Monique Régimbald-Zeiber, Grande peau de chagrin, 1996, acrylique sur toile, 159 x 112 cm et 10,5 x 17,5 cm © Galerie de l'uqam (2003.1)

Grande peau de chagrin

Monique Régimbald-Zeiber

1996
Acrylique sur toile, 2 éléments
Grande peau : 159 x 112 cm et Petite peau : 10,5 x 17,5 cm
2003.1.1-2
Don de l'artiste

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Cette œuvre consiste en un ensemble de tableaux d’une grande nudité, presque monochromes, semblables à des « peaux silencieuses » qui oscillent entre l'autoportrait et la peinture sociale. Surfaces de réflexion, les tableaux de Grande peau de chagrin mettent en place la possibilité d’un corps à corps avec celui ou celle qui se risque à perdre son regard dans ce qui prend ici l’aspect d’une réplique photographique de bouts d’épiderme. L’accumulation de fines couches d’acrylique appliquées en transparence, souvent avec la main, donne sa carnation à cette chair qui ne s’arrête pas aux bordures du cadre, mais qui semble s’étirer en dehors du champ.

Dominique Blain, La république, 1990-2003, émulsion sur film, bois, microphones, 147,3 x 50,8 x 50,8 cm © Galerie de l'uqam (2003.2)

La république

Dominique Blain

1990-2003
Émulsion sur film, bois, microphones
147,3 x 50,8 x 50,8 cm
2003.2.1-11
Don de l'artiste

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Dominique Blain travaille dans le créneau de l'art qualifié de politique, notamment sur les rapports sociaux, les institutions politiques et les idéologies qui ont marqué le XXe siècle et façonnent encore le monde actuel. Avec l'œuvre La république réalisée pour dénoncer le massacre de la place Tienanmen à Beijing survenu en 1989, l'artiste recouvre de fragments photographiques les quatre faces d'une tribune surmontée de microphones. Si nous regardons l'oeuvre de plus près, nous découvrons que les fragments apposés représentent une foule devenue silencieuse, car Blain y supprime toutes les bouches et illustre de cette manière, le droit d'expression bafoué. La mise à l'avant-plan d'un objet connu et familier matérialise l'horreur et le poids écrasant des dictatures qui s'énoncent à l'intérieur du monde dans lequel nous vivons.

Lucio de Heusch, L'île aux Corneilles, 2001, acrylique sur toile, 137 x 168 cm © Galerie de l'uqam (2003.3)

L'île aux Corneilles

Lucio de Heusch

2001
Acrylique sur toile
137 x 168 cm
2003.3
Don de l'artiste

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Découlant d’une réflexion axée sur la multiplicité des espaces picturaux et sur les différents niveaux de perception, L’île aux Corneilles déstabilise le spectateur qui, au premier abord, se fait prendre au jeu des distances. Le lointain, déterminé par l’étendue noire au bas de la toile, s’avère en fait la silhouette d’une île. La distance proxémique se voit pour sa part représentée par un bâton de bois peint en trompe-l’œil, dont la pointe s’appuie sur la toile et dont la partie supérieure semble basculer dans l’espace du visiteur, laissant derrière lui une ombre sur la toile. Ainsi, l’œuvre témoigne d’une tension perceptuelle que l’on retrouve dans les travaux récents de l’artiste. C’est qu’il mélange les espaces de profondeur avec la planéité et la reproduction d’objets réels avec des objets peints.

François Lacasse, L'étalement, 2000, acrylique et encre sur toile, 182,5 x 117 cm © Galerie de l'uqam (2003.4)

L'étalement

François Lacasse

2000
Acrylique sur toile
182,5 x 117 cm
2003.4
Don de l'artiste

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L’étalement des qualités plastiques de la matière et des effets optiques de la couleur ainsi qu’une application de la peinture de manière à « contrôler » l’accidentel caractérisent l’œuvre peinte de François Lacasse. Sa technique consiste à déposer la toile à l’horizontale, puis à appliquer, d’un geste spontané et intuitif, une grande quantité de liant coloré. L’artiste laisse couler la peinture de manière à ce qu’elle se fraie un chemin suivant sa consistance, sa viscosité, sa fluidité et l’inclinaison qu’il donne à la toile. Alors que les motifs semblent se perdre dans les coulures de peinture, le tableau devient un objet tactile où les couleurs onctueuses et liquides, les jeux de transparence et la laque vitreuse saisissent et séduisent le regard.

2003_4_crag_g

Delicate Issue

Kate Craig

1979
Betacam
12 min 30 s, anglais, couleur
2003.5
Achat

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Dans Delicate Issue [Issue délicate], Kate Craig scrute les orifices de son corps et s’attarde sur les pans de son épiderme parsemés de plis, de taches et de poils. Le rapport du spectateur au corps de la femme présenté comme surface se voit remis en question par les mots que prononce Craig. La vidéo, qui met en scène l’exploration systématique de son propre corps par l’artiste, aborde le sujet équivoque de l’identité féminine et de l’attitude vis-à-vis du rôle de la femme, une problématique qui n’est pas sans rappeler le féminisme. L’observation en plan rapproché marque une absence de distance et entraîne par moments une perte de repères où tout se déforme et se défigure. Le corps comme lieu d’affirmation de l’identité apparaît morceau par morceau, devenant ainsi une entité fragmentée.

Nicole Jolicœur, Petite prose I, II et III, 1998, épreuve argentique, 120 x 120 cm/ch. © Galerie de l'uqam (2003.6)

Petite prose I, II et III

Nicole Jolicœur

E1998
Épreuve argentique
120 x 120 cm/ch
2003.6.1-3
Don de l'artiste

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La suite Petites proses témoigne d'une recherche que l'artiste a effectuée sur le corps de la femme et sur l'hystérie tels qu'étudiés au XIXe siècle par la médecine. La rencontre de la pensée scientifique et de la pensée artistique établit, chez Nicole Jolicœur, un espace de questionnement lié aux notions de preuve, de vérité, de modèle de représentation et d’authentification du réel. Cette traversée des deux disciplines se fait sur le brouillage de leurs limites et sur leur capacité respective à imposer de nouvelles représentations. Bien qu’une analogie puisse être établie avec les pratiques du tatouage et de la scarification, nous introduisant ainsi dans le monde de la sorcellerie et de la religion, l’œuvre livre avant tout le récit d’une fragilité inscrite dans ces corps assujettis aux ambitions des hommes de sciences. Des photographies qui donnent voix aux images afin de nous permettre d’entendre leur prose.

Sylvie Readman, Incidences, 1999, épreuve argentique, 95 x 129 cm/ch. © Galerie de l'uqam (2003.7)

Incidences

Sylvie Readman

1999
Épreuve argentique sur masonite (diptyque)
95 x 129 cm/ch
2003.7.1-2
Don de l'artiste

[Plus d'informations]

Sylvie Readman tente non pas de reproduire le monde qui nous entoure, mais bien de créer des images manipulées à partir de réalités observables. La plupart de ses photographies ont en commun une dimension, celle de la distance : le spectateur est pris d’un désir contradictoire à la fois d’« entrer » dans l’image pour mieux la saisir et de s’en éloigner pour mieux la définir. Cette stratégie de distanciation de l’image lui permet de maintenir en tension le sujet représenté, tout en mettant en question le médium photographique. L’œuvre Incidences s’inscrit dans cette démarche qui demande une mise à distance, une attente, un temps d’arrêt pour cerner le sujet. Elle reproduit une vue aérienne de la terre par temps de brouillard, où s’entremêlent le sol recouvert de sillons de neige et les nuages qui disparaissent à la courbure de l’horizon.

Mario Côté, La nuit, un certain rouge/4, 2001, acrylique, photographie et photocopie sur toile, 152,5 x 228,5 cm © Galerie de l'uqam (2003.8)

La nuit, un certain rouge/4

Mario Côté

2001
Acrylique, photographie et photocopie sur toile
152,5 x 228,5 cm
2003.8
Don de l'artiste

[Plus d'informations]

Dans La nuit, un certain rouge /4, une image cherche à percer la couleur pour affirmer sa présence. Le tableau est produit à partir d'une photographie sur laquelle sont appliquées successivement des couches de peinture qui ont pour effet de dissoudre les détails et les contours de l'image sous-jacente. L'artiste donne ainsi à voir un récit de la peinture qui associe et superpose les trames de couleurs, les lignes irrégulières, les jeux d'épaisseur et de texture, évoquant en quelque sorte le fonctionnement de notre mémoire, laquelle superpose et condense différentes strates de temps et d'événements.



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GALERIE DE L’UQAM

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Ouvert du mardi au samedi, de midi à 18h.
Entrée libre