2018_Terriens2_gShary Boyle & John Kurok, Sugluk, 2016, porcelaine, 20 x 46 x 30 cm. Collection particulière, photo : Rafael Goldchain

Terriens

Commissaire : Shary Boyle, en collaboration avec Shauna Thompson

Artistes : Roger Aksadjuak, Shuvinai Ashoona, Pierre Aupilardjuk, Shary Boyle, Jessie Kenalogak, John Kurok, Leo Napayok

10 mars – 14 avril 2018
Vernissage : samedi 10 mars, 15 h

Exposition organisée et mise en circulation par Esker Foundation, Calgary

[Plus d'informations]

La Galerie de l’UQAM accueille, dès le 10 mars, l’importante exposition Terriens, en tournée canadienne depuis sa présentation à la Fondation Esker de Calgary à l’hiver 2017. Réalisées individuellement et collectivement par sept artistes contemporains, dont six sont des artistes inuits, les céramiques et œuvres sur papier de Terriens puisent leur inspiration de la condition terrestre. Elles sont à la fois visionnaires, transformatives et d’un autre monde, mais aussi profondément humaines.

Bien qu’ils travaillent dans des contextes culturels et géographiques distincts – Kangiqliniq (Rankin Inlet), Kinngait (Cape Dorset), Qamani'tuaq (Baker Lake) et Toronto –, les artistes participant à cette exposition partagent une approche intuitive et engageante des matériaux et de l’imagerie narrative, fortement axée sur la main-d’œuvre. Dans leurs œuvres, des personnages détaillés font l’objet de transformations et de métamorphoses, de croisements hybrides entre animaux et humains, entre mythe et réalité, et entre lieux réels et imaginaires. Ces pièces, à la fois physiques et charnelles, sensuelles et spirituelles, étrangères et familières, semblent émaner de mondes fantasmagoriques.

L’exposition est organisée et mise en circulation par la Fondation Esker (Calgary).

L’exposition

L’espace, tout comme notre façon de l’occuper, est une question politique aussi bien que pratique. Je m’applique à fabriquer de petites sculptures, lentement, avec le plus grand soin. L’invitation de la Fondation Esker a constitué une occasion magnifique d’exposer mon travail à une échelle généreuse. Qui allais-je inviter à ma table?

Il y a des artistes qui travaillent à partir de leur intuition, qui tirent parti de leurs expériences personnelles et de leur mémoire culturelle à des fins narratives. Ces artistes choisissent des sujets qu’ils connaissent intimement, personnellement, physiquement. C’est une façon innée de travailler qui favorise une conversation humaine au-delà de l’art.

Je conçois cette approche, y compris la mienne, comme une forme d’« art passerelle » qui relie les êtres humains, les animaux, l’espace et la terre. Cet art relie les langues. Il relie le réel et l’irréel. La vie et la mort. Le passé et le futur. C’est un art pour communiquer, au moyen de symboles, de mythes, de rêves et d’hybrides. Un art qui rapproche.

- Shary Boyle

Les artistes

Les œuvres complexes et inventives de Roger Aksadjuak adoptent des formes multiples et une imagerie ludique, tout en respectant les récits traditionnels. Elles figurent dans de nombreuses collections publiques et privées d’Amérique du Nord, notamment celles du Musée des beaux-arts de Winnipeg et du Musée des beaux-arts du Canada à Ottawa. Sa pièce Square Dance [Danse carrée] a eu l’honneur d’être la première œuvre acquise par l’Assemblée législative du Nunavut à Iqaluit. Roger Aksadjuak est décédé en 2014; il vivait à Kangiqtiniq (Rankin Inlet).

Shuvinai Ashoona est une artiste contemporaine établie à Kinngait (Cape Dorset), dont l’œuvre conjugue souvent le réel et l’imaginaire. Ashoona a participé à de nombreuses expositions, parmi lesquelles SITElines Santa Fe: New Perspectives on Art of the Americas (2014-2015) à SITE Santa Fe; Woven Thoughts (2014) à Feheley Fine Arts, à Toronto; et Oh, Canada (2012) au Massachusetts Museum of Contemporary Art, à North Adams. Son œuvre est représenté dans plusieurs institutions majeures, dont le Musée des beaux-arts de l’Ontario à Toronto; le Musée des beaux-arts de Winnipeg; ainsi que le Musée canadien de l’histoire et le Musée des beaux-arts du Canada, tous deux à Ottawa.
dorsetfinearts.com/shuvinai-ashoona

La pratique artistique de Pierre Aupilardjuk témoigne de son attachement profond pour l’esthétique traditionnelle. Ses œuvres font partie des collections du Centre du patrimoine septentrional Prince-de-Galles à Yellowknife et du Musée des beaux-arts du Canada à Ottawa, ainsi que de collections privées d’Amérique du Nord. Aupilardjuk, qui vit et travaille à Kangiqtiniq (Rankin Inlet), a participé à plusieurs expositions, dont Modern Echoes: Contemporary Inuit Ceramics and Sculpture (2000) à la Native American Trading Company Gallery de Denver.

Shary Boyle vit à Toronto où elle pratique aussi bien la sculpture que le dessin, l’installation et la performance. Exposée et collectionnée partout dans le monde, Boyle a représenté le Canada à la 55e Biennale de Venise, en 2013, avec le projet Music for Silence. Elle a également participé à l’exposition Art et céramique – CERAMIX – De Rodin à Schütte, organisée par le Bonnefantenmuseum à Maastricht et La maison rouge à Paris. En 2017, ses sculptures ont été présentées à la Biennale internationale de céramique de Gyeonggi et reproduites dans la publication Vitamin C: Clay and Ceramic in Contemporary Art (Phaidon, Londres). Boyle installera sa première œuvre d’art publique au printemps 2018 devant le Musée Gardiner à Toronto.
sharyboyle.com

Née à Back River au début des années 1950, Jessie Kenalogak vit et travaille à Qamani’tuaq (Baker Lake). Cette artiste, qui se consacre principalement au dessin, tire essentiellement son inspiration de son grand-père Angushadluk, un des artistes les plus importants et les plus respectés qu’ait connus Baker Lake; et de sa tante Mary Singaqti, autre artiste hautement respectée de Baker Lake. Fruits d’une interprétation très personnelle, les titres de ses œuvres constituent un élément expressif de son travail.

John Kurok se consacre à la céramique à temps plein depuis 1996. Son travail met en évidence les liens entre les formes et les mouvements visuels engendrés par ces dernières sur la surface de pièces sculpturales. Ses œuvres ont été présentées entre autres au Musée des beaux-arts de Winnipeg; à la Canadian Clay and Glass Gallery à Waterloo; et à la Collection Cerny d’œuvres d’art inuit à Berne. Elles font partie des collections du Musée des beaux-arts du Canada à Ottawa et du Musée d’art inuit de Toronto. Kurok vit actuellement à Kangiqtiniq (Rankin Inlet).

Né au début des années 1960, Leo Napayok a passé la majeure partie de son enfance dans les localités de Salliq (Coral Harbour) et de Kangiqtiniq (Rankin Inlet). Il travaille en collaboration avec d’autres céramistes en ornant leurs récipients et pièces sculpturales d’extraordinaires dessins au moyen d’incisions couvrant l’ensemble de leur surface. On trouve ses œuvres collaboratives dans la collection du Musée des beaux-arts du Canada à Ottawa.

Les commissaires

Shary Boyle – voir ci-haut

Avant de devenir conservatrice à la Fondation Esker, Shauna Thompson a été conservatrice adjointe à la Walter Phillips Gallery au Banff Centre. Elle a également travaillé à la Justina M. Barnicke Gallery et à YYZ Artists’ Outlet, à Toronto, de même qu’à l’Art Gallery of Mississauga. Ses écrits ont été publiés dans la revue Canadian Art, ainsi que dans de nombreux catalogues d’exposition. Elle siège actuellement au conseil d’administration de TRUCK Contemporary Art à Calgary. Thompson est titulaire de deux maîtrises, l’une en études commissariales, de l’Université de Toronto, et l’autre, en anglais, de l’Université de Guelph.

Le catalogue

L’exposition Terriens est accompagnée d’un catalogue trilingue (français, anglais et inuktitut) richement illustré. Il est en vente à la Galerie de l’UQAM.

Terriens
Auteures : Naomi Potter, Shary Boyle, Shauna Thompson et Heather Igloliorte
Éditeur : Fondation Esker
2017, 142 p., trilingue (français, anglais et inuktitut)
45 $

Activités publiques

Présentation spéciale de sculptures inuites de la Collection d’œuvres d’art de l’UQAM
Dans le cadre de la série L’art observe
3 avril 2018, 10 h – 16 h
Agora du pavillon Judith-Jasmin, UQAM
1400 rue Berri, Montréal
Entrée libre

La Collection d’œuvres d’art de l’UQAM, qui compte plus de 4 000 objets et œuvres d’art, comprend un ensemble d’une vingtaine de sculptures réalisées par des artistes inuits. À l’occasion d’une présentation spéciale de ces pièces à l’Agora du pavillon Judith-Jasmin, la communauté montréalaise aura l’occasion d’apprécier la richesse technique et artistique de ces œuvres peu connues. Des médiateurs seront sur place pour offrir de plus amples informations sur les œuvres et sur la Collection d’œuvres d’art de l’UQAM.

Visites commentées de l’exposition pour les groupes
Offertes sans frais, en tout temps.
Réservations requises auprès de Philippe Dumaine
514 987-3000, poste 3280, ou dumaine_allard.philippe@uqam.ca

Partenaires

CCFA_BW_black_96_e     Calq_noir   

Esker_noir

2018_Majeri2_gLeyla Majeri, There, for a second, 2017, papier teint à la main, sac de plastique

Leyla Majeri. Don't Blame Us If We Get Playful

Finissante de la maitrise en arts visuels et médiatiques, UQAM

10 mars - 14 avril 2018
Vernissage : samedi 10 mars, 15 h

[Plus d'informations]

La Galerie de l’UQAM accueille l’exposition Leyla Majeri. Don’t Blame Us If We Get Playful. L’artiste, finissante à la maitrise en arts visuels et médiatiques de l’UQAM, y propose une exploration matérielle des frontières mouvantes entre nature et culture. S’inspirant de son expérience de jardinière, Majeri offre une installation qui questionne la notion de réciprocité dans notre rapport aux choses et environnements qui nous entourent.

L’exposition

Le travail de la jardinière consiste à creuser et à entretenir plusieurs aspects de la matière, en tenant compte des besoins de celle-ci pour croitre, des types de relations bénéfiques à la vie et du rôle que la mort doit parfois y jouer. Bien que la pratique de l'artiste en atelier s’engage quant à elle dans une tout autre relation avec la matière, un rapport de réciprocité subsiste, menant parfois à une perte de maitrise et par conséquent à des résultats imprévisibles. Dans l’activité artistique tout comme dans celle du jardinage, la distinction entre le geste de cultiver et l’objet cultivé s’estompe à mesure que l’on s’attarde à saisir l’esprit d’une chose qui nous échappe et nous surprend. En prenant appui sur la pratique du jardin, Leyla Majeri élabore une approche sculpturale pour sonder les diverses matérialités, notions et apories qui émergent d’un tel croisement, offrant ainsi un regard inusité sur la relation ambivalente entre nature et culture.

Se déployant au sol, l'exposition Don't Blame Us If We Get Playful propose un environnement dans lequel se brouillent deux pratiques qui, de manières distinctes et à différentes échelles, (re)négocient les limites de la matière. Papier, carton, plâtre et divers rebus y sont manipulés et mis en scène non pas pour prétendre à un jardin, mais bien pour en explorer les limites poreuses. Guidée par cette approche plurielle et spéculative, Leyla Majeri s'attarde aux intersections de l’imaginaire, de la nature et du politique, traçant en chemin leurs liens écologiques.

L’artiste

Leyla Majeri se concentre sur l’installation sculpturale et l’animation cinématographique qu’elle met en relation avec des préoccupations plus vastes portées sur l’écologie entre les choses matérielles, immatérielles et imaginées. Récemment, on a pu voir ses œuvres à la Parisian Laundry (Montréal, 2016), à Sounds Like, Paved Arts (Saskatoon, 2016), au Eastern Bloc (Montréal, 2016) et au Festival du nouveau cinéma (Montréal, 2015). Elle est récipiendaire d’une bourse de projet du Conseil des arts du Canada (2016) et d’une bourse de recherche du Grupmuv (UQAM, 2015). Au printemps 2017, elle effectue une résidence au centre d’artistes Est-Nord-Est (Saint-Jean-Port-Joli) pour mener une recherche sur la matière plastique et ses résidus. Sa première exposition solo, Harness the Sun (Arprim, Montréal, 2016), entamait une réflexion sur le jardin qui se poursuit à la Galerie de l’UQAM. Leyla Majeri complète actuellement une maitrise en arts visuels et médiatiques à l’UQAM.
leylamajeri.blogspot.ca

Activités publiques

Présentation d’artiste : Leyla Majeri
Dans le cadre de la série L’art observe
Mardi 27 mars 2018, 12 h 45
Galerie de l’UQAM
En français
Entrée libre

Visites commentées de l’exposition pour les groupes
Offertes sans frais, en tout temps.
Réservations requises auprès de Philippe Dumaine, 514 987-3000, poste 3280, ou dumaine_allard.philippe@uqam.ca

Partenaires

CCFA_BW_black_96_f    Calq_noir

2018_Passage_gVue de l’exposition Passage à découvert 2017, Galerie de l’UQAM, 2017

Passage à découvert 2018

Finissant.e.s du baccalauréat en arts visuels et médiatiques, UQAM

27 avril – 5 mai 2018
Vernissage : jeudi 26 avril, 17 h 30

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Passage à découvert est l’occasion de découvrir les travaux des artistes contemporain.e.s et des pédagogues de demain qui occuperont les musées, galeries et écoles. L’exposition illustre la vivacité créatrice, la curiosité et la liberté des étudiant.e.s, et témoigne du professionnalisme des diplômé.e.s, ainsi que de l’engouement que génèrent leurs projets. Présentée chaque année, cette exposition fait également ressortir la richesse et la diversité des programmes offerts par l’École des arts visuels et médiatiques, laquelle privilégie une formation pluridisciplinaire.

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RADAR 2018

Commissaires : Doriane Biot, Véronique Hudon, Camille Richard
Coordonnateur : Philippe Dumaine

16 mai – 16 juin 2018
Vernissage : mardi 15 mai, 17 h 30

[Plus d'informations]

La Galerie de l’UQAM lance RADAR, une nouvelle initiative qui permettra à des étudiantes des programmes de cycles supérieurs en histoire de l’art, muséologie et arts visuels de l’UQAM de contribuer à la définition, au développement et à l’organisation d’une exposition. Chaque année, RADAR visera à articuler autour d’une problématique spécifique un ensemble d’œuvres dont certaines seront issues de la Collection d’œuvres d’art de l’UQAM. Cette année, alors que l’on célèbrera en aout prochain le 70e anniversaire de la publication du Refus global, la Galerie de l’UQAM entend ouvrir un questionnement sur la société actuelle et sur l’engagement des artistes. Cette première édition de RADAR mettra en présence des œuvres qui révèlent les peurs bleues, peurs rouges et peurs blanches évoquées par Paul-Émile Borduas dans le manifeste du Refus global. Il y a toutes les raisons, devant le monde d’aujourd’hui, d’éprouver un désarroi semblable à celui exprimé par Borduas et ses complices en 1948. Comment ne pas ressentir, à l’heure actuelle, cet effet de nausée? 70 ans après le Refus global, il semble nécessaire de soulever cette question. RADAR 2018 cherchera ainsi à explorer les « nausées »  qui nous sont contemporaines et les moyens mis de l’avant par les artistes actuel.le.s pour les confronter.

2018_Laferte-Coutu_gAlexia Laferté-Coutu, Monument National (gauche), verre coulé, 36,8 x 22,9 x 5,8 cm et Sans titre (droite), 2017, verre coulé, graphite, oxyde bleu, 34,3 x 21,6 x 3,8 cm

Alexia Laferté-Coutu. Variations sur une ombre plusieurs fois centenaire

Finissante de la maitrise en arts visuels et médiatiques, UQAM

16 mai – 16 juin 2018
Vernissage : mardi 15 mai, 17 h 30

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Par le geste de pression d’argile souple sur la surface extérieure de bâtiments, Alexia Laferté-Coutu cherche à générer un rapport actif à la sculpture. Elle associe ce geste sculptural au procédé du cataplasme, une thérapeutique ancienne consistant à appliquer temporairement une pâte épaisse (argile, plantes) sur une partie du corps afin d’absorber les toxines. Dans le domaine de la conservation architecturale, ce même procédé est utilisé pour nettoyer des segments architecturaux ayant été ensevelis par l’accumulation de poussière de plomb ou de polluants. L’application d’une pâte à base d’argile et d’agents actifs issus de l’algue rouge permet d’absorber les impuretés adhérant à la surface de l’architecture et de révéler d’anciennes fresques, gravures, frises sculptées ou façades d’importance culturelle particulière. Dans cette installation, les cataplasmes cristallisés par le biais du moulage s’affranchissent de leur statut d’objet en suggérant des formes non identifiables au positif toujours absent.



Conseil des arts du Canada Conseil des arts du Canada

GALERIE DE L’UQAM

Université du Québec à Montréal
1400, rue Berri, Pavillon Judith-Jasmin, Local J-R 120
Montréal, Québec
Ouvert du mardi au samedi, de midi à 18h.
Entrée libre