2018_Soulevements-JourneeMarie-Josée Saint-Pierre, Passages, 2008, still from the animation

 

Des voix qui s'élèvent

Symposium organized by the Département d'histoire de l'art de l'UQAM in the context of the exhibition Uprisings

 

Thursday, November 8, 2018
9 a.m. - 5:30 p.m. 

Salle de la reconnaissance, Pavillon Athanase-David, UQAM
1430 Saint-Denis, Room D-R200

Free admission
In French, with simultaneous interpreting in Langue des signes québécoise (LSQ)

Speakers: Maxime Boidy, Martine Chartrand, Hannah Claus, Ersy Contogouris, Lydia Etok, Clément de Gaulejac, Philippe de Grosbois, Cynthia Hammond, Joanne Lalonde, Ève Lamoureux, Camille Larivée, Véronique Leduc, Mélanie Millette, Pattie O’Green, Julie Ravary-Pilon, Marie-Josée Saint-Pierre, Nina Segalowitz, Maria Silina

Organizing committee: Marie Fraser, Annie Gérin, Dominic Hardy, Vincent Lavoie, Edith-Anne Pageot, Thérèse St-Gelais

 

As the event is taking place in French, the details below are not available in English.

 

INTRODUCTION

 

Les voix s’élèvent pour briser le silence, témoigner, prendre position, manifester, créer du vacarme, réclamer l’écoute. C’est ainsi que des paroles deviennent audibles, des images visibles et que des gestes se déploient, ouvrant des espaces pour l’insoumission collective, l’agitation, la révolte ou le dialogue. 

Des voix qui s’élèvent est une journée d’étude transdisciplinaire qui vise à présenter des recherches et des créations sous le thème de la prise de parole, ainsi que des témoignages d’artistes, des militantes et militants dont les œuvres et les actions provoquent soulèvements et revirements sociaux. Les présentations prendront la forme de conférences, de tables rondes et de performances, et toucheront à une multitude d’enjeux incluant les oppressions, la marginalisation sociale, les exclusions de l’histoire et les blessures mémorielles.

 

PROGRAMME

 

9 h : Accueil 

 

9 h 15 : Mot de bienvenue

 

9 h 30 - 11 h : Séance 1 – Témoignages, oralités, visualités

Responsables : Thérèse St-Gelais et Marie Fraser

 

Comment paroles et images sont-elles mobilisées pour éveiller des prises de conscience engagées? Réunissant des voix qui, ensemble, sont représentatives d’un regard critique et intersectionnel sur les pratiques créatrices et les savoirs normés, cette table ronde met de l’avant les témoignages d’artistes et de chercheures qui expriment comment l’investissement dont elles font preuve intervient autant dans le milieu littéraire, du cinéma d’animation, des arts visuels, de l’enseignement que de l’horticulture.

 

Martine Chartrand, artiste et cinéaste

[Notice biographique]

Martine Chartrand est une artiste visuelle et cinéaste d’animation québécoise d’origine haïtienne. Elle détient un baccalauréat en arts visuels de l’Université Concordia, et un certificat en enseignement des arts de l’UQAM. Elle a réalisé TV Tango, Âme noire (Ours d’or de Berlin du meilleur court métrage, 2001) et MacPherson (Grand prix du meilleur court métrage et Prix du meilleur court métrage canadien au Festival des films du monde, 2012). Elle enseigne des classes de maitre et des ateliers d’animation en peinture sur verre dans les collèges et les universités. martinechartrand.net

Véronique Leduc, professeure au Département de communication sociale et publique, UQAM

[Notice biographique]

Artiste et chercheure engagée, première professeure d’université sourde au Québec, Véro Leduc enseigne au programme d’action culturelle de l’UQAM. Ce programme forme des professionnel·les capables de concevoir des actions culturelles et de promouvoir à la fois la démocratisation de la culture et la démocratie culturelle. Chercheure associée à divers partenariats de recherche, ses projets et ses pratiques s’articulent à travers des démarches de recherche-création et des perspectives critiques, féministes, queers, intersectionnelles, crip (handicapées) et sourdes. Ses recherches actuelles portent sur les pratiques artistiques des personnes sourdes et handicapées au Canada, la musique sourde et l’accessibilité culturelle.

Pattie O’Green, auteure

[Notice biographique]

Pattie O’Green est l’extension identitaire d’une intello émotive qui se prend pour une cowgirl! Blogueuse-cueilleuse, fille cosmique, horticultrice (diplôme d’études professionnelles et attestation de spécialisation professionnelle), Docteure ès arts (UQAM), historienne de l’art (Agence Topo), Kundalini witch (Equilibrium Yoga), elle est l’auteure de Mettre la hache : slam-western sur l’inceste (Remue-ménage, 2015). patty0green.wordpress.com

Marie-Josée Saint-Pierre, réalisatrice indépendante, professeure au Collège Inter-Dec et doctorante en Études et pratiques des arts, UQAM

[Notice biographique]

Marie-Josée Saint-Pierre fonde en 2004 la société indépendante MJSTP Films Inc. au sein de laquelle elle produit ses propres films à la jonction du documentaire et du cinéma d’animation. Au fil de ses créations originales, deux grands thèmes se dégagent : la maternité et la création artistique. Sélectionné à la Quinzaine des Réalisateurs du Festival de Cannes, Jutra (2014) a raflé trois prix canadiens prestigieux (Gémeaux, Jutra et Prix Écrans canadiens).  Au cours de sa carrière, son travail cinématographique a remporté plus de 55 prix internationaux. Diplômée de l’Université Concordia (BFA Film Animation et MFA Film Production), elle est doctorante en Études et pratiques des arts à l’UQAM et récipiendaire de la bourse d’études Vanier pour les cycles supérieurs.  Sa thèse de recherche s’intitule Cinéma d’animation et féminismes : l’influence des conditions de création des réalisatrices de l’Office national du film du Canada dans leurs œuvres (1970-1979). Elle enseigne le langage cinématographique et l’imagerie digitale au Collège Inter-Dec. mjstpfilms.com

 

11 h - 12 h 30 : Séance 2 – Vivre ensemble et artivisme

Responsable : Edith-Anne Pageot

 

Les controverses récentes autour de la notion d’appropriation par la représentation nous invitent à nous interroger sur le rôle des démarches artistiques associées à « l’artivisme » dans la construction du vivre-ensemble. Comment les formes d’artivisme se développant dans l’espace public (la rue, l’école, le quartier…) réinventent-elles les modes de protestation? De quelles manières l’ancrage dans des espaces locaux et publics permet-il (ou non) de donner voix aux groupes minorisés ou racisés? Le vivre-ensemble implique-t-il, aujourd’hui, un renouveau de la notion de bien commun? En quoi la posture de l’artivisme participe-t-elle à ce renouvèlement? Les participantes à cette table ronde ont été invitées à réfléchir à ces questions à partir de leurs expériences de commissariat, de recherche et de création.

 

Hannah Claus, artiste

[Notice biographique]

Hannah Claus est une artiste visuelle de descendance anglaise et Kanien’kehá:ka [Mohawk]. Elle vit et travaille à Tioh’tià:ke [Montréal] où elle a complété une maitrise en beaux-arts de l’Université Concordia en 2004. Dans sa pratique, Claus crée des œuvres qui expriment les complexes relations et/ou problématiques issues du colonialisme en priorisant une perspective autochtone et Haudenosaunee [Iroquoise]. Ses installations se trouvent, entre autres, dans les collections du Musée des beaux-arts du Canada, de la Banque d’art du Conseil des arts du Canada, de la Ville de Montréal et du Ministère des Affaires mondiales Canada. Depuis 6 ans, elle enseigne à temps partiel au Collège Kiuna à Odanak. Elle vient de terminer un mandat de cinq ans au conseil d’administration du Collectif des commissaires autochtones, et siège actuellement au Conseil des arts de Montréal avec le but de développer un programme pour les arts autochtones. Claus est membre de la communauté Tyendinaga - Mohawks of the Bay of Quinte en Ontario. hannahclaus.net

Cynthia Hammond, codirectrice du Centre d’histoire orale et de récits numérisés (COHDS), Université Concordia

[Notice biographique]

La recherche-création de Cynthia Imogen Hammond s’intéresse aux connaissances et à l’agentivité inattendues au sein de la ville. Par son travail artistique et l’art de la narration, Cynthia tente de rendre visibles le rôle des femmes, des ainé·e·s, des animaux et même de la vie végétale dans la formation des environnements urbains. Sa pratique interdisciplinaire et in situ explore le droit à la ville à travers le regard de ceux et celles qui y vivent. Son travail implique des partenariats université-communauté et entraine souvent un art public collaboratif. Cynthia est professeure d’histoire de l’art à l’Université Concordia où elle codirige le Centre d’histoire orale et de récits numérisés.

Ève Lamoureux, professeure au Département d’histoire de l’art, UQAM

[Notice biographique]

Ève Lamoureux est professeure au Département d’histoire de l’art de l’Université du Québec à Montréal. Ayant comme thème général le rôle social et politique de l’art, ses recherches se concentrent sur trois principaux enjeux : l’art engagé et ses modalités actuelles en arts visuels, les arts communautaires et la médiation culturelle. Elle est membre du Centre de recherche Cultures – Arts – Sociétés (CELAT). Elle est l’auteure, notamment, du livre Art et politique : nouvelles formes d’engagement artistique au Québec, publié chez Écosociété en 2009.

Camille Larivée, coordinatrice du Projet Tiohtià:ke, Aboriginal Curatorial Collective/Collectif des Commissaires Autochtones (ACC-CCA) et fondatrice du collectif Les Voix Insoumises/Unceded Voices

[Notice biographique]

Camille Larivée détient un baccalauréat en histoire de l’art et un certificat en études féministes de l’UQAM. Elle est une street artiste, organisatrice de projet d’art communautaire et elle a été coordonnatrice pour plusieurs projets dans le milieu culturel à Montréal. Elle a collaboré entre autres avec le RÉSEAU pour la stratégie urbaine de la communauté autochtone de Montréal, le Projet Square Cabot, l’Alliance des arts médiatiques indépendants et la Coalition nationale des arts médiatiques autochtones. En 2014, elle a fondé le collectif Unceded Voices/Les Voix Insoumises, une convergence qui travaille sur l’invisibilité des femmes artistes et muralistes autochtones et de couleur, 2Spirit et Queer, dans l’espace urbain montréalais.

 

12 h 30 : Pause midi

 

13 h 15 : Performance de Nina Segalowitz et Lydia Etok

Galerie de l’UQAM, pavillon Judith-Jasmin, local J-R120

 

Nina Segalowitz, artiste

[Notice biographique]

Dans la plus pure tradition culturelle inuite, Nina Segalowitz (Inuit/ Chipewyan de Fort Smith, Territoires du Nord-Ouest), mère de trois enfants, performe magistralement le chant de gorge inuit, depuis plus de vingt ans. Les chants de gorge sont une pratique millénaire chez les Inuits, ce sont des moments privilégiés de loisir et de divertissement pour les femmes inuites, qui interprètent alors la nature ainsi que leur environnement. Nina Segalowitz a fait des prestations dans plusieurs pays (France, Belgique, Luxembourg, États-Unis, Canada) et a accompagné plusieurs groupes et chanteurs·euses, dont Ariane Moffat. Elle a aussi performé devant de prestigieux publics tel que Sa Majesté la Reine Mathilde de Belgique.

Lydia Etok, artiste

[Notice biographique]

Lydia Etok est une inuk (Inuit) originaire de Kangiqsualujjuaq, un petit village de 750 habitant·e·s situé dans la province du Québec au nord-est de la baie d’Ungava.  À l’âge de 18 ans, Lydia quitte la région pour poursuivre ses études à Montréal, et c’est depuis ce temps qu’elle habite dans la métropole. Malgré la distance qui la sépare de son lieu d’enfance, Lydia a toujours gardé contact avec le monde qui l’entourait et visite son village natal au moins une à deux fois par année. En tant qu’étudiante au cégep, Lydia a commencé à pratiquer les chants de gorge avec des amies qui venaient de sa région.  Une activité de loisir qui imite les sons de la nature est devenue pour Lydia une façon de partager sa culture, ses traditions et les façons de faire des Inuits. Elle a ensuite donné des présentations dans les écoles et reçu des invitations de la part de festivals au Canada, aux États-Unis et à travers le monde. Aujourd’hui, elle travaille pour la Société Makivik comme assistante administrative dans la division de la construction.

 

14 h 15 - 15 h 30 : Séance 3 – Dire, montrer, occuper

Responsable : Dominic Hardy

 

Cette table ronde aborde à travers des exemples puisés dans les vécus très récents de quatre sociétés (la récente campagne électorale au Québec, le détournement de la présidence des États-Unis depuis 2016, des manifestations contre l’état Russe depuis 2004, celles de mai 2018 en France), les aventures sans cesse renouvelées et souvent difficiles de la prise de parole publique. Violentée, en proie des tensions qui paraissent irrémédiables, cette prise de parole – signalée par le dire, par le voir, par la mobilisation du corps (individuel, collectif), par le regard – se confronte aux restrictions, aux retournements et aux détournements, voire jusqu’aux interdictions qui signalent leur manipulation, à sens et à contresens, dans et par le politique. Comment faire en sorte que le dire s’affranchisse de l’interdire, que montrer soit un des moyens de cette échappée, qu’occuper puisse en fin de compte être un moyen d’inviter la parole, l’image, le geste, à s’inscrire au-delà des usages circonstanciels et bien trop circonscrits qu’on en fait dans l’espace public? Comment faire ressortir plutôt ce en quoi image, parole, geste nous parviennent, déjà enrichi des sens pléthoriques que leur confient la mémoire humaine, historique parfois, qui en troublent la lecture trop restreinte? Les quatre études de cas présentées dans cette table ronde prennent chacune comme point de départ des formes d’intervention qui mettent en scène des stratégies artistiques et politiques qui nous rappellent tout le potentiel d’un tel dépassement.

 

Maxime Boidy, maitre de conférences en études visuelles, Université Paris-Est

[Notice biographique]

Maxime Boidy est maitre de conférences en études visuelles à l’Université Paris-Est à Marne-la-Vallée (LISAA - EA 4120) et chercheur associé au LabToP – CRESPPA (UMR 7217 – Université Paris 8). Ses recherches portent notamment sur l’histoire intellectuelle des savoirs visuels, l’iconographie politique et les esthétiques de la représentation. Il a récemment préfacé et coordonné la réédition de Techniques de l’observateur : Vision et modernité au 19e siècle de Jonathan Crary (Éditions Dehors, 2016) et publié Les Études visuelles (Presses Universitaires de Vincennes, 2017).

Clément de Gaulejac, artiste et chargé de cours à l’École des arts visuels et médiatiques, UQAM

[Notice biographique]

Clément de Gaulejac est artiste, auteur et illustrateur. Son travail d’artiste a été exposé à Vox, Centre de l’image contemporaine (Les Naufrageurs, 2015), à Axenéo7 (Monuments aux morts de la Liberté, 2015) ainsi qu’au Centre des arts actuels Skol (Motifs raisonnables, 2013). Aux éditions Le Quartanier, il a publié Les artistes (2017), Grande école (2012) ainsi que Le livre noir de l’art conceptuel (2011). À la Mauvaise tête, il a publié Les cordons de la bourse (2014) et Tailleurs d’histoires (2015). Comme illustrateur, il collabore régulièrement avec les revues Liberté et Spirale. Depuis 2012, on a vu circuler, dans la rue ou sur les réseaux sociaux, les affiches de son blogue L’eau tiède. Enfin, en 2017, il a soutenu une thèse de doctorat en Études et pratiques des arts intitulée Tu vois ce que je veux dire ? Illustrations, métaphores et autres images qui parlentcalculmental.org

Ersy Contogouris, professeure adjointe au Département d’histoire de l’art et d’études cinématographiques, Université de Montréal

[Notice biographique]

Les recherches d’Ersy Contogouris portent sur l’histoire de l’art des 18e et 19e siècles, ainsi que sur l’histoire de la caricature et de la satire graphique, qu’elle étudie notamment sous un angle féministe et queer. Parmi ses publications les plus récentes, un article sur la représentation des femmes dans les affiches de magie dans Illusions. L’art de la magie, dirigé par Marc Choko (2016) et un article sur une caricature de James Gillray dans l’ouvrage collectif L’image railleuse dirigé par Dominic Hardy, Frédérique Desbuissons et Laurent Baridon. Elle publiait cette année le livre Emma Hamilton and Late Eighteenth-Century European Art: Agency, Performance, and Representation aux éditions Routledge.

Maria Silina, professeure associée au Département d’histoire de l’art, UQAM

[Notice biographique]

Maria Silina est titulaire d’un doctorat en histoire de l’art. En 2014, elle a obtenu une bourse Banting-CRSH.  Depuis 2016, elle est professeure associée au Département d’histoire de l’art de l’UQAM. Elle est auteure d’un livre sur l’art public en Russie soviétique, paru en russe en 2014, ainsi que de plusieurs articles parus dans des revues internationales – RACAR, Musées et Culture, etc. Elle travaille présentement à un manuscrit intitulé La nouvelle théorie de l’art sur l’accrochage : formalisme, esthétique psychologique et sociologie de l’art dans les musées soviétiques des années 1920 et 1930, un projet subventionné par la Fondation V-A-C.

 

15 h 30 : Pause café

 

15 h 45 - 17 h 30 : Séance 4 – Visibilité, images et médias sociaux

Responsable : Vincent Lavoie

 

L’Internet est-il le creuset d’une nouvelle forme d’expression militante? Du « slacktivisme » - ce militantisme de salon opérant à coup de « likes » - à l’engagement coopératif et déhiérarchisé de l’activisme Web, les avis sont partagés sur la question de l’efficience politique des indignations en ligne. Participation citoyenne, formation de contre-publics, quête de visibilité ou d’invisibilité, archivage des actions collectives, gestes artistiques de résistance ou sousveillance, tels sont les thèmes que les intervenant.e.s de cette table-ronde aborderont à partir d’images ou d’enjeux de représentativité particuliers.

 

Mélanie Millette, professeure au Département de communication sociale et publique, UQAM, et membre du LabCMO

[Notice biographique]

Les recherches de Mélanie Millette portent sur les usages politiques et culturels des médias sociaux, plus particulièrement sur les enjeux de visibilité et de participation citoyenne pour les personnes en posture minoritaire ou marginalisée. Elle développe actuellement trois principaux filons de recherche. D’abord, elle étudie la visibilité et l’invisibilité médiatique des personnes LGBTQ+, afin de saisir le rapport à la puissance d’agir qui peut en résulter. Elle s’intéresse également à la participation politique en ligne, spécialement chez les jeunes et chez les femmes, et au rôle des usages médiatiques ordinaires dans l’engagement civique des personnes. Troisièmement, elle réfléchit aux enjeux éthiques de la méthodologie, des méthodes et des données numériques à l’aune d’approches féministes et intersectionnelles.

Philippe de Grosbois, professeur de sociologie, Collège Ahuntsic

[Notice biographique]

Philippe de Grosbois s’intéresse aux médias, aux technologies informatiques et numériques, aux idéologies et aux mouvements sociaux. En 2014, il a collaboré à l’ouvrage Un printemps rouge et noir en écrivant avec Geneviève Côté l’article « À qui le web? Médias sociaux et mobilisations du printemps 2012 ». Il a récemment publié un livre intitulé Les batailles d’Internet. Assauts et résistances à l’ère du capitalisme numérique (Écosociété, 2018). Il se préoccupe particulièrement des enjeux de démocratie et de justice autour de l’informatique et du numérique.

Joanne Lalonde, professeure au Département d’histoire de l’art, UQAM, et directrice adjointe du Laboratoire NT2

[Notice biographique]

Les recherches de Joanne Lalonde portent sur l’art numérique. Elle s’intéresse également aux méthodologies de la recherche sur les pratiques artistiques émergentes. Elle a publié deux essais sur la culture hypermédiatique, Le performatif du Web (La Chambre Blanche, 2010), L’Abécédaire du Web (Presses de l’Université du Québec, 2012) et conçu l’exposition en ligne du même nom. Elle a été co-commissaire de l’exposition Uchronia What if? pour le #HyperPavilion, dédié à l’art post-internet, à la Biennale de Venise 2017.

Julie Ravary-Pilon, chercheuse postdoctorale à l’Institut de recherches et d’études féministes (IREF), UQAM

[Notice biographique]

Julie Ravary-Pilon est membre du comité éditorial de la revue universitaire Nouvelles vues et vice-présidente de la Film Studies Association of Canada. Son livre Femmes, nation et nature dans le cinéma québécois est paru en 2018 aux Presses de l’Université de Montréal. Son projet de postdoctorat soutenu par le CRSH porte sur les liens entre discours féministes et plateformes socionumériques ainsi que sur l’histoire des théories de la quatrième vague féministe.

 

17 h 30 : Fin de la journée

 

 

PARTENAIRES - JOURNÉE D'ÉTUDE

 

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logoCELAT-noir                 Logo-CRILCQ_-_Noir             

    Logo-ArchiverLePresent

 

 

 

2018_Soulevements_PenafielEstefanía Peñafiel Loaiza, Et ils vont dans l’espace qu’embrasse ton regard, 2016, still from the HD video diptych, color, sound, 38 min 57 s and 37 min 10 s. © Estefania Peñafiel Loaiza / Production: Jeu de Paume, Paris

 

 

Soulèvements : entre mémoires et désirs

Conference organized by Galerie de l'UQAM in the context of the exhibition Uprisings

 

Friday, September 7, 2018
9 a.m. - 6 p.m.

Salle Marie-Gérin-Lajoie, Judith-Jasmin Pavilion, UQAM
405 Sainte-Catherine East, Room J-M400

Limited seats
Regular price: $25  |  Student price: $15
In French, with simultaneous interpreting in Langue des signes québécoise (LSQ)

Inaugural lecture by Georges Didi-Huberman 
Guests: Nicole Brossard, Katrie Chagnon, Philippe Despoix, Dalie Giroux,  Jean-François Hamel, Ginette Michaud, Tamara Vukov

Direction: Louise Déry, Director, Galerie de l’UQAM, in collaboration with Katrie Chagnon, Research and Collection Curator, Leonard & Bina Ellen Gallery, Concordia University

 

As the event is taking place in French, the details below are not available in English.

 

INTRODUCTION


Organisée dans le cadre de la présentation montréalaise de Soulèvements, cette journée de colloque propose de repartir de la question formulée par Georges Didi-Huberman dans l’introduction du catalogue de l’exposition, et reprise dans son essai à titre d’hypothèse de travail, à savoir : « comment les images puisent-elles si souvent dans nos mémoires pour donner forme à nos désirs d’émancipation ? Et comment une dimension “poétique” parvient-elle à se constituer au creux même des gestes de soulèvement et comme geste de soulèvement ? » À cette interrogation, Didi-Huberman ajoute : « [o]n ne se soulève pas sans une certaine force. Quelle est-elle ? D’où vient-elle ? N’est-il pas évident – afin qu’elle s’expose et se transmette à autrui – qu’il faut savoir lui donner forme ? Une anthropologie politique des images ne devrait-elle pas, elle aussi, repartir de ce simple fait qu’il faut à nos désirs l’énergie de nos mémoires, à condition d’y faire travailler une forme, celle qui n’oublie pas d’où elle vient et qui, de ce fait, se rend capable de réinventer les possibles ? » Telle est donc l’hypothèse à partir de laquelle l’historien de l’art et philosophe nous invite à penser la représentation des peuples du point de vue d’une anthropologie politique des émotions collectives : « ce serait la force de nos mémoires quand elles brûlent avec celles de nos désirs quand ils s’embrasent – les images ayant à charge, quant à elles, de faire flamboyer nos désirs à partir de nos mémoires, nos mémoires au creux de nos désirs. »

Pensée selon une opposition entre pouvoir et puissance (ou impouvoir) politique, cette articulation dialectique entre mémoires et désirs nous apparait particulièrement féconde pour aborder les enjeux de l’exposition dans le contexte spécifiquement québécois et canadien, soit pour interroger les formes et les modalités ce que l’on pourrait nommer – non sans prendre en compte le caractère problématique d’une telle formulation – « notre » histoire (politique, esthétique, intellectuelle, sociale, culturelle) de soulèvements. Ce colloque regroupera ainsi des penseurs et penseuses de différentes générations et issu·e·s de diverses disciplines autour de questions faisant à la fois écho au projet historico-théorique de Didi-Huberman, et aux mémoires et désirs dont sont porteuses nos luttes passées, présentes et futures. Une telle rencontre sera notamment l’occasion de réfléchir à la conflictualité inhérente aux mouvements d’émancipation propres au Québec et au Canada, tout comme à l’idée de collectivité ou de « peuples » qui l’accompagne, car parler de « nos mémoires » et de « nos désirs », dans le contexte actuel, n’a bien sûr rien d’évident.

 

PROGRAMME


9 h – 9 h 30 : Accueil et inscriptions

 

9 h 30 : Mots de bienvenue

Louise Déry, directrice, Galerie de l’UQAM
Guillaume Lafleur
, directeur de la diffusion et de la programmation, Cinémathèque québécoise

 

9 h 45 : Conférence d’ouverture

RACINE OU TOURBILLON ? À la recherche du « grand temps »
Georges Didi-Huberman

Philosophe, historien de l’art et commissaire de l’exposition Soulèvements 

[Résumé et notice biographique]

Le désir de soulèvement est un désir de « grand temps », comme lorsqu’on dit : « Il est grand temps ! » Temps pour en finir et pour recommencer. Comme en tout désir se forme donc une image, ou plutôt des images : car il y en a de concurrentes. Deux images ici se feront donc face, toutes deux élaborées dans l’Allemagne weimarienne : la racine selon Heidegger et le tourbillon selon Benjamin. Deux images pour évoquer le « grand temps », mais qui le faisaient très différemment et pour des enjeux, politiques autant que philosophiques, très opposés.

Philosophe et historien de l’art né en 1953, Georges Didi-Huberman est directeur d’études à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales. En 2015, le prix Theodor W. Adorno, qui récompense les contributions exceptionnelles dans les domaines de la philosophie, de la musique, du théâtre et du cinéma, lui est décerné. Georges Didi-Huberman est depuis 1982 l’auteur d’une cinquantaine d’ouvrages et d’essais mêlant philosophie et histoire de l’art, comme L’Œil de l’histoire, composé de 6 tomes publiés entre 2009 et 2016. Depuis les expositions Atlas. Comment porter le monde sur son dos?, présentée successivement à Madrid, à Karlsruhe et à Hambourg en 2011, et L’empreinte, organisée au Centre Georges-Pompidou en 1997, Georges Didi-Huberman a été co-commissaire, avec Arno Gisinger, de l’exposition Nouvelles histoires de fantômes au Palais de Tokyo à Paris en 2014.

Période de questions

 

11 h 15 : Pause

 

11 h 30 : Séance 1 – GESTES

Modérateur : Sylvano Santini

[Notice biographique]

Sylvano Santini est professeur régulier au Département d’études littéraires de l’Université du Québec à Montréal. Il y enseigne la sémiologie tardive, les théories du rapport entre le texte et l’image et les avant-gardes. Il prépare un essai  sur la « cinéfiction », concept qu’il a créé pour définir le rapport performatif de la littérature au cinéma. Chercheur régulier au centre de recherche sur le texte et l’imaginaire (Figura) à l’UQAM, il y organise et anime plusieurs activités.

« Parlez, désirs ! » Le geste poétique de Georges Didi-Huberman
Ginette Michaud

Professeure titulaire au Département des littératures de langue française, Université de Montréal

[Résumé et notice biographique]

« Intensifier la pensée pour aiguiser notre regard sur le monde » : ces mots traduisent au plus près le désir de levée qui traverse tous les écrits de Georges Didi-Huberman et qui l’amène à « se soulever vers quelque chose de plus radical et de plus vrai ». Je m’attacherai ici à ce geste de regard posé avec la même acuité, la même attention sur les êtres et les œuvres, les choses, vivantes et inanimées, les survivances de l’histoire et les évènements du « monde ». Quels traits distinguent ce geste poétique (politique, éthique) ? Comment nous apprend-il à voir autrement l’art, et non seulement lui mais aussi ce qu’on appelle tranquillement la « vie » ? Simultanément réfléchis et inséparables, « voir, écrire, penser » donnent aussi lieu à une poétique autre de l’ekphrasis qui ne se satisfait plus de la description. Nous suivrons ce « souci poétique par excellence » dans Passer, quoi qu’il en coûte (2017) et Aperçues (2018) où cette relation d’appel entre image et concept, entre le style et les « êtres de désir » est la voie d’accès privilégiée pour « lire ce qui n’a jamais été écrit » (Benjamin), en n’oubliant pas l’injonction venue d’une phrase dans un rêve : « Rendre visible c’est porter secours».

Ginette Michaud est professeure au Département des littératures de langue française de l’Université de Montréal. Membre du comité international responsable de l’édition des séminaires de Jacques Derrida depuis 2005, elle a coédité les deux volumes du Séminaire La bête et le souverain (Galilée, 2008 et 2010), de même que ses écrits sur les arts, Penser à ne pas voir, et l’architecture, Les arts de l’espace (Éditions de la Différence, 2013 et 2015). Auteure de Cosa volante. Le désir des arts dans la pensée de Jean-Luc Nancy (Hermann, 2013), elle a coordonné le numéro « Ekphrasis » de la revue Études françaises (2015) dans lequel ont paru plusieurs « Aperçues » du livre éponyme de Georges Didi-Huberman, à qui elle a consacré plusieurs textes. Trois livres paraîtront cet automne : La vérité à l’épreuve du témoignage (PUM), Sarah Kofman et Jacques Derrida. Croisements, écarts, différences (avec Isabelle Ullern, Hermann) et Néons et sakuras (avec Alice Michaud-Lapointe, Héliotrope). Ginette Michaud est membre du CRILCQ, de la Société royale du Canada et lauréate en 2017 du prix ACFAS Adrien-Pouliot.

Mémoire des gestes, dynamique des images – autour de la chute du Mur
Philippe Despoix

Professeur associé en littérature comparée, Université de Montréal

[Résumé et notice biographique]

Je partirai de ces gestes et mots anonymes devant la caméra sur lesquels s’arrête Marcel Ophüls, dans son documentaire Novemberdays, au moment où les masses de Berlin Est traversent pour la première fois le Mur le 9 novembre 1989, pour réfléchir sur l’humour critique avec lequel le réalisateur les relie à une mémoire proprement médiale de l’histoire allemande. Videograms of a Revolution sera ensuite l’occasion d'explorer avec Harun Farocki et Andrej Ujica le brouillage des images et le mouvement même des caméras lors du soulèvement contre le dictateur roumain Ceaucescu fin décembre 1989. Au delà des enjeux suscités par la multiplication des captations vidéo et le contrôle de leur diffusion, je pointerai combien dans l’élan contre la tyrannie affleurent traditions et paroles rituelles en proposant d’ouvrir le débat sur la performativité spécifique de ce type de gestes et images.

Philippe Despoix est professeur associé en littérature comparée à l’Université de Montréal où il a, ces dernières années, dirigé la revue Intermédialités puis le Centre de recherche intermédiales sur les arts, les lettres et les techniques (CRIalt). Il a été fellow au Research Center for Cultural Studies de Vienne en 2009 ainsi qu’au Center for Advanced Studies BildEvidenz de la Freie Universität Berlin en 2014. Spécialiste de la pensée allemande, ses recherches portent plus particulièrement sur les relations entre médias, processus mémoriels et écriture de l’histoire. Ses publications comprennent entre autres les volumes coédités : Siegfried Kracauer penseur de l'Histoire (MSH, 2006), Travailler – Harun Farocki (Intermédialités, 11/2008), Siegfried Kracauer – Sur le seuil du temps. Essais sur la photographie (PUM, 2014), Chanter, rire et résister à Ravensbrück (Le Genre Humain, 59/2018). Il travaille actuellement à une série d’ouvrages qui envisagent la bibliothèque Warburg et son réseau dans une perspective intermédiale.

Discussion

 

12 h 30 – 14 h 00 : Dîner

 

14 h 00 : Séance 2 – CONFLITS

Modérateur : Sylvano Santini

S’éprouver ingouvernable (avec Maurice Blanchot)
Jean-François Hamel

Professeur au Département d’études littéraires, Université du Québec à Montréal

[Résumé et notice biographique]

Il n’est pas rare qu’au cœur des soulèvements, comme en deçà ou au-delà de la colère qui les alimente, une singulière allégresse s’empare des insurgés : l’ordinaire des jours parait suspendu, les assignations sociales révoquées, la servitude volontaire surmontée, la peur de l’État dissipée. La joie qui accompagne la rupture du consentement à l’ordre établi, que Simone Weil a remarquablement décrite dans les grèves du Front populaire, ponctue aussi les semaines insurrectionnelles de mai et de juin 1968. Avec ses camarades du Comité d’action étudiants-écrivains, Maurice Blanchot s’est engagé corps et âme dans cette grève générale qui a immobilisé la France et fait vaciller le pouvoir. Ses écrits militants éclairent la dialectique de la joie et de la peur qui structure l’expérience sensible des insurgés lorsque l’exercice de leur « droit à l’insoumission » les amène à s’éprouver ingouvernables.

Jean-François Hamel est professeur au Département d’études littéraires de l’Université du Québec à Montréal. Ses recherches portent sur les poétiques de l’histoire et les politiques de la littérature. Il a publié trois essais dans la collection « Paradoxe » des Éditions de Minuit : Revenances de l’histoire. Répétition, narrativité, modernité (2006), Camarade Mallarmé. Une politique de la lecture (2014) et Nous sommes tous la pègre. Les années 68 de Blanchot (2018). Avec Éric Hoppenot, il a établi une nouvelle édition des écrits politiques de Blanchot, Mai 68, révolution par l’idée (Gallimard, coll. « Folio le Forum », 2018).

« C’est qui qui mène le monde? » Quelques figures de révolte aux marges de la British North America
Dalie Giroux

Professeure agrégée au Département d’études politiques, Université d’Ottawa

[Résumé et notice biographique]

En « restituant les images » de quelques « soulèvements » dans la vallée du Saint-Laurent (e.g.: le feu du Parlement en 1849, le rassemblement pour le FLQ en octobre 1970, la « Pluie de pierre » de Whiskey Trench en 1990, le Sommet des Amériques en 2001, le barrage innu sur la route 138 en 2012), il s’agira de commencer à esquisser, sous le mode du paradoxe et de l’ambivalence, une topographie (figures, affects, consistances) de l’espace nord-américain en tant que forme de vie coloniale/impériale.

Dalie Giroux enseigne la théorie politique à l’Université d’Ottawa depuis 2003. Ses recherches proposent une théorie politique et un plan d’expérimentation interdisciplinaire des formes d’articulation entre l’espace, le langage et le pouvoir dans notre monde contemporain. Elle a publié Le Québec brûle en enfer. Essais politiques (M Éditeur, 2017).

Soulèvements fugitifs : Perceptibilités sociales et trajectoires infrapolitiques sur les territoires de Montréal / Tio'tia:ke depuis la fin des années 1980
Tamara Vukov

Professeure au Département de communication, Université de Montréal

[Résumé et notice biographique]

Georges Didi-Huberman nous propose une anthropologie des émotions collectives à travers le va-et-vient entre mémoires et désirs, les énergies et les forces déclenchées dans « nos histoires de soulèvements », propres au Québec et au Canada. Ici, le « nous » et le « propre » deviennent des questions clefs : comment les constitue-t-on dans nos réflexes politiques, ainsi que dans nos désirs ? Quelles lacunes et quels effacements s’opèrent dans ce « nous » et ce qu’on considère « propre », avec toutes les nuances et la gamme d’émotions collectives qui y résonnent ? Qu’est-ce qui fait qu’un évènement politique bascule dans l’ordre de la visibilité sociale, et comment passe-t-on des imperceptibilités de l’ordre infrapolitique (selon James C. Scott) aux soulèvements ouverts, et vice versa ? À partir de ces questions, je propose d’esquisser certaines (non-)images liées à des moments de soulèvements traversés dans mon propre parcours politique ici à Montréal / Tio'tia:ke depuis la fin des années 1980. Ainsi, j’entends me pencher sur des moments politiques qui ne sont pas toujours les plus visiblement associés aux soulèvements au Québec, et réfléchir aux traces esthétiques et affectives que ces évènements moins marqués ont laissées.

Tamara Vukov est chercheuse, réalisatrice, et écrivaine basée à Montréal. Elle est professeure au Département de communication de l’Université de Montréal, où elle enseigne des cours en communication politique et en recherche-création. Tamara Vukov s’intéresse principalement aux politiques des évènements médiatiques en rapport avec l’élaboration des politiques d’immigration par les gouvernements, particulièrement en ce qui concerne leur impact sur la gouvernance du statut des migrants. Elle s’intéresse aussi aux diverses formes de pratiques de contre-politique, construites autour de l’utilisation des médias numériques indépendants, de l’Internet et des médias artistiques engagés qui sont mobilisés par des réseaux militants et des mouvements sociaux reliés à la justice pour les migrants et à la justice mondiale.

Discussion

 

15 h 30 : Pause

 

16 h 00 : Conférence d’honneur

INCENDIE OU PRONOMS : respirer
Nicole Brossard

Poète, romancière et essayiste

[Résumé et notice biographique]

Soulèvements : le mot titille-t-il parce qu’en en parlant nous nous tenons à portée de révolte et de rébellion, parce qu’il sous-entend un devoir éthique de résistance ou parce qu’il nous relance sur la piste de notre humanité souffrante (la passionnée) à partir de laquelle l’art élabore ses arguments d’ardeur et de beauté, de colère, d’horizon et de beauté encore. Est-ce le point d’appui ou le degré de frustration qui détermine la puissance du soulèvement et son potentiel virtuel d’ancrage idéologique à long terme dans la réalité. Une fois installé dans la durée, on pourra sans doute qualifier le soulèvement de révolution entendant par là qu’une phase d’organisation s’est immiscée dans la respiration du mouvement qui à l’origine n’était qu’instinct de soudain rêver respirer.

Poète, romancière, essayiste, née à Montréal en 1943, Nicole Brossard est lauréate de plusieurs prix littéraires dont le Prix Athanase-David, le Prix Molson du Conseil des arts du Canada et le Prix international de littérature francophone Benjamin Fondane pour l’ensemble de son œuvre. Co-auteure de l’Anthologie de la poésie des femmes au Québec et du film Some American Feminists, elle a publié plus de trente livres (Le Désert mauve, 1987, La lettre aérienne, 1985, Ardeur, 2008) pour la plupart traduits en plusieurs langues. Elle est membre de l’Académie des lettres du Québec.

Période de questions

 

17 h 00 : Discussion et retour sur la journée de réflexion

Georges Didi-Huberman et Katrie Chagnon, historienne de l’art et conservatrice de recherche à la Galerie Leonard & Bina Ellen de l’Université Concordia

[Notice biographique]

Katrie Chagnon détient un doctorat en histoire de l’Université de Montréal et occupe, depuis 2015, le poste de conservatrice de recherche Max Stern à la Galerie Leonard & Bina Ellen de l’Université Concordia. Ses recherches portent principalement sur les théories et discours sur l’art, les approches psychanalytiques et féministes, et la phénoménologie. Sa thèse, intitulée De la théorie de l’art comme système fantasmatique : les cas de Michael Fried et de Georges Didi-Huberman, proposait une analyse approfondie de l’œuvre de ces deux historiens de l’art. Katrie Chagnon est également active dans le milieu de l’art contemporain depuis une quinzaine d’années en tant qu’auteure, critique d’art et commissaire d’exposition. Parmi ses publications récentes figurent une importante monographie sur l’artiste Alexandre David, ainsi que plusieurs articles, essais et catalogues d’exposition. Elle vit et travaille à Montréal.

 

 

18 h 00 : Fin de la journée

 

 

 

Production

L’exposition Soulèvements est organisée par le Jeu de Paume, Paris, et réalisée par la Galerie de l’UQAM en collaboration avec la Cinémathèque québécoise pour la présentation à Montréal, et avec la participation du Museu Nacional d’Art de Catalunya, Barcelone, MUNTREF - Museo de la Universidad Nacional de Tres de Febrero, Buenos Aires, SESC São Paulo, MUAC - Museo Universitario Arte Contemporáneo - UNAM, Mexico.

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Partenaires

Soulèvements est l’un des 200 projets exceptionnels soutenus par l’initiative Nouveau chapitre du Conseil des arts du Canada. Avec cette initiative de 35 M$, le Conseil des arts appuie la création et le partage des arts au cœur de nos vies et dans l’ensemble du Canada.

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Canada Council for the Arts Canada Council for the Arts

GALERIE DE L’UQAM

Université du Québec à Montréal
1400, Rue Berri, Pavillon Judith-Jasmin, Local J-R 120
Montréal, Québec
Tuesday to Saturday from noon to 6 p.m.
Free admission