair Brennan l’évoquent dans un subtil tissage de technologies et de processus biologiques complexes et imaginaires avec Of the Named Substances.

Monique Régimbald-Zeiber juxtapose une peinture de sa peau aux informations génomiques d’une interprète dispersées sur des supports mobiles dans Le corps extrême : mariebandme. Signées Marilène Oliver, la sculpture Dreamcatcher allie image concrète et symbolique du corps et l’œuvre interactive Melanix. Execute use de l’imagerie médicale pour en offrir une vue intérieure.

Au chapitre des liens avec les sciences, la généticienne Dawna Gilchrist questionne la suprématie de l’humain sur l’animal dans The Godspark: Are we more than the sum of our DNA?

Si les Présences chorégraphiques de Van Grimde transforment radicalement le regard sur le corps dansant, Synapses, les vidéoclips qu’elle a réalisés avec les créateurs de Foumalade, poussent à l’extrême la tension entre corps primal, archaïque et corps du futur.

Darkness Separates Us, œuvre médiatique de Nadia Myre, déconstruit la gestuelle de la chorégraphe pour évoquer la mémoire du corps et Readind the Other’s Body, de l’historien Cristian Berco, aborde la notion de la lecture du corps social et de l’identité à travers la question du port du voile.

Enfin, Delicate Issue, une vidéo de l’artiste disparue Kate Craig, illustre comment notre position dans l’espace influence notre perception d’un sujet.

Activités gratuites

 - Rencontre avec Isabelle Van Grimde, Dr Cristian Berco, Monique Régimbald-Zeiber
31 mai 2012, 15 h 30
Quartier Général du FTA (Agora Hydro-Québec du cœur des sciences de l’UQAM)
175, Av. du Président-Kennedy

Collaborateurs

Assistante à la chorégraphie Soula Trougakos; Interprétation Marie Brassard, Sophie Breton, Robin Poitras, Soula Trougakos et Brian Webb; Artistes visuels et médiatiques Derek Besant, Brennan/Caulfied/Mills, Kate Craig, Nadia Myre, Marilène Olivier et Monique Régimbald-Zeiber; Architecture et scénographie Anick La Bissonnière en collaboration avec Éric O. Lacroix; Musique Thom Gossage; Lumières Lucie Bazzo; Vidéo Foumalade; Essais Dr Cristian Berco et Dr Dawna Gilchrist; Comité de conseil en arts visuels Louise Déry et Kitty Scott; Photo : Michael Slobodian

Une production de Van Grimde Corps Secrets

Coproduction : Brian Webb Dance Company (Edmonton), Festival TransAmériques, Réseau CanDanse (Toronto), Festival Danse Canada (Ottawa), Théâtre Centennial (Lennoxville), Université de l'Alberta / Codiffusion Festival TransAmériques, Galerie de l'UQAM / Résidences Banff Center et Agora de la danse / Prêt de matériel CIRMMT

Partenaires

Conseil des arts et des lettres du Québec, Conseil des Arts du Canada, Conseil des arts de Montréal, Conseil de recherche en sciences humaines du Canada.

Site Web et vidéo

www.vangrimdecorpssecrets.com
http
://www.youtube.com/watch?v=7V_S8xSSq1o&feature=player_embedded

2009_mariepier_gARTisMe®, 2009, figurines de collection et porte-clés

Marie-Pier Théberge. ARTisMe® Store
Finissante de la maîtrise en arts visuels et médiatiques, UQAM

 

23 mai au 16 juin 2012
Vernissage : mardi 22 mai à 17h30


[Plus d'informations]

À compter du 23 mai, la Galerie de l’UQAM accueillera la nouvelle succursale de « produits culturels dérivés », ArtisMe® Store, instaurée par Marie-Pier Théberge. Cette « entreprise » se spécialise dans la création de fictions et d’activités ludiques interactives qui mettent en scène l’héroïne de l’art contemporain, Super MPier. Venez découvrir cet univers qui, par l’entremise de son dispositif immersif parodiant une réalité commerciale, vous fera vivre les plus belles expériences!
Marie-PierTheberge1Marie-PierTheberge2

 

L’exposition ArtisMe® Store propose un simulacre de magasin issu de la combinaison des sphères du divertissement, de la culture populaire, de l’art actuel et du marketing. L’entreprise ArtisMe® a été conçue afin de rassembler des œuvres dans lesquelles évolue l’héroïne de l’art contemporain Super MPier, un personnage né de l’autofiction. Cette installation donne accès à l’application MpiiGotchi 2.0 pour téléphone intelligent, au jeu de société Super MPier and The Game of Contemporary Art; Life and Creation, ainsi qu’à une panoplie de figurines à l’effigie du personnage.

L’artiste produit des œuvres multidisciplinaires s’apparentant aux jouets et aux jeux afin d’incorporer leurs qualités séductrices, attractives, narratives, imaginatives et interactives. L’aspect commercial de la présentation des œuvres lui permet, d’une part, de rejoindre le public sous l’angle de son statut de consommateur et, également, de soulever un questionnement par rapport à la production de l’artiste, à sa légitimation, à sa médiation à travers l’institution artistique et à sa spéculation sur le marché de l’art.

Pour Marie-Pier Théberge, l’emblème du héros et l’entité corporative représentent, par analogie, des mythes relatifs à la figure de l’artiste actuel. D’abord, l’affiliation au super-héros est le résultat de la dichotomie entre son sujet artiste et sa propre personnalité; à la fois idéaliste et défaitiste. Ainsi, de manière ironique, elle souhaite que les « artistes » aient pour mission de créer des visions alternatives pour sauver le monde de l’ignorance. Par ailleurs, la comparaison avec l’entreprise sous-entend que l’artiste est un producteur. Afin d’assurer la postérité de sa carrière, il doit être productif et s’adapter aux paradigmes de sa société. Dans cet ordre d’idées, les moyens mimétiques qu’emploie Marie-Pier Théberge, tels que le détournement et l’appropriation, sont des façons de faire « survivre » sa pratique dans le monde de l’art actuel. Pour ce faire, elle utilise les règles de légitimation des institutions tout en s’infiltrant dans la réalité de la consommation.

Marie-Pier Théberge est une artiste multidisciplinaire qui vit et travaille à Montréal. Elle complète présentement sa maîtrise en arts visuels et médiatiques à l’UQAM. Son œuvre MpiiGotchi : Promenade du critique influent, produite en collaboration avec Pascal Audet, Ratsdeville, Le Mur Mitoyen et le groupe de recherche Diagrammes Actifs (DIAA), a été présentée dans le cadre de l’exposition J.E.U.X. à la Galerie Eastern Bloc en 2011. Elle expose aussi à la Maison de la culture Frontenac, à l’occasion de la Biennale d’art numérique de Montréal, en cours jusqu’au 9 juin 2012, et propose une mise en scène intitulée ArtisMe® Production, complément à l’installation ArtisMe® Store.

Appui

Conseil de recherche en sciences humaines (CRSH)

Remerciements

Nicolas Fournier
Pascal Audet
Ratsdeville
Le Mur Mitoyen
Diagrammes actifs (DIAA)
Guillaume Potvin

Gilot1_2012_g© Stéphane Gilot, MULTIVERSITÉ / Métacampus, installation (détail), 2012  

Stéphane Gilot. MULTIVERSITÉ/Métacampus

 

28 août au 6 octobre 2012
Vernissage : le jeudi 6 septembre à 17h30

Exposition réalisée dans le cadre d'une résidence de l'artiste à la Galerie de l'UQAM

 

[Plus d'informations]

La Galerie de l’UQAM marque la rentrée culturelle avec la présentation de MULTIVERSITÉ/Métacampus, un projet de l’artiste Stéphane Gilot portant sur la notion d’Université. L’exposition est le fruit d’un travail effectué dans le cadre du programme de résidence d’été de la Galerie et implique la collaboration de professeurs et de performeurs. Une publication sera lancée à la fin de l’exposition.

L’exposition

Stéphane Gilot s’intéresse aux diverses formes d’utopie et de dystopie. Ses œuvres sont souvent conçues en fonction du contexte de présentation et transforment l’espace en tenant compte de son aspect architectural et idéologique, tout en interrogeant le terrain métaphorique de l’art et de ses publics. L’artiste s’intéresse aux règles qui gouvernent les relations interpersonnelles et les structures sociales, aux jeux, aux représentations du monde et aux machines à illusions et de contrôle.

MULTIVERSITÉ/Métacampus se présente comme un laboratoire de recherche, d’expérimentation et d’échange pour penser cette forme utopique qu’est l'Université et pour imaginer ses potentialités comme lieu d’émergence, de constitution et de diffusion de la pensée et des savoirs. À partir de l’histoire de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), de ses archives, de ses idéologies fondatrices, de son inscription architecturale dans la ville, de son évolution et de son actualité, l’exposition modélise plusieurs visions, souhaitables ou non, de l’Université comme institution et comme monde en soi. Maquettes architecturales, passerelles, paysages urbains à l’aquarelle, coupes, esquisses et dessins-synthèses sont autant de moyens de les évoquer.

Dans le déploiement de sa recherche, l’artiste a sollicité la participation de professeurs de l’UQAM, d'artistes et d’une étudiante en astrophysique en les invitant à réfléchir aux déclinaisons de « l’Un » et du « Multiple », et à envisager la pertinence de créer des ponts entre l’essentialisme et le relativisme à partir des concepts parfois divergents d’universalité et de multiversalité, d’univers et de multivers. Les participants sont Normand Baillargeon, essayiste, chroniqueur et professeur au Département des sciences de l'éducation et de pédagogie; Louise Caroline Bergeron, psychologue culturelle et épistémologue et adjointe de recherche au CRCTC; Jean Dubois, artiste et professeur à l’École des arts visuels et médiatiques; Bertrand Gervais, romancier, nouvelliste, essayiste et professeur au Département d’études littéraires; Yves Gingras, épistémologue et professeur au Département d’histoire; Natalie Lafortune, artiste et diplômée de l’UQAM; Gabrielle Simard, étudiante en astrophysique à l’Université McGill; et Sarah Wendt, artiste performeuse.

Le résultat de ces rencontres se trouve intégré au cœur de la sculpture-territoire par le biais de vidéos offrant un point de vue cartographique sur le foisonnement intellectuel qui caractérise une institution universitaire.

La publication

Un ouvrage abondamment illustré est en cours de préparation. Le livre comprend une réécriture par l’historienne de l’art Florence de Mèredieu de la célèbre Bibliothèque de Babel de Borges, adaptée à l’univers visuel de Gilot; des essais de la commissaire indépendante Marie-Eve Beaupré et du directeur de The Model (Irlande), Séamus Kealy, sur l’installation MULTIVERSITÉ/Métacampus;  et un texte de la conservatrice de l'art contemporain au Musée national des beaux-arts du Québec, Eve-Lyne Beaudry, sur La Cité performative. L’ouvrage est réalisé en collaboration avec le Musée national des beaux-arts du Québec, qui présentera, cet automne, La Cité performative, œuvre importante de l’artiste acquise récemment par le Musée.

L’artiste

Originaire de Belgique, Stéphane Gilot habite et travaille à Montréal depuis 1996. Parmi ses expositions récentes, mentionnons Séjour Bistre à L’Œil de poisson (2011), La Cité performative à Optica (2010), Le buvard du monde à Occurrence (2010); Cineplastic Campus à la Blackwood Gallery (commissaire : Séamus Kealy, 2008); La Station chez Oboro (2006); et Videogame à la Paul Petro Contemporary Art (Toronto, 2005). Il a également exposé dans le cadre de Reverse Pedagogy, à la Model Arts and Niland Gallery (Sligo, Irlande, 2009) et au Musée d’art contemporain de Montréal lors de la Triennale Québécoise en 2008. L’artiste détient une maîtrise en arts visuels et médiatiques de l’Université du Québec à Montréal (2006).

Appuis

La réalisation de cette exposition est rendue possible grâce à une subvention au fonctionnement du Conseil des Arts du Canada. L’artiste tient à remercier le Conseil des arts et des lettres du Québec pour son soutien au développement de sa pratique.

 

 

2000_ruiz_ruedumarche_g© Tania Ruiz Gutiérrez, La rue du marché (Market Road), extrait de la vidéo, durée et dimensions indéterminées, 1998-2000

Tania Ruiz Gutiérrez. Les figures du temps et de l'espace

Commissaire : Anne-Marie St-Jean Aubre

 

28 août au 6 octobre 2012
Vernissage : le jeudi 6 septembre à 17h30

Exposition produite par DAGAFO, en collaboration avec la Galerie de l'UQAM et la Cinémathèque québécoise

 

[Plus d'informations]

Montréal, le 16 août 2012 — La Galerie de l’UQAM inaugure, le 28 août prochain, Les figures du temps et de l’espace, une exposition de l’artiste Tania Ruiz Gutiérrez dont le commissariat est assuré par Anne-Marie St-Jean Aubre. À travers ses œuvres vidéo, l’artiste franco-colombienne s’interroge sur les modes de représentation du temps et de l’espace, tout en proposant une réflexion sur le devenir de la ville. L’exposition est produite par DAGAFO en collaboration avec la Galerie de l’UQAM et la Cinémathèque québécoise, où est également présenté un deuxième volet de l’exposition. Le vernissage à la Galerie de l’UQAM aura lieu le jeudi 6 septembre, à 17 h 30, en présence de l’artiste et de la commissaire.

L’exposition

Mêlant traditions populaires et grand art, elle nous montre que les systèmes de représentation tels que la perspective et la succession linéaire du temps, laquelle situe le passé derrière le présent, qui se poursuit vers le futur, ne sont pas des donnés, mais véhiculent des conceptions du monde particulières. Ruiz s’attarde également aux comportements adoptés dans l’espace public. Elle présente la ville comme une scène, un environnement circonscrit où, bien que tout soit possible en théorie, des forces qui dépassent l’individu agissent sur son comportement et remettent en question sa marge de liberté.

L’artiste

Tania Ruiz Gutiérrez est née au Chili et a grandi en Colombie, pays d’où sont originaires les membres de sa famille. Elle a fait des études en cinéma et en télévision à Bogotá et vit, depuis 1999, à Paris où elle a complété un doctorat en arts (2004). Elle est aussi très active sur le plan théorique et s’intéresse à l’espace public. Ses œuvres ont été diffusées dans de nombreux festivals et expositions à travers le monde. En 2009, elle était sélectionnée par le Vancouver Olympic Public Art Program qui l’a invitée à produire une installation permanente composée de vidéo et de lumière à Vancouver : l’œuvre Garde-temps. Tania Ruiz Gutiérrez a voyagé sur tous les continents pour capter des images qui ont servi à produire l’œuvre Elsewhere / Annorstädes / Ailleurs. Installée à la new Malmö 'Citytunneln' Central Station en Suède en 2010, elle est composée de 46 projections vidéos simultanées, ce qui en fait l’installation vidéo permanente la plus imposante d’Europe.

La commissaire

Détentrice d’une maîtrise en études des arts de l’UQAM, Anne-Marie St-Jean Aubre contribue régulièrement à divers magazines et publications. Elle occupe un poste d’assistante à la direction à SBC galerie d’art contemporain, en plus de travailler comme commissaire indépendante. À son actif, on compte les expositions Doux Amer (Maison de la culture Notre-Dame-de-Grâce, 2009), Faire comme si… (Musée régional de Rimouski, 2012) et Autant en emporte le vent (Moulin de la Chevrotière et clos, Saint-Casimir, 2012), un co-commissariat avec Guillaume La Brie et Véronique Lépine.

Appuis

Conseil des arts et des lettres du Québec
Service de coopération et d’action culturelle du Consulat général de France à Québec

2012jacinthecarrier_g© Jacynthe, Parcours, 2012, extrait vidéo

Montréal/Brooklyn. Vidéozones
Sophie Bélair-Clément, Olivia Boudreau, Robert Boyd, Jacynthe Carrier, Michel de Broin, Pascal Grandmaison, Tatiana Istomina, Elisa Kreisinger & Marc Faletti, Frédéric Lavoie, Marko Markovic, Aude Moreau, Rosemarie Padovano, Celia Rowlson-Hall

Commissaires :  La Fabrique d'expositions et Boshko Boskovic

 

Galerie de l'UQAM
19 octobre au 8 décembre 2012
Vernissage : le samedi 20 octobre à 14 h

Anthology Film Archives (32 Second Avenue, New York)
10 janvier 2013, à 20 h

Interstate Projects (66 Knickerbocker Avenue, Brooklyn)
13 janvier au 3 février 2013

En collaboration avec le Centre Clark

 

[Plus d'informations]

logo_mbBrooklyn/Montreal, c'est la première rencontre artistique entre Montréal et New York depuis plus d'une décennie. C’est un rendez-vous entre deux villes nord-américaines phares de l’art contemporain, qui, par le biais d’une série d’expositions croisées, mettent en lumière leurs différences et similitudes culturelles. Pour l’occasion le collectif La Fabrique d’expositions (Marie-Eve Beaupré, Julie Bélisle, Louise Déry et Audrey Genois) et le commissaire newyorkais Boshko Boskovic ont réuni une sélection d’œuvres vidéographiques sous le titre Vidéozones.

Le projet Montréal/Brooklyn, une initiative du Centre Clark qui regroupe 16 institutions, réunit près de 40 artistes visuels issus de nos scènes effervescentes et hétérogènes, et propose une série d’évènements spéciaux. Prenant la forme d’un parcours à travers les deux villes, l’événement se déploiera, en janvier 2013, dans les galeries de Brooklyn. Dans ce projet, la Galerie de l’UQAM est jumelée à des institutions partenaires, soit Interstate Projects (Brooklyn), Anthology Film Archives (New York) et Residency Unlimited (New York).

La programmation complète est disponible à : www.montrealbrooklyn.com

Vidéozones

Pour la présentation à Interstate Projects, La Fabrique d’expositions (Montréal) et Boshko Boskovic (Brooklyn) ont sélectionné, dans leur ville respective, le travail d’artistes bien ancrés dans leur milieu. Vidéozones est une compilation vidéographique d’œuvres de sept artistes de Montréal et de six artistes vivant à Brooklyn qui explorent de manière singulière les dimensions formelles et narratives de l’image en mouvement. À travers divers dispositifs de projection, les visiteurs pourront apprécier le travail de Sophie Bélair-Clément, Olivia Boudreau, Robert Boyd, Jacynthe Carrier, Michel de Broin, Pascal Grandmaison, Tatiana Istomina, Elisa Kreisinger & Marc Faletti, Frédéric Lavoie, Marko Markovic, Aude Moreau, Rosemarie Padovano et Celia Rowlson-Hall. Certains d’entre eux nous dévoilent une vidéo inédite réalisée pour cette rencontre entre les deux villes, en prenant notamment en compte une contrainte de durée; les œuvres ne devant pas excéder 4 à 5 minutes.

Autres institutions participantes à Montréal et à Brooklyn

Montréal : Centre Clark, Articule, Musée d’art contemporain de Montréal, Optica, Galerie Les Territoires, Galerie [sas] et Galerie Division
Brooklyn : Parker’s Box, Front Room Gallery, Smack Mellon, Momenta Art, A.I.R Gallery et Causey Contemporary Pierogi.

Commissaires

La Fabrique d’expositions est un collectif de commissaires de Montréal intéressées à réaliser des projets dans un esprit de collégialité et en partenariat avec des diffuseurs variés. Elle agit ponctuellement dans le cadre de grands événements culturels situés au Canada et à l’étranger, de même qu’elle développe de nouvelles initiatives de diffusion des formes artistiques les plus actuelles. Le collectif a vu le jour en 2009. Les membres qui le composent travaillent ensemble depuis plusieurs années, privilégiant la mise en commun et le brassage des idées. Le collectif est formé de quatre commissaires : Marie-Eve Beaupré, Julie Bélisle, Louise Déry et Audrey Genois.

Boshko Boskovic est directeur à la programmation de Residency Unlimited, un programme new-yorkais de résidence offert aux artistes et aux commissaires.  En tant que commissaire, il a notamment organisé les expositions Monument-Movement au Center for Photography & Moving Image (New York), All in A Day’s Work à la Galerie Splatterpool (New York), Not so Distant Memory au Delaware Center for Contemporary Art et au National Center for Contemporary Art à St. Petersburg (Russie) et Power of the Brand au Contemporary Art Museum in Banja Luka (Bosnie-Herzégovine). Il a également travaillé à la Felix Gonzalez-Torres Foundation et à la Sean Kelly Gallery à New York. Il prépare actuellement l’exposition Ellie Krakow - Cinematic Lovers qui aura lieu à New York et l’exposition itinérante Revisiting the Balkans qui circulera à Belgrade (Serbie), à Prishtina (Kosovo) et à Zagreb (Croatie).

Appuis

Le projet est piloté par le Centre Clark et réalisé avec la collaboration d’Ubisoft Montréal, en partenariat avec le Conseil des arts et des lettres du Québec, le Conseil des Arts du Canada, le Conseil des arts de Montréal, le Bureau des événements et festivals de la Ville de Montréal, l’Arrondissement Ville-Marie, la Délégation Générale du Québec à New York, Art Solution, Jean-Marc Côté Imprimeur, Assurart, esse arts + opinions, Ciel Variable et Tourisme Montréal.

Carnet éducatif

La Galerie de l'UQAM publie une brochure éducative offerte gracieusement aux visiteurs pour les guider dans leur parcours de l'exposition.

Licence Creative Commons
Cette œuvre est mise à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.
2012_sebastien_cliche_g© Sébastien Cliche, La doublure (esquisse), photographie numérique, 2011

Sébastien Cliche. La doublure
Finissant à la maîtrise en arts visuels et médiatiques de l'UQAM


19 octobre au 8 décembre 2012

Vernissage : le samedi 20 octobre à 14h


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Dans la vie courante, la rencontre de deux étrangers provoque un malaise qui peut être partiellement résolu par des échanges. Habituellement cela se fait par un regard croisé et un sourire poli où chacun peut reconnaître en l'autre le caractère inoffensif et bienveillant. Présenté à la Galerie de l'UQAM, le projet La doublure de Sébastien Cliche, finissant à la maîtrise en arts visuels et médiatiques de l'UQAM, propose une rencontre où ce protocole de base n'est pas suivi.

La doublure

L'installation s'apparente à un laboratoire de psychologie où on observe un sujet à travers une baie vitrée, sauf qu'ici, la hiérarchie observateur/observé n'est pas établie. Qui observe qui? Quel est le rôle du spectateur si ce n'est d'assister au spectacle? Dans ce dispositif, l'observation réciproque réduit la distance entre le spectateur et le performeur. Paradoxalement, cette distance est augmentée par les conditions mêmes dans lesquelles se fait l'observation. L'installation devient alors un espace à occuper, à la fois libre et contraignant, où tous les éléments sont orientés de façon à ramener le spectateur à lui-même, à sa présence et au processus de construction du récit qui lui permettra de s'approprier cette expérience.

Le projet La doublure pose un regard critique sur la notion d'interactivité informatique en la transposant par analogie dans un contexte d'interactions humaines. Ainsi, l'idée d'un programme capable de tenir compte de l'input du spectateur prend forme à travers des protocoles et des règles destinés à être interprétés par un performeur. L'ensemble fonctionne comme un système d'enregistrement, d'encodage et de reproduction qui fragmente les actions du spectateur et les traite comme des informations indifférenciées.

Au théâtre, une doublure vient remplacer un comédien qui s'absente; au cinéma, elle se substitue à l'acteur pour le tournage de cascades. La doublure « prend la place de » ou « se fait passer pour ». Cette notion porte en elle l'idée d'une imposture. Mais qu'en est-il de la doublure interprétée par un performeur dans le contexte d'une installation comme celle dont il est question ici? Est-elle le double du spectateur dont elle reprend les mouvements ou serait-elle plutôt la doublure de l'artiste qui désigne des représentants pour prendre sa place face au spectateur? Peut-être remplit-elle ces deux fonctions en doublant un rôle qui n'a pas de matrice, si ce n'est le visiteur lui-même et les règles établies par l'artiste.

Sébastien Cliche

Prenant la forme de photographies, d'installations, de projets Web ou de performances audiovisuelles, les champs de création de Sébastien Cliche s'étendent au son, à l'image et au texte. Privilégiant l'angle narratif, il questionne les limites du récit et la place que le spectateur peut prendre dans sa construction. Sébastien Cliche est le lauréat 2012 de la Bourse Claudine et Stephen Bronfman en art contemporain de l'UQAM.

Son travail a fait l'objet de plusieurs expositions individuelles et collectives au Canada et en France, notamment au Centre Clark (Montréal); au centre Skol (Montréal); à la Galerie 101 (Ottawa); à l'Œil de poisson (Québec) et à l'Abbaye Saint-André, Centre d'art contemporain (Maymac, France). En 2007 il était commissaire de l'exposition itinérante L'Oreille dans l'œil montrée à Montréal, Ottawa et Québec. Lors du festival MUTEK de Montréal, en 2010, il a offert en prestation l'œuvre audiovisuelle L'inertie agitée. Tout récemment, son projet Web PAISAJES était au programme des 30e Rendez-vous du Cinéma Québécois. Plusieurs de ses œuvres font partie de la collection Prêt d'œuvres d'art du Musée national des Beaux-arts du Québec et de la Banque d'œuvres d'art du Canada.

Site web de l'artiste : http://aplacewhereyoufeelsafe.com
2008_apprentie2_depauw_g© Manon De Pauw, L’apprentie 2, épreuve numérique sur papier archive, 56,8 x 76,2 cm, Coll. de l'UQAM (2009.7)

Manon De Pauw. Intrigues

Commissaire : Louise Déry

 

Exposition présentée à la Galerie d'art du Centre culturel de l’Université de Sherbrooke

8 novembre au 16 décembre 2012
Vernissage : le mercredi 7 novembre à 17 h

 

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Manon De Pauw. Intrigues, en tournée depuis 2009, s’inscrit dans la série de projets monographiques que réalise la Galerie depuis une dizaine d’années. Elle rend manifestes certaines attitudes conceptuelles et formelles qui fondent la démarche de Manon De Pauw et qui s’expriment dans un travail multiforme, multidimensionnel et multimédiatique. Des expérimentations récentes en photo, en vidéo et en film montrent comment cette pratique de l’autoreprésentation va de plus en plus vers l’abstraction et l’auto-référentialité du médium en mettant l’emphase sur la tactilité et la matérialité de la pellicule, sur l’immersion visuelle et sur le trompe-l’œil. L'exposition est accompagnée d’un catalogue.


2010_moreau_sortir_g© Aude Moreau, Sortir, 2010, extrait de la vidéo

Vidéozoom Québec. L’entre-images
Sophie Bélair-Clément, Olivia Boudreau, Jacynthe Carrier, Michel de Broin, Pascal Grandmaison, Frédéric Lavoie,  Aude Moreau

Commissaire :  La Fabrique d'expositions

 

Exposition présentée au Museo di Roma in Trastavere, Rome, Italie, dans le cadre d’Orrizonte Québec

22 novembre au 22 décembre 2012

 

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La Fabrique d’expositions, un collectif de quatre commissaires de Montréal, a réalisé le projet Vidéozoom Québec. L’entre-images suite à une invitation de Mary-Angela Schroth, directrice de Sala Uno. Il aura fallu plusieurs circonstances favorables pour le concrétiser. Il faut mentionner, d’une part, que le collectif s’est impliqué dans un échange entre Brooklyn et Montréal destiné à des centres d’art des deux villes en 2012 en 2013, et que cela fut l’occasion de considérer un ensemble de productions en vidéo réalisées par une génération d’artistes très en vue sur la scène artistique québécoise. Il n’en fallait pas davantage pour adapter les conditions de la recherche et travailler avec les artistes à la sélection des œuvres pour Rome. D’autre part, la VIIIE Biennale Orizzonte Québec, organisée par la Délégation du Québec à Rome, s’est avérée un cadre d’accueil idéal pour tenir l’exposition1.

Vidéozoom Québec. L’entre-images présente une compilation vidéographique d’œuvres de sept artistes du Québec qui ne se définissent ni comme vidéastes, ni comme cinéastes, mais bien comme artistes visuels motivés par l’exploration de l’image en mouvement. Les œuvres qui se trouvent réunies ici ne déploient que trop brièvement leur recherche et ne se veulent aucunement représentatives, dans l’absolu, de la pratique vidéographique et filmique du Québec. Il faudrait un format beaucoup plus ambitieux que celui-ci pour rendre compte de son effervescence impressionnante. Il serait également approprié de prendre en compte le fait que de nombreux artistes – et c’est le cas pour tous ceux que nous avons sélectionnés –, réalisent des œuvres filmiques qui doivent être exposées dans des musées et des galeries en tant qu’installations, leur projection étant conditionnée par des paramètres de formats et d’équipements spécifiques, dans des espaces permettant une expérience de l’œuvre contrôlée de manière particulière pour les visiteurs. La présente exposition, qui prend la forme d’une programmation réunissant toutes les œuvres sur un même écran, offre cependant l’avantage de traduire des sensibilités partagées, de montrer des affinités pour une image souvent très soignée, de témoigner d’attentions à la présence sonore, de révéler des stratégies elliptiques et efficaces de l’image.

Ce projet s’offre donc comme un aperçu, une ouverture, une brèche dans l’immense production d’images qui caractérise le monde actuel. Il faut voir les œuvres comme s’il s’agissait de regarder à travers une fente, une sorte d’entre-images, autant pour ce qu’elles représentent au sein des pratiques contemporaines, que pour ce qu’elles sont individuellement par leurs propres dimensions formelles et narratives : entre la vidéo et le cinéma, entre la pellicule et l’image numérique, entre la présence visuelle et la réalité sonore. Cette notion de l’entre-images, empruntée au théoricien Raymond Bellour2, est d’abord intéressante parce qu’elle sous-entend que nous devons chercher en profondeur, creuser la surface des images, ne pas nous contenter de passer de l’une à l’autre distraitement, superficiellement. De ce fait, il ne s’agit pas de nous arrêter au « passage des images ». Une telle notion implique que la prolifération et la saturation d’images ne sont pas le véritable problème que nous rencontrons aujourd’hui. Comme l’a écrit Pierre Scheffer, « saturés ou pas d’images, nous n’en savons rien, nous n’en saurons jamais rien. Nous n’étions pas au temps des cavernes, où probablement les mecs étaient saturés d’images parce qu’ils avaient la gueule sur leurs graffiti et que c’était bien pire que la télé3 ». Ce propos déjoue un a priori très répandu à l’effet que nous ne saurions plus regarder une image parce qu’il y en a trop. Nous croyons plutôt que ce qui compte, c’est ce qui se passe entre elles, ou entre elles et le son qui les accompagne, ou entre elles et le son et le texte qui les racontent en parallèle. Témoin de leur mouvement, il faut pouvoir capturer leur immobilité. Devant ces figures animées, il faut « refigurer » leur image. Soumis à leur dimension sonore, il faut retrouver leur silence.

Les œuvres réunies pour cette édition de VidéoZoom sur le Québec sont donc un moment d’arrêt sur le travail d’artistes qui sont parmi les plus captivants et les plus entreprenants en matière de recherche sur l’image. Dans ces courtes vidéos se trouve abordée une variété de sujets touchant autant au politique, à la culture populaire, à l’imaginaire télévisuel et cinématographique qu’à l’image poétique. L’accent est mis tantôt sur la forme, tantôt sur la narration ou le contenu, mais le son, le temps, l’archive, le paysage et la performance constituent des éléments de composition entre lesquels ce qui nous est donné à voir se construit.

Plusieurs des œuvres ont été réalisées en fonction d’un paramètre spécifique proposé aux artistes : celui de présenter une œuvre de courte durée, soit moins de quatre minutes. Cette concentration de l’image dans le temps produit un double résultat. D’une part, se restreindre ainsi oblige l’artiste à accélérer le processus de mise en forme de l’idée dans l’image, afin de parvenir à une certaine efficacité perceptive et narrative. D’autre part, une œuvre courte peut produire, chez celui ou celle qui la regarde, un effet de ralentissement : il nous est loisible de prendre le temps de bien regarder, découper, scruter les images une par une pour apprécier pleinement ce qui est donné à voir dans un cadre temporel plus aisément assimilable que devant un long métrage. Dans l’entre-images, un langage prend forme, entre ce qui est perçu et nommé, entre ce qui est vu et désigné, entre le monde et l’art. Car aujourd’hui les images nous confrontent véritablement à ce qu’elles incarnent ou désincarnent, construisent ou déconstruisent, rééditent ou réinventent. Elles sont plus souvent une proposition qu’une démonstration et en cela, elles se font accueillantes.

La Fabrique d’expositions, Montréal, octobre 2012



[1] Louise Déry et la Fabrique d’expositions remercient les artistes, Mary-Angela Schroth de Sala Uno, Pierluigi Matera, directeur du Museo di Roma in Trastevere, la Délégation du Québec à Rome, le Conseil des Arts du Canada, le Conseil des arts et des lettres du Québec et l’UQAM qui ont contribué de diverses manières à la réalisation du projet.

[2] Depuis le début des années 80, Raymond Bellour a développé une riche analyse des liens entre le cinéma, la vidéo, la photo et les régimes mixtes d’images.
Il a créé, avec Serge Daney, la revue de cinéma Trafic (1991) et publié notamment L’entre-Images (1990) et L’entre-Images 2 (1999). Il a collaboré à l’exposition Passages de l’image au Centre Pompidou et été commissaire de Thierry Kuntzel. Lumières du temps et de Thierry Kuntzel-Bill Viola. Deux éternités proches, au Fresnoy, Tourcoing (France).

[3] Pierre Scheffer, dans Maurice Mourier, Comment vivre avec l’image, Paris, PUF, 1989, p. 340.




Conseil des arts du Canada Conseil des arts du Canada

GALERIE DE L’UQAM

Université du Québec à Montréal
1400, rue Berri, Pavillon Judith-Jasmin, Local J-R 120
Montréal, Québec
Ouvert du mardi au samedi, de midi à 18h.
Entrée libre