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2017_Sullivan2_gFrançoise Sullivan, Portraits de personnes qui se ressemblent, épreuves numériques montées sur panneaux de bois, noir et blanc, 1971 (tirage 2003), 152,4 x 101,6 cm (chacun). Avec l’aimable permission de l’artiste et de la Galerie Simon Blais, Montréal. © Françoise Sullivan / SODRAC (2017)

Françoise Sullivan. Trajectoires resplendissantes

Commissaire : Louise Déry

11 janvier au 18 février 2017
Vernissage : mardi 10 janvier, 17 h 30

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La Galerie de l’UQAM est fière d’entamer l’année 2017 avec une grande artiste montréalaise, madame Françoise Sullivan. La directrice de la Galerie et commissaire de l’exposition a réuni pour l’occasion un ensemble varié d’œuvres – dont plusieurs sont inédites – de celle qui s’impose comme l’une des figures les plus marquantes de l’histoire de l’art du Québec et du Canada.

Le vernissage du 10 janvier comprendra la présentation de la chorégraphie Je parle de Françoise Sullivan, interprétée par Ginette Boutin. À la même occasion, la revue esse lancera son nouveau numéro sous le thème Bibliothèque. De nombreuses autres activités (chorégraphies, visites commentées, forum, etc.) sont prévues tout au long de l’exposition.

L'exposition

La carrière exceptionnelle de Françoise Sullivan se déploie sur plusieurs décennies et occupe une place majeure au sein de l’histoire de l’art du Québec et du Canada. Au cœur des années quarante, ses débuts en danse et en peinture sont l’occasion, alors qu’elle est entourée de penseurs, de poètes et d’artistes de tous horizons, d’explorer les préoccupations esthétiques qui bouleversent alors le monde de l’art, notamment au sein du groupe des Automatistes. La jeune femme qui crée Danse dans la neige en 1948 – l’œuvre chorégraphique la plus emblématique de la danse contemporaine au Canada –, et qui expose ses premiers tableaux auprès des Borduas, Riopelle et Gauvreau a réalisé, depuis, une œuvre volumineuse et vibrante, d’une remarquable énergie et d’une inventivité sans cesse actualisée. Fidèle aux principes de liberté et d’engagement de ses premières années, inspirée par les grandes traditions mythologiques européennes et autochtones, passionnée d’art et de poésie et marquée par ses séjours à New York, en Italie, en Irlande et en Grèce, Françoise Sullivan n’a eu de cesse d’expérimenter avec une curiosité sans limites la forme et la couleur, le geste et le mouvement, la figure et l’abstraction, tout autant en sculpture, en installation, en performance, en photographie que, de façon déterminante, en peinture.

Les œuvres réunies dans l’exposition, dont certaines sont reconstituées à partir des archives de l’artiste, font converger plusieurs trajectoires conceptuelles tributaires d’un questionnement sur le sens et la pratique de l’art. Selon Louise Déry, « la conscience et le corps s’y révèlent en état d’alerte; l’intuition du lieu et l’acuité de l’instant en ont impulsé l’apparition; la destinée personnelle et les mythes collectifs en ont conditionné la poussée imaginante. C’est ainsi que le sol gelé d’un paysage hivernal, le site déifié d’un quartier de raffineries, la légende désenchantée de nos héros inquiétés, la rencontre inusitée de deux jeunes visages par delà le temps ou encore les mots offerts pendant que la peinture se dit ou se tait et que les corps chorégraphiés s’activent ou se figent, deviennent, chez Françoise Sullivan, une constellation de circonstances porteuses de significations ».

Les concepts à l’origine des performances, chorégraphies, textes, photographies et peintures qui se côtoient ici s’affirment de manière éblouissante dans le corps pictural, la couleur travaillée, l’abstraction fécondée; certains survivent au sein de l’image photographique ou du document-témoin qui les incarne et les prolonge; d’autres, liés à des processus et des manœuvres spontanés, improvisés, quelquefois même éphémères, résistent. Les trajectoires de Françoise Sullivan, si resplendissantes et combien libérantes, selon le mot de Borduas, éclairent notre histoire récente autant que l’instant présent. Celle qui encore aujourd’hui se rend travailler tous les jours dans l’atelier et continue de penser et de se penser dans l’art et par l’art, nous convie à cette relation vitale entre l’œuvre, la mémoire et le monde qui nous entoure.

Une publication majeure paraîtra plus tard dans l’année. Fidèle au contenu de l’exposition, elle rassemblera aussi tous les textes écrits et publiés par l’artiste durant sa carrière.

L'artiste

Françoise Sullivan est entrée dans l’histoire à la fois comme danseuse, chorégraphe et artiste en arts visuels. Elle fut l’un des membres fondateurs du groupe des Automatistes auprès de Paul-Émile Borduas et signataire du manifeste Refus global en 1948. À compter des années 1960, son travail se diversifie alors qu’elle s’adonne à la sculpture, la photographie, l’installation et la performance. C’est pourtant la peinture qui l’attire le plus intensément au fil des ans et elle continue de s’y employer avec une énergie impressionnante aujourd’hui.

Plusieurs raisons contribuent à faire de Françoise Sullivan l’une des figures marquantes de l’histoire de l’art du Québec et du Canada, ce dont témoignent les nombreuses distinctions qui lui ont été décernées : Prix Paul-Émile Borduas, Ordre du Québec et Ordre du Canada, Prix du Gouverneur général du Canada, Prix Gershon Iskowitz, etc. Ces marques de reconnaissance viennent souligner le parcours exceptionnel et la diversité créatrice de son œuvre et de sa prodigieuse carrière. Il faut rappeler les rétrospectives du Musée d’art contemporain de Montréal (1981), du Musée national des beaux-arts du Québec (1993), du Musée des beaux-arts de Montréal (2003) et du Musée des beaux-arts de l’Ontario (2010) et souligner, parmi le nombre impressionnant de participations à des expositions collectives au Canada, en Europe et aux États-Unis, On Line: Drawing Through the Twentieth Century au Museum of Modern Art de New York (2010) et The Automatiste Revolution: Montreal 1941-1960 successivement à la Varley Art Gallery, Unionville, Ontario (2010) et à l’Albright-Knox Art Gallery de Buffalo. Elle est représentée par la Galerie Simon Blais de Montréal.

La commissaire

Louise Déry (doctorat en histoire de l’art) est directrice de la Galerie de l’UQAM et professeure associée au département d’histoire de l’art de l’UQAM. Auparavant conservatrice au Musée national des beaux-arts du Québec et au Musée des beaux-arts de Montréal et directrice du Musée régional de Rimouski, elle a été commissaire de nombreuses expositions incluant Daniel Buren, Giuseppe Penone, Rober Racine, Sarkis, Nancy Spero, David Altmejd, Dominique Blain, Françoise Sullivan, Michael Snow, Stéphane La Rue, Raphaëlle de Groot, Artur Żmijewski, Manon de Pauw, et plus récemment Aude Moreau, pour ne citer que ces exemples. On lui doit une trentaine d’expositions d’artistes canadiens à l’étranger dont une douzaine en Italie, ainsi qu’en France, en Suisse, en Belgique, en Espagne, en Turquie, aux États-Unis et en Asie. Elle a été commissaire du pavillon du Canada à la Biennale de Venise avec une exposition de David Altmejd (2007). Lors des Biennales de Venise de 2013 et 2015, elle a présenté des performances de Raphaëlle de Groot et de Jean-Pierre Aubé. Elle a obtenu le Prix Hnatyshyn (2007) et le Prix du Gouverneur général du Canada (2015). Elle est membre de la Société royale du Canada.

Activités produites par la Galerie de l'UQAM

Dans le cadre de l’exposition, deux chorégraphies accompagnées de textes de Françoise Sullivan seront présentées gratuitement au public :

Je parle (1993)

Mardi 10 janvier 2017, 17 h 30 (dans le cadre du vernissage)

Avec Ginette Boutin, une danseuse qui interprète depuis 30 ans le répertoire chorégraphique de Françoise Sullivan.

Droit debout (1973)

Samedi 21 janvier 2017, 15 h, 15 h 30 et 16 h

Avec les danseurs Michèle Febvre, Paul-André Fortier, Dana Michel, Myriam Arsenault, Andréa Corbeil, Denis Lavoie et Nicolas Patry. Le texte de Françoise Sullivan qui accompagne la chorégraphie sera interprété par Christiane Pasquier.

Les présentations seront suivies à 16 h 30 d’une Conversation entre Françoise Sullivan et Louise Déry

D’autres activités complémentaires à l’exposition sont prévues :

Visites de l’œuvre d’art public Montagne de Françoise Sullivan en compagnie d’un médiateur

Hall du pavillon Président-Kennedy de l’UQAM
Jeudi 12 janvier 2017, 12 h 45 – 13 h 45
Mercredi 25 janvier 2017, 17 h 30 – 18 h 30

Visites commentées de l’exposition en compagnie de la commissaire

Mardi 17 janvier, 12 h 45 – 13 h 45
Jeudi 9 février 2017, 17 h 30 – 18 h 30

Visites commentées de l’exposition

Offertes en tout temps. Réservations requises auprès de Philippe Dumaine, 514 987-3000, poste 3280, ou dumaine_allard.philippe@uqam.ca

Partenaires

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Le carnet éducatif

La Galerie de l'UQAM publie une brochure éducative offerte aux visiteurs pour les guider dans leur parcours de l'exposition.
2017_Passage_gVue de l’exposition Passage à découvert 2016, Galerie de l’UQAM

Passage à découvert 2017

Finissants du baccalauréat en arts visuels et médiatiques, UQAM

21 au 29 avril 2017
Vernissage : jeudi 20 avril, 17 h 30

[Plus d'informations]

Découvrez le travail des artistes de la relève dans l’exposition Passage à découvert 2017, du 21 au 29  avril 2017 à la Galerie de l’UQAM. Cet événement présentera les œuvres des finissants du baccalauréat en arts visuels et médiatiques de l’UQAM et sera un moment privilégié pour découvrir les artistes émergents qui forment la relève artistique et pédagogique du milieu des arts québécois.

L’exposition

Organisée en collaboration avec l’École des arts visuels et médiatiques de l'UQAM (ÉAVM), Passage à découvert 2017 démontre la vivacité créatrice, la curiosité et la liberté des étudiants. L'exposition  témoigne, une fois de plus, du professionnalisme des nouveaux diplômés, en plus de faire valoir la richesse et la diversité des programmes offerts par l'École des arts visuels et médiatiques, laquelle privilégie une formation pluridisciplinaire.

Le vernissage

Le vernissage du jeudi 20 avril sera l'occasion d'une grande fête de fin d'études. Dessin, sculpture, peinture, gravure, photographie, arts médiatiques et performance seront au rendez-vous.

Lors de cet événement, sept prix et bourses d'excellence seront remis à des étudiants : le Prix Jean Pitre et Claude Leclerc; le Prix des professeurs Thomas Corriveau et Mario Côté; la Bourse Charest-Wallot; le Prix d’excellence Robert-Wolfe; le Prix d’excellence Jacques-de-Tonnancour; le Prix d’excellence Irène-Senécal et le Prix d’excellence de l’École des arts visuels et médiatiques.

Avec la participation de

Claudia Almansa, Marie-Michèle Beaudoin, Céline Bellehumeur, Stéfanie Béland-Robert, Joan Berthiaume, Maude Bertrand, Béatrice Boily, Maxime Boisvert, Charles Bourbeau, Laure Bourgault, Julie Cantin, Jorge Oswaldo Carranza Sanchez, Nancy Charbonneau, Jonathan D’Amours, Luc Dansereau, Charlotte Desserteaux, Laurie Desloges Masson, Marly Fontaine, Richelli Fransozo, Marie-France Gagnier, Sophie Gauthier, Martine Gingras, André Girard, Andréanne Gouin, Marine Gourit, Baptiste Guilhempéré, Sarah Hadjou, Julien Houle, Florence Jacob, Alain Lalonde, Josèphe Landreville, Chloé Larivière, Claudel Lauzière Vanasse, Marilyn Leblanc, Marie-Ève Lemieux, Stéphanie L’Italien, Josée Marchand, Marc-Michel Martel, Gabrielle Morrisseau, Cyrille Pelletier-Lemay, Vivianne Proulx, Kathrine Rose, Sarabeth Trivino, Anouk Verviers

L’École des arts visuels et médiatiques de l’UQAM

Depuis sa création, l'École des arts visuels et médiatiques de l'UQAM est à l'affût des enjeux artistiques en mouvance et compte parmi les plus importantes écoles universitaires au Canada, tant au niveau de la création que de l'enseignement des arts visuels. Le nombre d'artistes et de pédagogues formés à l'UQAM et reconnus sur les plans national et international témoigne avec éloquence de cet engagement indéfectible. Mentionnons notamment David Altmejd, Valérie Blass, Jérôme Bouchard, Raphaëlle de Groot, Jean- Pierre Gauthier, Pascal Grandmaison, Isabelle Hayeur, Manuela Lalic et Julie Trudel.

eavm.uqam.ca

EAVM_externe

 

01_PBoudryRLorenz_Silent_600pxPauline Boudry & Renate Lorenz, Silent, 2016, vue de l’installation à la Biennale de l’image en mouvement 2016. Photo : Annick Wetter, avec l’aimable permission des artistes et du Centre d’art contemporain de Genève.

Pauline Boudry & Renate Lorenz. Silent

En collaboration avec la Biennale de l’image en mouvement (Genève)
Direction artistique : Andrea Bellini
Commissaires : Caroline Bourgeois, Cecilia Alemani et Elvira Dyangani Ose

24 février au 8 avril 2017
Vernissage : jeudi 23 février, 17 h 30

[Plus d'informations]

La Galerie de l’UQAM et le Centre d’art contemporain de Genève s’associent pour présenter à Montréal un volet de la Biennale de l’image en mouvement 2016. Cette première collaboration s’inscrit dans une démarche de diffusion internationale de cet événement majeur qui se distingue de la plupart des biennales existantes en ce qu’il est constitué exclusivement d’œuvres nouvelles, toutes produites par le Centre et ses partenaires.

Parmi les 27 œuvres inédites produites cette année par la Biennale de l’image en mouvement, la Galerie de l’UQAM a choisi l’installation filmique Silent de Pauline Boudry & Renate Lorenz, deux artistes basées à Berlin. Présentée dans une salle d’une blancheur immaculée, Silent s’intéresse à la fois à l’expérience agressive d’être contraint au silence, et au silence comme acte de résistance performatif et puissant.

L'exposition

Silent débute par l’interprétation de 4’33’’ de John Cage (1952). Convenant à n’importe quel instrument, la partition indique à la personne qui la performe de ne rien jouer pendant les 30 secondes, 2 min 23 s et 1 min 40 s que dure chacune des trois parties. Dans l’installation de Boudry & Lorenz, la musicienne Aérea Negrot interprète 4’33’’ sur une plateforme tournante installée dans un lieu public de Berlin, l’Oranienplatz, occupé entre 2012 et 2014 par un camp de réfugiés protestataires. Aérea Negrot chante ensuite une pièce composée spécialement pour le film.

Cher président_e
Votre profil est vague,
Vous êtes sans bras, sans cheveux, sans jambes, et sans sexe
Votre ennemi est votre amant_e
J’ai besoin de maquillage, de sous-vêtements et d’hormones!

- Aérea Negrot dans Silent de Pauline Boudry & Renate Lorenz

Le silence a été décrit tantôt comme une expérience violente – « être réduit au silence » –, tantôt comme une puissante performance de résistance – réalisée par divers mouvements de désobéissance civile partout dans le monde. Silent cherche à savoir de quelle façon les deux s’entremêlent. L’œuvre est centrée sur la performance d’un acte silencieux, capable pourtant de faire place à l’agentivité, à la force et même au plaisir sans effacer les traces de violence ni la vulnérabilité. Entre « être en silence » et « se faire entendre », le film propose de percevoir un dialogue plutôt qu’une relation d’exclusion mutuelle.

Les artistes

Travaillant en duo depuis 2007, Pauline Boudry & Renate Lorenz proposent des installations cinématographiques et des performances revisitant des documents du passé, photos, partitions ou films, puisant dans l’histoire des moments queer effacés ou illisibles. Ces travaux présentent des corpus qui sont en mesure de traverser et de tisser des liens entre les époques, laissant présager ainsi la possibilité d’un futur queer. Parmi leurs expositions solo récentes, on compte Portrait of an Eye, Kunsthalle Zürich (2015), Loving, Repeating, Kunsthalle Wien, Vienne (2015), Patriarchal Poetry, Badischer Kunstverein, Karlsruhe (2013), Aftershow, CAPC, Bordeaux (2013), Toxic Play in Two Acts, South London Gallery, Londres (2012), Contagieux! Rapports contre la normalité, Centre d´art contemporain de Genève (2011). Plusieurs catalogues s’intéressent à leur pratique : Temporal Drag, Hatje Cantz (2011), Aftershow, Sternberg Press (2014) et I Want, Sternberg Press (2016). À Montréal, on aura récemment pu apprécier leur travail dans l’exposition individuelle To Valerie Solanas and Marilyn Monroe in Recognition of their Desperation à La Centrale Galerie Powerhouse au printemps 2016. boudry-lorenz.de

La Biennale de l'image en mouvement

Depuis sa création en 1985, la Biennale de l’image en mouvement se positionne comme une plateforme artistique de dialogue et d’échanges d’idées. Elle explore les vastes territoires des images en mouvement et cherche à donner du sens à cet extraordinaire foisonnement d’images qui envahit de plus en plus l’ensemble de la création contemporaine. Organisée par le Centre d’art contemporain de Genève, la Biennale de l’image en mouvement 2016 réunissait, du 9 novembre 2016 au 29 janvier 2017, 27 œuvres inédites, commandées, produites ou coproduites par le Centre d’art contemporain pour l’occasion. Elles prenaient la forme d’installations, de performances et de films. Sous la direction artistique d’Andrea Bellini, directeur du Centre d’art contemporain de Genève, la Biennale de l’image en mouvement 2016 était commissariée par Cecilia Alemani, directrice et curatrice de la High Line Art (New York), Caroline Bourgeois, curatrice et conservatrice de la Pinault Collection (Paris) et Elvira Dyangani Ose, curatrice, chargée de cours à la Goldsmiths University of London et conseillère pour la Fondazione Prada.

Activités produites par la Galerie de l'UQAM

Visites commentées de l'exposition

Offertes en tout temps. Réservations requises auprès de Philippe Dumaine, 514 987-3000, poste 3280, ou dumaine_allard.philippe@uqam.ca

Appuis

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Le carnet éducatif

12_GFagen_SchemeforPostTruth_600pxGraham Fagen, Scheme for Post Truth, 2016, détail d’une série de 18 dessins, encre de Chine, émail et or 23 carats, 38 x 57 cm. Avec l’aimable permission de l’artiste.

Graham Fagen. Complainte de l'esclave

Commissaire : Louise Déry

24 février au 8 avril 2017
Vernissage : jeudi 23 février 2017, 17 h 30 

[Plus d'informations]

La Galerie de l’UQAM et la commissaire Louise Déry présentent la première exposition individuelle au Canada de l’Écossais Graham Fagen, en proposant une installation vidéographique et musicale emblématique de sa recherche : The Slave’s Lament. L’artiste de Glasgow, qui a représenté avec beaucoup de succès l’Écosse à la Biennale de Venise de 2015, s’est intéressé à la traite des esclaves, au traitement inhumain des populations déportées et à l’implication écossaise en Jamaïque. Plusieurs dessins et photographies s’ajoutent à cette œuvre majeure pour permettre une extrapolation plus riche des motifs qui opposent identité nationale et identité culturelle.

L’exposition est présentée dans le cadre du Mois de l’histoire des Noirs à Montréal.

L'exposition

Complainte de l’esclave propose un ensemble d’œuvres de l’artiste multidisciplinaire Graham Fagen sur le thème de l’esclavagisme et de l’implication écossaise dans le sort des populations africaines déportées dans les Caraïbes au 18e siècle. Les dessins présentant l’aspect de masques ou de portraits, les photographies de paysage marin ainsi que l’imposante installation vidéographique et musicale réunis dans cette exposition explorent les tensions et les émotions provoquées par le colonialisme et la traite des esclaves noirs. Alors que les manifestations de réconciliation et de rédemption nous mobilisent aujourd’hui de manière sensible par rapport à l’asservissement économique et à l’oppression culturelle des peuples – qu’ils soient autochtones, issus de l’immigration ou soumis aux formes actuelles d’une servitude sournoise –, le questionnement national et identitaire que pose Graham Fagen s’érige avec une rare pertinence sur une critique de l’héritage culturel et social.

C'était au doux Sénégal
Que par mes ennemis je fus asservi,
Pour les terres de Virginie–ginie, oh !
Arraché de cette charmante côte,
Je ne la reverrai plus jamais,
Et hélas ! Je suis usé, usé, oh ! […]

 - Robert Burns, The Slave’s Lament, 1792, traduction de Pierre Mathé

L’installation intitulée The Slave’s Lament, qui constitue le cœur de l’exposition à la Galerie de l’UQAM, renvoie à un poème lyrique de 1792 attribué au poète national de l’Écosse Robert Burns et propose la réflexion de ce dernier quant à la situation de l’esclavage. Interprétée par le célèbre chanteur reggae Ghetto Priest, qu’accompagnent des musiciens du Scottish Ensemble, The Slave’s Lament nous hante par sa mélodie poignante et le récit troublant d’un Sénégalais contraint à l’exil et au destin d’esclave et qui pleure son pays. Graham Fagen a filmé de près le chanteur et les musiciens, puis morcelé les temporalités pour recomposer de manière épique une ode à l’identité, celle qui nous est léguée, qui nous est usurpée ou que l’on adopte. La caméra scrute de près les regards et les gestes. Elle s’attarde à certains détails comme pour traquer ce potentiel d’authenticité et d’identité à sauvegarder et à partager.

Une publication accompagnant l’exposition sera lancée à l’automne 2017.

L'artiste

Graham Fagen est un des artistes les plus influents de l’Écosse aujourd’hui. Ses œuvres mélangent les disciplines et sont présentées sur plusieurs continents. Il combine la vidéo, la performance, la photographie, la sculpture, le texte, la musique et la botanique. Plusieurs thèmes récurrents de sa pratique, comme les fleurs, les voyages et les chansons populaires, constituent des tentatives de comprendre les forces qui façonnent nos existences.

Graham Fagen a étudié à la Glasgow School of Art (1984-1988, BA) et au Kent Institute of Art and Design (1989-1990, MA). Il est maître de conférences au Duncan of Jordanstone College of Art & Design à Dundee. En 1999, Fagen a été invité par l’Imperial War Museum de Londres à travailler comme artiste de guerre officiel au Kosovo, et à partir de ce moment, il a extensivement exposé au Royaume-Uni et à l’étranger. En 2015, Graham Fagen a représenté l’Écosse à la 56e Biennale de Venise. Parmi les nombreuses expositions auxquelles il a participé, mentionnons : The Mighty Scheme, Dilston Grove et CPG London, Londres (2016), GENERATION: 25 Years of Contemporary Art from Scotland, Scottish National Gallery of Modern Art, Édimbourg (2015), In Camera (avec Graham Eatough), La Friche la Belle de Mai, Marseille (2015), Cabbages in an Orchard, Glasgow School of Art (2014), Bloodshed, Victoria & Albert Museum, Londres (2004), Art of the Garden, Tate Britain, Londres (2004), Golden Age, Institute of Contemporary Art, Londres (1999) et Zenomap, Scotland + Venice, 50e Biennale de Venise (2003). grahamfagen.com

La commissaire

Louise Déry (doctorat en histoire de l’art) est directrice de la Galerie de l’UQAM et professeure associée au département d’histoire de l’art de l’UQAM. Auparavant conservatrice au Musée national des beaux-arts du Québec et au Musée des beaux-arts de Montréal, elle a été commissaire de nombreuses expositions incluant Daniel Buren, Giuseppe Penone, Rober Racine, Sarkis, Nancy Spero, David Altmejd, Dominique Blain, Françoise Sullivan, Michael Snow, Stéphane La Rue, Raphaëlle de Groot, Artur Żmijewski, Manon de Pauw, et plus récemment Aude Moreau, pour ne citer que ces exemples. On lui doit une trentaine d’expositions d’artistes canadiens à l’étranger dont une douzaine en Italie, ainsi qu’en France, en Suisse, en Belgique, en Espagne, en Turquie, aux États-Unis et en Asie. Elle a été commissaire du pavillon du Canada à la Biennale de Venise avec une exposition de David Altmejd (2007). Lors des Biennales de Venise de 2013 et 2015, elle a présenté des performances de Raphaëlle de Groot et de Jean-Pierre Aubé. Elle a obtenu le Prix Hnatyshyn (2007) et le Prix du Gouverneur général du Canada (2015). Elle est membre de la Société royale du Canada.

Activités produites par la Galerie de l'UQAM

Conférence de Graham Fagen
Dans le cadre du programme ICI : Intervenants Culturels Internationaux

Mercredi 22 février 2017, 12 h 45 – 13 h 45
Université du Québec à Montréal
Pavillon des Sciences de la gestion, salle R-M110
315, rue Sainte-Catherine Est, Montréal

AfroScots, programme de films, vidéos et oeuvres sonores
Commissaires : Mother Tongue (Glasgow)
Artistes : Rayanne Bushell, Irineu Destourelles, Kapwani Kiwanga, Maud Sulter, Tako Taal et Alberta Whittle

Samedi 25 février 2017, 13 h
CDEx
Université du Québec à Montréal
Pavillon Judith-Jasmin, local J-R930
405, rue Sainte-Catherine Est, Montréal

AfroScots est un programme de films, vidéos et oeuvres sonores réalisés par des artistes noirs qui ont – maintenant ou dans le passé – vécu, travaillé, exposé ou étudié en Écosse. La sélection des œuvres est assurée par Mother Tongue, un duo de commissariat guidé par la recherche, fondé en 2009 et basé à Glasgow. Suite à la projection, le public aura l’occasion d’échanger dans une ambiance conviviale avec les commissaires ainsi qu’avec l’artiste Graham Fagen, qui sera présent.

Visite commentée de l'exposition en compagnie de la commissaire

Jeudi 2 mars 2017, 12 h 45 – 13 h 45

Conférences de Charmaine Nelson et de Jennifer Carter

Lundi 27 mars 2017, 17 h
Galerie de l’UQAM

Visites commentées de l'exposition

Offertes en tout temps. Réservations requises auprès de Philippe Dumaine, 514 987-3000, poste 3280, ou dumaine_allard.philippe@uqam.ca

Partenaires

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Le carnet éducatif


2017_Plante2_gJonathan Plante, Dance me (détail), 2016, sérigraphie lenticulaire. Avec l’aimable permission de la Galerie Hugues Charbonneau, Montréal

Jonathan Plante. Angle mort

Finissant à la maitrise en arts visuels et médiatiques, UQAM

11 janvier au 18 février 2017
Vernissage : mardi 10 janvier, 17 h 30

[Plus d'informations]  

La Galerie de l’UQAM présente l’exposition Angle mort de Jonathan Plante, finissant à la maîtrise en arts visuels et médiatiques de l’UQAM. L’artiste y dévoile un ensemble de peintures et d’impressions sur support lenticulaire, un procédé donnant une impression de mouvement aux images. Suivant l’angle de vision du spectateur, des images apparaissent, disparaissent et se transforment. Ainsi, Plante met en scène le regard et engage le corps du spectateur dans l’expérience de différentes temporalités de l’image.

À l’occasion du vernissage, la revue esse lancera son nouveau numéro sous le thème Bibliothèque.

L'exposition

Chez Jonathan Plante, l’Angle mort, c’est l’écart créé par la mise en mouvement de l’image. La série de tableaux-écrans qui compose l’exposition, en revisitant la peinture abstraite, l’art optique et cinétique, ainsi que le cinéma expérimental, explore, amplifie et systématise le caractère plastique du mouvement. Des peintures et des impressions sérigraphiques réalisées sur des supports lenticulaires offrent des images qui mettent en évidence le lien indissociable entre le déplacement du spectateur et sa perception.

L’artiste utilise le terme « cinéplastique » pour décrire ses explorations de la temporalité du tableau. Le mot est employé pour la première fois par l’historien de l’art et essayiste Élie Faure, en 1922, dans l’article « De la cinéplastique ». Il y envisage « un art où le temps deviendrait réellement une dimension de l’espace ». Jonathan Plante s’inspire de ces réflexions pour nourrir ses recherches, en recadrant les questionnements de Faure dans un contexte actuel. Comment peut-on penser le statut de l’image dans une société où l’attention est constamment sollicitée par le mouvement ? Le déplacement devenant la loi de notre rapport au monde, il en formate notre lecture. Selon Plante, ce mouvement perpétuel se pose aujourd’hui comme outil d’une économie basée sur la création et la marchandisation d’expériences.

L'artiste

Jonathan Plante vit et travaille à Montréal, où il a obtenu un baccalauréat en Études interdisciplinaires de l’Université Concordia. Dans un travail qu’il qualifie de « cinéplastique », il explore les conditions d’apparition du mouvement de l’image. Il s’intéresse notamment à l’image fixe mise en mouvement par le déplacement du regardeur. Ses expositions sont un terrain de recherche sur la perception visuelle faisant écho à l’art optique et au cinéma expérimental. Par l’exploration des temporalités de l’image, il est à la recherche de nouvelles modalités du regard. En 2005, il se rend à Amsterdam pour une résidence de deux ans à De Ateliers. Au cours de son séjour aux Pays-Bas, il présente des expositions individuelles et collectives. En 2008, son travail est inclus dans la première Triennale québécoise, Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme, organisée par le Musée d’art contemporain de Montréal. Il présente les expositions individuelles Palindrome au Musée d’art contemporain des Laurentides en 2010, Parallaxe à la Galerie Division, en 2011, et Moonwalk, en 2014, à la Galerie Hugues Charbonneau qui représente le travail de l’artiste. En 2013, il propose une exposition solo destinée à un jeune public, Lapincyclope, à VOX — Centre de l’image contemporaine à Montréal. Lapincyclope est ensuite accueillie en tournée dans neuf lieux au Québec et au Canada. En 2017, il présentera une exposition solo à L’œil de poisson à Québec. Ses œuvres font partie de collections privées et publiques, dont celles du Musée d’art contemporain de Montréal et du Musée national des beaux-arts du Québec.

Activités gratuites

Présentation d’artiste : Jonathan Plante
Dans le cadre de la série L’art observe

Mardi 7 février 2017
12 h 45 – 13 h 45
Galerie de l’UQAM

Visites commentées de l’exposition :

Offertes en tout temps. Réservations requises auprès de Philippe Dumaine, 514 987-3000, poste 3280, ou dumaine_allard.philippe@uqam.ca

Appuis

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Conseil des arts du Canada Conseil des arts du Canada

GALERIE DE L’UQAM

Université du Québec à Montréal
1400, rue Berri, Pavillon Judith-Jasmin, Local J-R 120
Montréal, Québec
Ouvert du mardi au samedi, de midi à 18h.
Entrée libre